Options d’atténuation climatique :
Potentiels de réduction et coûts selon le GIEC AR6
Options d’atténuation climatique Solutions
Aperçu des options d’atténuation et de leurs potentiels de réduction en 2030 selon le GIEC AR6 WGIII. Les couleurs indiquent les catégories de coût net sur la durée de vie.
GIEC — Figure SPM.7 ↗ • GIEC — Chapitre 12 ↗
Le GIEC a évalué, secteur par secteur, les leviers qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, en précisant pour chacun le volume de réduction possible et son coût. Le graphique ci-dessous résume ce travail, issu du 6ᵉ rapport d’évaluation (AR6, Groupe de travail III, 2022).
Ce que montre le graphique
Chaque barre correspond à une option d’atténuation : développer le solaire, freiner la déforestation, améliorer l’isolation des bâtiments, électrifier les véhicules… Sa longueur indique le potentiel de réduction en 2030, exprimé en milliards de tonnes d’équivalent CO₂ par an (GtCO₂-eq/an). Les couleurs indiquent le coût net sur la durée de vie, en dollars par tonne évitée. Une couleur « < 0 » signifie que l’option fait gagner de l’argent : les économies réalisées (énergie, carburant, entretien) dépassent l’investissement initial.
Le message principal du GIEC
Le constat est clair : les solutions existent déjà et une grande partie est bon marché. Selon le GIEC, les options coûtant 100 USD par tonne ou moins pourraient réduire les émissions mondiales d’au moins la moitié du niveau de 2019 d’ici 2030. Pour mémoire, ces émissions atteignaient environ 59 GtCO₂-eq en 2019. Plus de la moitié de ce potentiel coûte moins de 20 USD la tonne, et une part non négligeable a même un coût négatif.
Cette situation s’explique notamment par la chute spectaculaire des coûts des technologies bas carbone. Entre 2010 et 2019, le coût unitaire du solaire photovoltaïque et des batteries lithium-ion a baissé d’environ 85 %, et celui de l’éolien d’environ 55 %.
Énergie : le solaire et l’éolien en tête
Le secteur de l’énergie concentre les plus gros potentiels. Le solaire et l’éolien arrivent largement en tête, avec chacun un potentiel de l’ordre de 4 GtCO₂-eq/an, en grande partie à coût faible ou négatif. Viennent ensuite la réduction des fuites de méthane dans l’exploitation du charbon, du pétrole et du gaz, puis le nucléaire, l’hydroélectricité, la bioénergie et le captage-stockage du carbone (CSC). Ces deux dernières options restent nettement plus coûteuses à la tonne évitée.
Agriculture, forêts et usage des sols
C’est le deuxième grand gisement. La priorité du GIEC est de stopper la conversion des écosystèmes naturels, c’est-à-dire la déforestation et la destruction des tourbières et des prairies. Viennent ensuite le stockage de carbone dans les sols agricoles, la restauration des écosystèmes, la gestion durable des forêts et l’évolution vers des régimes alimentaires plus sobres. Entre 2020 et 2050, le potentiel du secteur est estimé à 8 à 14 GtCO₂-eq/an pour un coût inférieur à 100 USD la tonne.
Bâtiments, transports, industrie
Les leviers sont plus dispersés dans ces secteurs, mais nombreux :
- Bâtiments : rénovation du parc existant, constructions neuves très performantes, équipements efficaces, production renouvelable sur site.
- Transports : véhicules électriques, efficacité des moteurs, report vers les transports en commun et le vélo, carburants alternatifs.
- Industrie : efficacité énergétique et matière, recyclage, changement de combustible, décarbonation des procédés.
Le GIEC souligne aussi le rôle de la demande. En changeant les usages (sobriété, infrastructures, organisation des villes), on pourrait réduire de 40 à 70 % les émissions des secteurs d’usage final d’ici 2050.
Précautions de lecture
Les potentiels ont été évalués option par option. On ne peut donc pas simplement les additionner, car certaines se recouvrent : par exemple, électrifier les voitures réduit d’autant plus les émissions que l’électricité est décarbonée. Les coûts sont par ailleurs des moyennes mondiales, qui varient fortement selon les pays, les technologies remplacées et le rythme de déploiement. Enfin, un potentiel « techniquement et économiquement accessible » ne se concrétise pas sans politiques publiques, financements et acceptation sociale.
En résumé
Diviser par deux les émissions mondiales d’ici 2030 est à portée technologique et économique. L’obstacle principal n’est plus le coût des solutions, mais la vitesse de leur mise en œuvre.
Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.
