Climat en Auvergne-Rhône-Alpes
Le climat en Auvergne-Rhône-Alpes
Auvergne-Rhône-Alpes est probablement l’une des régions françaises où la diversité climatique est la plus spectaculaire. Elle réunit le Massif central à l’ouest, la vallée du Rhône au centre et les Alpes à l’est, auxquels s’ajoutent les plaines de l’Ain, du Bourbonnais et de la Limagne. La DREAL distingue ainsi des climats de montagne sur le Massif central et les Alpes, une influence semi-continentale dans le nord du Rhône et de l’Ain et une influence méditerranéenne remontant la vallée du Rhône jusque dans l’Ardèche et la Drôme ; environ 67 % du territoire régional est classé en zone de montagne.
Dans l’ouest, l’Auvergne est largement dominée par les reliefs volcaniques et les hauts plateaux. Les monts du Cantal, les monts Dore, la chaîne des Puys, le Cézallier, l’Aubrac et les plateaux de Haute-Loire sont directement ou indirectement exposés aux perturbations océaniques. Les versants occidentaux peuvent recevoir de fortes quantités de pluie et de neige, tandis que certains bassins intérieurs sont beaucoup plus secs. Cette opposition est particulièrement nette entre les montagnes du Puy-de-Dôme et la Limagne de Clermont-Ferrand, protégée par les reliefs : Clermont-Ferrand-Aulnat ne reçoit que 563 mm de précipitations par an, une valeur très faible pour une région aussi montagneuse.
Cette sécheresse relative est liée à l’effet de foehn : les masses d’air venant de l’ouest perdent une partie de leur humidité en franchissant les reliefs, puis se réchauffent et s’assèchent en redescendant dans les plaines auvergnates. À l’inverse, les hauts plateaux restent froids : à plus de 800 m, Le Puy-Loudes connaît plus de 104 jours de gel par an. Cette différence illustre la puissance de l’altitude, capable de juxtaposer des bassins relativement secs et lumineux à des territoires froids, neigeux et venteux.
Plus à l’est, la région lyonnaise et les plaines du Rhône, de la Saône et de l’Ain possèdent un climat davantage semi-continental. Les hivers connaissent régulièrement gelées, brouillards et inversions thermiques, tandis que les étés sont chauds et orageux. Lyon-Bron affiche 13,1 °C de moyenne annuelle et plus de trente journées à 30 °C ou davantage, tout en conservant plus de quarante jours de gel. Les vallées et bassins situés au pied des reliefs connaissent ainsi une amplitude thermique beaucoup plus forte que les régions océaniques de l’ouest de la France.
La vallée du Rhône introduit progressivement une influence méridionale. De Vienne à Valence puis Montélimar, les étés deviennent plus chauds, le soleil plus généreux et le régime des pluies prend une tonalité de plus en plus méditerranéenne. À Montélimar-Ancone, près de 43 journées par an atteignent 30 °C, tandis que septembre, octobre et novembre concentrent une part importante des précipitations annuelles. Cette partie méridionale de la région connaît aussi le mistral, canalisé par le couloir rhodanien, qui accentue aussi bien la sécheresse estivale que la sensation de froid en hiver.
À l’est, les Alpes introduisent les plus grands écarts d’altitude. Les Préalpes de Chartreuse, du Vercors, des Bauges et du Chablais interceptent fortement les perturbations venant de l’ouest et comptent parmi les secteurs les plus arrosés. Plus à l’intérieur, certaines grandes vallées de Savoie bénéficient au contraire d’un effet d’abri : la Maurienne notamment est sensiblement plus sèche que les premiers massifs alpins. Dans la haute montagne, l’altitude impose progressivement un climat froid et neigeux, puis glaciaire sur les plus hauts sommets du massif du Mont-Blanc.
Les saisons n’ont donc pas la même signification partout. En hiver, il peut pleuvoir dans la plaine lyonnaise, geler durablement sur les plateaux auvergnats et neiger abondamment dans les Alpes. Au printemps, les basses vallées se réchauffent rapidement alors que l’enneigement persiste en altitude. L’été oppose les chaleurs fréquentes de Lyon, de la Limagne et surtout de la Drôme aux températures bien plus modérées des hauts massifs. L’automne est souvent pluvieux dans la vallée du Rhône méridionale et peut être marqué par des épisodes méditerranéens jusque sur l’Ardèche et la Drôme. La DREAL estime que certaines zones montagneuses peuvent approcher 2 000 mm de précipitations annuelles, contre environ 700 mm dans plusieurs plaines.
La signature climatique d’Auvergne-Rhône-Alpes tient donc moins à un climat unique qu’à la coexistence de presque tous les grands climats de l’intérieur français : océanique de montagne sur l’ouest du Massif central, semi-continental dans les plaines du nord, méditerranéen dans la basse vallée du Rhône et alpin sur les hauts reliefs. Peu de régions européennes offrent, sur une distance aussi courte, un contraste comparable entre bassins secs, vallées très chaudes, plateaux froids, massifs très arrosés et haute montagne.
Le climat en Auvergne-Rhône-Alpes en chiffres
À Lyon-Bron, la normale 1991-2020 atteint 13,1 °C de moyenne annuelle, contre seulement quelques degrés de moyenne hivernale dans les secteurs de moyenne montagne, et Le Puy-Loudes à 833 m connaît 104,1 jours de gel par an.
Les précipitations montrent un contraste exceptionnel avec seulement 563,4 mm par an à Clermont-Ferrand-Aulnat, alors que les secteurs montagneux les plus exposés peuvent approcher 2 000 mm annuels.
L’ensoleillement atteint environ 1 958 heures par an à Clermont-Ferrand et 2 050 heures à Lyon-Bron, avant d’augmenter nettement en descendant vers la Drôme provençale.
La chaleur souligne tout autant les contrastes régionaux puisque Lyon-Bron connaît 30,7 jours à au moins 30 °C et Montélimar 42,9, alors que les plateaux et montagnes conservent un nombre de gelées très élevé.
Entre la Limagne abritée, les hauts plateaux du Massif central, la vallée du Rhône méditerranéenne et les Alpes dépassant 4 000 m, Auvergne-Rhône-Alpes possède l’une des amplitudes climatiques régionales les plus fortes de France métropolitaine.
