Suivi des Émissions de GES : Bilan Climat et Données Carbon Monitor

Émissions GES – 2025 provisoire

Émissions de gaz à effet de serre Climat

Historique consolidé jusqu’en 2024, avec extension 2025 lorsque les estimations Carbon Monitor sont compatibles avec l’indicateur affiché.

1850–2024 consolidé 2025 provisoire
2025 : le segment en pointillés correspond à une estimation Carbon Monitor et reste révisable. Il est affiché pour le CO₂ territorial total, tous combustibles fossiles. Les ventilations 2025 par combustible et les autres gaz ne sont pas mélangés artificiellement avec les séries consolidées.
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18502025
Historique consolidé Chargement du jeu de données historique… Our World in Data / GCB ↗
2025 provisoire — Carbon Monitor Carbon Monitor fournit des estimations de CO₂ fossile à haute fréquence. Le module agrège les observations quotidiennes de 2025 lorsque la couverture annuelle est suffisante. Carbon Monitor ↗
Les courbes jusqu’en 2024 et le point 2025 ne sont pas présentés comme ayant le même statut : trait plein = série consolidée ; segment pointillé = estimation 2025 révisable. Une connexion Internet est nécessaire pour charger et actualiser les données.

Qui émet le plus de gaz à effet de serre, et comment ces émissions évoluent-elles ? Ce module permet d’explorer les émissions de CO₂, de méthane et de protoxyde d’azote pays par pays, de 1850 à aujourd’hui. Il combine l’historique consolidé d’Our World in Data et du Global Carbon Budget avec une estimation provisoire pour 2025 issue de Carbon Monitor.

Où en est-on en 2025 ?

Les émissions de CO₂ fossile ont encore atteint un record. Selon le Global Carbon Budget 2025, elles ont progressé d’environ 1,1 % pour atteindre 38,1 milliards de tonnes de CO₂. Tous les combustibles y contribuent : le gaz naturel a augmenté de 1,3 %, le pétrole de 1,0 % et le charbon de 0,8 %.

Le tableau régional est contrasté. La Chine, premier émetteur mondial avec 32 % du total, voit ses émissions croître de seulement 0,4 %, un rythme bien inférieur à celui de la dernière décennie. L’Inde progresse de 1,4 %, également sous sa tendance récente. À l’inverse, les États-Unis (13 % du total) augmentent de 1,9 % et l’Union européenne (6 %) de 0,4 %, ce qui interrompt une baisse de long terme.

Un point positif : les émissions liées aux changements d’usage des terres, principalement la déforestation, sont en repli à 4,1 milliards de tonnes, contre une moyenne de 5 milliards sur la dernière décennie. Résultat, les émissions totales de CO₂ sont restées à peu près stables entre 2024 et 2025.

Autre signal encourageant : sur les dix dernières années, 35 pays ont réduit significativement leurs émissions fossiles tout en faisant croître leur économie, contre 18 pays sur la décennie précédente.

Comprendre les filtres du module

Type de gaz. Le CO₂ est le principal responsable du réchauffement, mais le méthane, issu de l’élevage, des décharges et des fuites fossiles, et le protoxyde d’azote, lié aux engrais azotés, comptent aussi. L’option « GES (Total) » les additionne en équivalent CO₂.

Comptabilité territoriale ou basée sur la consommation. C’est le filtre le plus instructif. La comptabilité territoriale compte les émissions produites sur le sol national. La comptabilité basée sur la consommation y ajoute les émissions incorporées dans les biens importés et en retire celles des biens exportés. Pour les pays européens, qui ont largement délocalisé leur industrie, l’écart est considérable. La France émet environ 4,5 tonnes de CO₂ par habitant sur son territoire, mais son empreinte carbone réelle est environ deux fois plus élevée. Une part de la baisse affichée des émissions européennes correspond ainsi à un déplacement de la production, et non à une réduction effective.

Total ou par habitant. Ces deux vues racontent deux histoires différentes. En volume, la Chine domine largement. Par habitant, elle se situe désormais au niveau de l’Union européenne, mais loin derrière les États-Unis ou les pays du Golfe.

Par combustible. Le filtre charbon, pétrole ou gaz permet de suivre la structure énergétique d’un pays et d’identifier ce qui pèse le plus dans ses émissions.

La question de la responsabilité historique

Le curseur remonte à 1850, et ce n’est pas un détail. Le CO₂ reste dans l’atmosphère pendant des siècles : c’est le cumul des émissions passées qui détermine le réchauffement actuel. Or le classement change complètement en cumulé. Les États-Unis et l’Europe, industrialisés les premiers, portent une responsabilité historique très supérieure à leur part actuelle des émissions annuelles. C’est l’argument central des pays du Sud dans les négociations climatiques sur le financement et les pertes et dommages.

Comment lire le graphique

Ajoutez un ou plusieurs pays pour comparer leurs trajectoires, puis ajustez la période avec le curseur temporel. Les exports CSV et PNG permettent de récupérer les données ou l’image.

Attention à la distinction de statut : le trait plein correspond à la série consolidée jusqu’en 2024, tandis que le segment en pointillés correspond à l’estimation Carbon Monitor pour 2025, qui reste révisable. Cette estimation n’est affichée que pour le CO₂ territorial total, tous combustibles confondus. Les ventilations 2025 par combustible et les autres gaz ne sont pas mélangées artificiellement avec les séries consolidées.

Précautions de lecture

Les données récentes sont révisables. Les estimations de l’année en cours reposent sur des indicateurs à haute fréquence (consommation d’électricité, trafic, production industrielle) et sont ajustées lors de la publication des données définitives.

Émissions nationales n’est pas responsabilité individuelle. Un pays producteur d’acier ou de ciment émet pour le compte de ses clients étrangers. C’est précisément l’intérêt de la vue « basée sur la consommation ».

Les périmètres varient. Selon les jeux de données, les émissions liées à l’usage des terres, à l’aviation et au transport maritime internationaux peuvent être incluses ou non. Les comparaisons entre sources doivent donc être maniées avec prudence.

Une baisse d’émissions ne signifie pas une baisse de concentration. Tant que les émissions restent positives, le CO₂ continue de s’accumuler dans l’atmosphère. Stabiliser le climat suppose d’atteindre le zéro net, pas seulement de ralentir la hausse.

En résumé

Les émissions mondiales de CO₂ fossile ont encore battu un record en 2025, mais leur croissance ralentit nettement et 35 pays parviennent désormais à les réduire tout en développant leur économie. La dynamique s’infléchit. Elle reste très loin de la baisse rapide qu’exige l’Accord de Paris.

Pour aller plus loin :

Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.