Impact sur la biodiversité :
Évolution de l’Indice Planète Vivante (IPV)
Impact sur la biodiversité Biodiversité
Évolution de l’Indice Planète Vivante (IPV), qui mesure la variation moyenne de l’abondance relative des populations de vertébrés sauvages suivies.
La série officielle 2024 couvre 1970 à 2020. Pour visualiser jusqu’en 2025, cette version ajoute une projection distincte et non officielle de 2021 à 2025.
Pour le Monde, la projection 2021–2025 prolonge mécaniquement le rythme moyen annuel communiqué dans le Rapport Planète Vivante 2024, soit environ −2,6 % par an. Pour les autres régions, une extrapolation log-linéaire est calculée à partir de la période 2005–2020. Ces valeurs projetées ne constituent ni des observations, ni une nouvelle édition officielle de l’IPV.
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Comment se portent les animaux sauvages de la planète ? Depuis plus de vingt ans, le WWF et la Société zoologique de Londres (ZSL) suivent cette question à l’aide d’un indicateur de référence : l’Indice Planète Vivante (IPV). Le graphique ci-dessous retrace son évolution depuis 1970, dans le monde et par grande région.
Qu’est-ce que l’Indice Planète Vivante ?
L’IPV mesure l’évolution moyenne de la taille des populations de vertébrés sauvages : mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens. L’édition 2024 repose sur le suivi de près de 35 000 populations appartenant à environ 5 500 espèces, partout dans le monde. L’indice part d’une base 100 en 1970. Une valeur de 27 signifie qu’en moyenne, les populations suivies ont perdu 73 % de leurs effectifs depuis cette date.
Le chiffre clé : −73 % en 50 ans
Selon le Rapport Planète Vivante 2024, la taille moyenne des populations suivies a chuté de 73 % entre 1970 et 2020. Cela correspond à un recul moyen d’environ 2,6 % par an, sans interruption depuis un demi-siècle.
Le déclin touche tous les milieux, mais pas avec la même intensité :
- Eau douce : −85 %, le milieu le plus touché (rivières, lacs, zones humides).
- Milieux terrestres : −69 %.
- Milieux marins : −56 %.
De fortes différences selon les régions
Le sélecteur de localisation permet de comparer les grandes régions du monde. L’Amérique latine et les Caraïbes enregistrent l’effondrement le plus brutal, avec −95 %. Suivent l’Afrique (−76 %) et l’Asie-Pacifique (−60 %). Le recul est moins marqué en Amérique du Nord (−39 %) et en Europe-Asie centrale (−35 %).
Ces écarts ne signifient pas que la nature se porte bien en Europe. Une grande partie des pertes y a eu lieu bien avant 1970, avec l’agriculture intensive, l’urbanisation et l’industrialisation. Les régions tropicales, très riches en biodiversité, subissent aujourd’hui une pression plus récente et plus rapide.
Les causes du déclin
Le WWF identifie plusieurs grandes menaces, souvent cumulées :
- Perte et dégradation des habitats : première cause, liée en grande partie au système alimentaire (déforestation, conversion des prairies et zones humides en terres agricoles).
- Surexploitation : surpêche, chasse, braconnage.
- Espèces invasives.
- Maladies.
- Pollution.
- Changement climatique : une menace en forte progression, notamment en Amérique latine et pour les milieux marins.
Climat et biodiversité sont étroitement liés. Le réchauffement dégrade les écosystèmes, et des écosystèmes affaiblis stockent moins de carbone. Le rapport alerte sur des points de bascule régionaux, comme le dépérissement de la forêt amazonienne ou la mort massive des récifs coralliens.
Tout n’est pas perdu
Certaines populations se stabilisent ou se reconstituent grâce à des mesures de protection efficaces. C’est le cas du gorille des montagnes dans le massif des Virunga ou du bison d’Europe, réintroduit en Europe centrale. Ces exemples montrent que le déclin n’est pas une fatalité quand on protège les habitats et qu’on réduit les pressions.
Précautions de lecture
Une baisse de 73 % ne signifie pas que 73 % des animaux ou des espèces ont disparu. L’IPV est une moyenne des tendances observées dans les populations suivies. Certaines s’effondrent, d’autres restent stables ou progressent. C’est une erreur fréquente dans les médias.
L’indice est aussi sensible aux populations en très fort déclin, et la couverture des données reste inégale selon les régions et les groupes d’espèces (bien meilleure pour les oiseaux et les mammifères que pour les amphibiens ou les reptiles).
Enfin, la série officielle s’arrête en 2020. La portion 2021–2025 affichée en pointillés est une projection non officielle : elle prolonge simplement le rythme moyen observé, ce qui mènerait à un recul de l’ordre de 76 % en 2025. Il ne s’agit ni d’observations, ni de données publiées par le WWF. Le Rapport Planète Vivante paraît tous les deux ans, et la courbe sera mise à jour à la prochaine édition.
En résumé
En un demi-siècle, les populations de vertébrés sauvages suivies ont perdu près des trois quarts de leurs effectifs en moyenne, avec des effondrements dans les eaux douces et les régions tropicales. Les causes sont connues, et les réussites locales montrent que la tendance peut être inversée.
Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.
