Trajectoires pour respecter 1,5°C et 2°C :
Scénarios d’émissions mondiales
Trajectoires compatibles avec 1,5 et 2 °C
Émissions mondiales de gaz à effet de serre dans quatre familles de trajectoires modélisées, de 2015 à 2050.
À lire correctement : la courbe rouge suit les politiques mises en œuvre jusqu’à fin 2020, puis prolongées avec un niveau d’ambition comparable après 2030 ; ce n’est pas une prévision actualisée pour 2026.
Émissions mondiales de GES · GtCO₂-éq/an
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Trajectoires modélisées — toucher ou cliquer pour afficher/masquer
Émissions passées : ligne noire pour la série 2010–2015 utilisée dans les scénarios ; points et barres pour les estimations 2015 et 2019.
Traits colorés : médianes. Bandes colorées : intervalle du 5e au 95e percentile des scénarios. Valeurs affichées à 0,1 GtCO₂-éq/an ; données conservées à 0,01.
Voir les chiffres clés vérifiés
| Série | 2030 | 2035 | 2050 |
|---|---|---|---|
| Politiques mises en œuvre jusqu’à fin 2020 | 55,653,8–59,7 | 57,854,4–61,1 | 60,547,4–66,8 |
| 2 °C / retour à 1,5 °C après dépassement élevé, NDC jusqu’en 2030 | 52,944,8–58,1 | 40,025,8–45,9 | 17,18,0–25,0 |
| Limiter à 2 °C | 40,628,3–48,9 | 34,923,1–42,4 | 20,612,6–27,1 |
| Limiter à 1,5 °C | 31,121,9–38,4 | 22,813,2–29,3 | 9,53,0–15,3 |
| Émissions observées en 2019 | 59,1plage d’incertitude 52,5–65,7 | ||
Que faudrait-il concrètement pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris ? Ce graphique compare quatre familles de trajectoires d’émissions modélisées par le GIEC, de 2010 à 2050. D’un côté, la prolongation des politiques existantes. De l’autre, les efforts nécessaires pour limiter le réchauffement à 2 °C, puis à 1,5 °C. L’écart entre ces courbes mesure exactement ce qui reste à accomplir.
Le point de départ : 59 GtCO₂-éq
En 2019, les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignaient environ 59,1 milliards de tonnes d’équivalent CO₂, avec une fourchette d’incertitude de 52,5 à 65,7. C’est la référence à partir de laquelle se mesurent tous les efforts.
Les quatre trajectoires
Politiques mises en œuvre jusqu’à fin 2020 (courbe rouge). Les émissions continuent de croître : 55,6 GtCO₂-éq en 2030, puis 60,5 en 2050. Aucune inflexion. Cette trajectoire mène à un réchauffement très supérieur à 2 °C.
2 °C avec retour à 1,5 °C après un dépassement élevé, sur la base des engagements nationaux jusqu’en 2030. Les émissions restent élevées jusqu’en 2030 (52,9), puis chutent brutalement : 40,0 en 2035 et 17,1 en 2050. C’est le prix d’un départ tardif : l’effort devient beaucoup plus violent ensuite, et le climat dépasse temporairement 1,5 °C avant de redescendre, ce qui suppose d’extraire massivement du CO₂ de l’atmosphère.
Limiter le réchauffement à 2 °C, avec une action immédiate. Les émissions tombent à 40,6 GtCO₂-éq en 2030, soit environ 31 % de moins qu’en 2019, puis à 20,6 en 2050.
Limiter le réchauffement à 1,5 °C, sans dépassement ou avec un dépassement limité. C’est l’exigence la plus forte : 31,1 GtCO₂-éq en 2030, soit près de la moitié des émissions de 2019, puis 9,5 en 2050, c’est-à-dire une baisse d’environ 84 %.
Le GIEC résume ces exigences par deux chiffres de référence : par rapport à 2019, les émissions mondiales devraient baisser d’environ 43 % d’ici 2030 pour rester sous 1,5 °C, et d’environ 27 % pour rester sous 2 °C.
Ce que révèle l’écart entre les courbes
En 2030, l’écart entre la trajectoire des politiques actuelles (55,6) et la trajectoire 1,5 °C (31,1) atteint environ 25 GtCO₂-éq par an. C’est ce que les Nations unies appellent l’« écart des émissions » : la distance entre ce que nous faisons et ce qu’il faudrait faire.
Cet écart illustre aussi un principe essentiel : chaque année de retard rend la suite plus difficile. C’est visible sur la trajectoire avec dépassement élevé, dont la pente après 2030 est nettement plus raide que celle d’une action immédiate. Retarder l’effort ne le supprime pas, cela le concentre sur une période plus courte, à un coût plus élevé, et cela rend indispensable une extraction massive de CO₂ dont la faisabilité à grande échelle reste incertaine.
Le budget carbone, l’autre façon de voir les choses
Ces trajectoires découlent d’une contrainte physique simple : le réchauffement dépend du cumul du CO₂ émis. Il existe donc une quantité totale à ne pas dépasser, appelée budget carbone. Or ce budget fond rapidement. Selon le Global Carbon Budget 2025, le budget restant pour 1,5 °C est presque épuisé : il ne reste qu’environ 170 milliards de tonnes de CO₂, soit environ quatre années d’émissions au rythme actuel.
C’est ce qui explique l’urgence lisible sur le graphique : à ce rythme, la courbe 1,5 °C sans dépassement devient physiquement inatteignable d’ici peu.
Comment lire le graphique
Les traits colorés correspondent aux médianes des scénarios, et les bandes colorées à l’intervalle allant du 5ᵉ au 95ᵉ percentile, c’est-à-dire à la dispersion entre les modèles. Cliquez ou touchez la légende pour afficher ou masquer une trajectoire. La ligne noire et les points représentent les émissions passées observées. Le bouton « Voir les chiffres clés vérifiés » affiche le tableau détaillé pour 2030, 2035 et 2050.
Précautions de lecture
La courbe rouge n’est pas une prévision actualisée. Elle prolonge les politiques mises en œuvre jusqu’à fin 2020, avec un niveau d’ambition comparable après 2030. Les engagements pris depuis, notamment les nouvelles contributions nationales, ne sont pas intégrés. La trajectoire réelle est aujourd’hui un peu moins défavorable, mais reste très éloignée des courbes compatibles avec l’Accord de Paris.
Ce sont des trajectoires modélisées, pas des plans d’action. Elles indiquent le rythme de baisse nécessaire, pas la façon d’y parvenir. Pour les solutions concrètes, voyez notre page sur les [potentiels de réduction].
Les fourchettes sont larges. Elles reflètent la diversité des hypothèses des modèles sur la technologie, la croissance et le recours à l’élimination du CO₂.
Atteindre 1,5 °C suppose le zéro net. Stabiliser la température ne demande pas seulement de réduire les émissions, mais de les ramener à zéro net, c’est-à-dire de compenser les émissions résiduelles par des absorptions.
En résumé
Pour rester sous 1,5 °C, les émissions mondiales devraient être quasiment divisées par deux d’ici 2030 et par six d’ici 2050. Elles augmentent encore aujourd’hui. L’écart n’est pas une fatalité, mais il se referme d’autant plus difficilement que l’on attend.
Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.
