Scénarios Climatiques SSP du GIEC (AR6) :
Trajectoires et Projections
Scénarios climatiques SSP Climat
Projections climatiques du GIEC AR6 selon cinq trajectoires SSP. Cliquez sur un scénario pour comparer le réchauffement mondial, la montée du niveau de la mer et les périodes de franchissement des principaux seuils de température.
Niveau moyen de la mer : IPCC AR6 WGI, chapitre 9, projections mondiales à 2050 et 2100. Les fourchettes de niveau marin sont des intervalles « likely » ; les fourchettes de température sont des intervalles « very likely ».
GIEC AR6 — Chapitre 4 ↗ • GIEC AR6 — Chapitre 9 ↗
À quoi ressemblera le climat en 2100 ? La réponse dépend de nos choix. Pour l’explorer, le GIEC utilise cinq trajectoires appelées SSP, qui combinent chacune une évolution socio-économique du monde et un niveau d’émissions. Ce module permet de sélectionner un scénario et d’afficher le réchauffement attendu, la montée du niveau de la mer et les dates de franchissement des grands seuils de température.
Comment lire un nom de scénario
Un intitulé comme « SSP2-4.5 » se décompose en deux parties.
Le chiffre après SSP désigne la trajectoire socio-économique, c’est-à-dire le type de monde envisagé :
- SSP1 : durabilité, coopération internationale, sobriété des ressources.
- SSP2 : poursuite des tendances actuelles, « au milieu du chemin ».
- SSP3 : rivalités régionales, fragmentation, priorité à la sécurité nationale.
- SSP4 : inégalités croissantes entre pays et au sein des sociétés.
- SSP5 : croissance rapide fondée sur l’exploitation des énergies fossiles.
Le nombre qui suit (1.9, 2.6, 4.5, 7.0, 8.5) correspond au forçage radiatif atteint en 2100, en watts par mètre carré. Plus il est élevé, plus le déséquilibre énergétique de la planète est important, et plus le réchauffement est fort.
Les cinq trajectoires en un coup d’œil
Voici les réchauffements attendus à long terme, c’est-à-dire en moyenne sur 2081-2100, par rapport à 1850-1900, avec entre parenthèses l’estimation de la montée du niveau de la mer en 2100 :
- SSP1-1.9 : environ +1,4 °C (environ 38 cm). Neutralité carbone atteinte vers 2050. C’est le seul scénario compatible avec l’objectif de 1,5 °C, moyennant un dépassement temporaire.
- SSP1-2.6 : environ +1,8 °C (environ 44 cm). Neutralité carbone après 2050, objectif « bien en dessous de 2 °C » respecté.
- SSP2-4.5 : environ +2,7 °C (environ 56 cm). Les émissions se stabilisent puis reculent lentement.
- SSP3-7.0 : environ +3,6 °C (environ 68 cm). Les émissions doublent d’ici 2100.
- SSP5-8.5 : environ +4,4 °C (environ 77 cm). Les émissions doublent dès 2050.
Où se situe la trajectoire actuelle ?
C’est la question que tout lecteur se pose. Compte tenu des politiques climatiques réellement mises en œuvre, le monde s’oriente aujourd’hui vers un réchauffement de l’ordre de 2,5 à 3 °C d’ici 2100, soit une trajectoire proche de SSP2-4.5.
Deux précisions importantes. D’une part, SSP5-8.5 est désormais considéré par une grande partie de la communauté scientifique comme peu probable : il suppose un retour massif au charbon difficilement compatible avec la chute des coûts des renouvelables. Il conserve toutefois son utilité pour tester les limites du système climatique. D’autre part, les scénarios les plus sobres, SSP1-1.9 et SSP1-2.6, supposent non seulement des réductions d’émissions très rapides, mais aussi un recours à l’élimination du CO₂ de l’atmosphère, dont le déploiement à grande échelle reste incertain.
Un point clé : l’inertie du niveau de la mer
Le module affiche des projections à 2050 et à 2100. Une observation frappe : à l’horizon 2050, la montée du niveau de la mer est presque identique dans tous les scénarios, autour de 20 cm. La raison est physique. Les océans se dilatent lentement et les calottes glaciaires réagissent avec des décennies de retard. La hausse des prochaines décennies est donc déjà largement déterminée par nos émissions passées.
Les écarts se creusent en revanche nettement après 2050, puis surtout au-delà de 2100. Autrement dit, nos choix d’aujourd’hui ne changent presque rien au niveau de la mer de 2050, mais ils déterminent celui de 2100 et des siècles suivants. Pour un littoral bas comme celui du Roussillon, avec ses étangs et ses lidos, cette distinction entre l’inévitable et l’évitable est essentielle.
Comment lire le module
Cliquez sur un scénario pour afficher ses valeurs. Les températures sont exprimées par rapport à 1850-1900, et les valeurs « long terme » correspondent à la moyenne 2081-2100. Le niveau de la mer est donné par rapport à la période de référence 1995-2014. La mention « Sans franchissement » signifie que l’estimation centrale ne dépasse pas le seuil concerné avant 2100. Le bouton « Imprimer / PDF » permet de conserver la fiche du scénario.
Attention aux types de fourchettes : celles du niveau marin sont des intervalles « probables », tandis que celles des températures sont des intervalles « très probables », donc plus larges.
Précautions de lecture
Les SSP ne sont pas des prévisions. Ce sont des trajectoires possibles, construites pour étudier les conséquences de différents niveaux d’émissions. Aucune probabilité ne leur est attribuée, et les intitulés socio-économiques sont volontairement simplifiés.
Les fourchettes comptent autant que la valeur centrale. Dans SSP2-4.5, l’estimation centrale est de 2,7 °C, mais la fourchette s’étend d’environ 2,1 à 3,5 °C. Cet écart reflète l’incertitude sur la sensibilité climatique, c’est-à-dire la réponse de la Terre à un doublement du CO₂.
Les projections marines sont plutôt prudentes. Les fourchettes retenues excluent les processus d’instabilité rapide des calottes antarctiques, encore mal compris. Le GIEC signale qu’une montée nettement supérieure à 1 mètre en 2100 ne peut être écartée dans les scénarios les plus émetteurs.
Le niveau de la mer ne se stabilise pas en 2100. Il continuera de monter pendant des siècles, même si les émissions cessent. Seule l’ampleur finale dépend de nos choix.
En résumé
Entre le scénario le plus sobre et le plus émetteur, l’écart atteint 3 °C de réchauffement et environ 40 cm de montée des eaux en 2100, avec des conséquences qui divergent encore davantage au-delà. Le climat futur n’est pas écrit : il dépend du scénario que nos décisions rendront réel.
Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.
