Évolution des anomalies de température depuis 1850, rebasées sur la période 1861-1890. Monde, hémisphère Nord et hémisphère Sud.

Évolution des températures — HadCRUT5

Évolution des températures Climat

Évolution des anomalies de température depuis 1850, rebasées sur la période 1861-1890. Monde, hémisphère Nord et hémisphère Sud.

Données HadCRUT5
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1850 2025
Source et méthode HadCRUT5 est produit par le Met Office Hadley Centre et la Climatic Research Unit de l’Université d’East Anglia. Les fichiers annuels officiels fournissent l’anomalie et les limites de confiance à 95 % pour le monde, l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud. La série source est référencée à 1961-1990 ; ce module la rebase automatiquement sur 1861-1890 pour reproduire la présentation demandée. La ligne grise en pointillés correspond à une régression linéaire calculée sur la période actuellement affichée.

HadCRUT5 – Met Office ↗
Données officielles HadCRUT5 chargées en direct. L’intervalle de confiance est celui fourni par HadCRUT5, simplement translaté avec la série lors du changement de période de référence. Les valeurs les plus récentes affichées dépendent de la dernière mise à jour disponible dans les fichiers du Met Office.

De combien la planète s’est-elle réchauffée depuis la révolution industrielle ? Le graphique ci-dessous répond à cette question à partir de l’une des séries de référence mondiales, HadCRUT5, qui retrace l’évolution des températures depuis 1850 pour le globe, l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud.

Qu’est-ce qu’une anomalie de température ?

Plutôt que de parler de température moyenne absolue, les climatologues utilisent des anomalies. Une anomalie est l’écart entre la température d’une année et la moyenne d’une période de référence. Cette méthode est bien plus fiable, car la température absolue du globe est mal connue : en 2025, elle était estimée à 15,08 °C, mais avec une incertitude d’environ 0,5 °C, bien plus grande que celle sur l’anomalie.

Sur ce graphique, la période de référence est 1861-1890. Cette période est parfois utilisée pour mesurer le réchauffement depuis l’ère « préindustrielle ». Une anomalie de +1,4 °C signifie donc que l’année a été 1,4 °C plus chaude que la moyenne de la fin du XIXᵉ siècle.

HadCRUT5, une série de référence

HadCRUT5 est produite conjointement par le Met Office Hadley Centre et la Climatic Research Unit de l’Université d’East Anglia. Elle combine les températures de surface de la mer, mesurées par les navires et les bouées, avec les températures de l’air relevées par les stations météo sur les continents. Elle est utilisée par le GIEC et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), aux côtés d’autres jeux de données comme ceux de la NASA, de la NOAA ou de Copernicus.

Les chiffres clés

2024, année record. Selon HadCRUT5, 2024 a été 1,53 °C plus chaude que la moyenne 1850-1900, référence couramment utilisée pour le préindustriel.

2025, troisième année la plus chaude. 2025 se classe au 3ᵉ rang, à +1,41 °C (fourchette d’incertitude : 1,32 à 1,49 °C). Selon les jeux de données, elle arrive 2ᵉ ou 3ᵉ, mais tous confirment que les trois dernières années sont les plus chaudes jamais mesurées.

Une décennie inédite. Sur les dix dernières années (2016-2025), la température moyenne dépasse de 1,28 °C celle de la fin du XIXᵉ siècle. La surface de la Terre se réchauffe actuellement d’environ 0,2 °C par décennie.

Pourquoi 2025 est-elle moins chaude que 2024 ?

Le recul de 2025 ne signale pas une pause du réchauffement. Le phénomène El Niño, une variation naturelle du Pacifique, a ajouté temporairement environ 0,1 °C à la température mondiale en 2023 et 2024. Cet effet s’étant estompé en 2025, l’année donne une image plus nette du réchauffement de fond, autour de 1,4 °C au-dessus du préindustriel.

Hémisphère Nord et hémisphère Sud

Le sélecteur permet de comparer les deux hémisphères. L’hémisphère Nord se réchauffe plus vite que l’hémisphère Sud, pour une raison simple : il compte beaucoup plus de terres émergées. Les continents se réchauffent plus rapidement que les océans, qui absorbent et stockent une grande partie de la chaleur excédentaire. L’hémisphère Sud, dominé par les océans, montre une courbe plus régulière et une hausse légèrement moins marquée.

Pour la France et l’Europe, la tendance est encore plus forte. Sur la période 2015-2025, les températures terrestres européennes ont progressé de 2,20 à 2,29 °C par rapport au préindustriel, selon le jeu de données.

Comment lire le graphique

La courbe principale montre l’anomalie annuelle. La zone colorée autour représente l’intervalle de confiance à 95 % fourni par HadCRUT5 : plus large au XIXᵉ siècle, faute de mesures, il se resserre nettement au fil du temps. La droite grise en pointillés est une tendance linéaire calculée sur la période affichée.

On distingue trois grandes phases : une relative stabilité jusqu’au début du XXᵉ siècle, un premier réchauffement puis un plateau jusqu’aux années 1970, et enfin une hausse rapide et continue depuis cinquante ans.

Précautions de lecture

Une année à +1,5 °C ne signifie pas que l’Accord de Paris est dépassé. L’objectif de Paris porte sur le réchauffement moyen de long terme, calculé sur une vingtaine d’années, et non sur une année isolée. Des pics temporaires au-delà de 1,5 °C, dus à El Niño ou à la variabilité naturelle, ne constituent pas en eux-mêmes un dépassement de l’objectif.

Les valeurs peuvent aussi différer légèrement d’un article à l’autre selon la période de référence (1850-1900 ou 1861-1890) et le jeu de données utilisé. Enfin, les données de la fin du XIXᵉ siècle sont moins nombreuses, ce qui explique l’essentiel de l’incertitude sur le réchauffement total.

En résumé

Depuis la fin du XIXᵉ siècle, la planète s’est réchauffée d’environ 1,3 à 1,4 °C, à un rythme proche de 0,2 °C par décennie. Les années 2023, 2024 et 2025 sont les trois plus chaudes jamais mesurées. Selon la communauté scientifique, la cause dominante de ce réchauffement est l’augmentation des gaz à effet de serre émis par les activités humaines.

Pour aller plus loin :

Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.