Mix Électrique : Répartition de la Production par Source d’Énergie
Mix électrique Énergies
Répartition de la production d’électricité par source d’énergie : charbon, pétrole, gaz, nucléaire, hydraulique, bioénergie, éolien, solaire et autres renouvelables. Cette version charge les données réelles jusqu’en 2025 lorsque le pays sélectionné dispose d’une série 2025 dans la base Our World in Data / Ember.
Our World in Data ↗ • RTE – Bilan électrique 2025 ↗
Comment le monde produit-il son électricité, et comment ce mix évolue-t-il d’un pays à l’autre ? Le graphique ci-dessous détaille la production électrique par source (charbon, gaz, pétrole, nucléaire, hydraulique, éolien, solaire, bioénergie) depuis 1985, avec des données réelles jusqu’en 2025. Il s’appuie sur Our World in Data et le think tank énergétique Ember.
Mix électrique et mix énergétique : ne pas confondre
L’électricité ne représente qu’une partie de l’énergie consommée dans le monde, environ un cinquième de la consommation finale. Le reste est surtout du pétrole pour les transports, du gaz et du charbon pour le chauffage et l’industrie. C’est pourquoi les renouvelables pèsent beaucoup plus lourd dans le mix électrique que dans l’énergie primaire totale, présentée sur notre page consacrée à la consommation mondiale d’énergie.
Le secteur électrique reste pourtant central pour le climat. C’est le premier émetteur de CO₂ au monde, et c’est aussi l’outil de la transition : véhicules électriques, pompes à chaleur et industrie décarbonée reposent sur une électricité propre.
2025 : les renouvelables dépassent le charbon
2025 marque un tournant historique. Pour la première fois depuis un siècle, les renouvelables (33,8 %, soit 10 730 TWh) ont dépassé le charbon (33,0 %, soit 10 476 TWh) dans le mix électrique mondial. Il faut remonter à 1919, quand la demande était près de 300 fois plus faible et reposait surtout sur l’hydraulique, pour trouver une situation comparable. Depuis, le charbon était toujours resté la première source. Sa part tombe désormais sous le tiers de la production mondiale, une première.
Le solaire, moteur de la croissance
La demande mondiale d’électricité a augmenté de 849 TWh (+2,8 %) en 2025. La production bas carbone a progressé de 887 TWh, un peu plus que la demande, si bien que la production fossile a reculé de 0,2 %.
Le solaire en est le principal artisan. Sa production a bondi de 636 TWh pour atteindre 2 778 TWh, soit +30 % en un an, couvrant à lui seul 75 % de la hausse de la demande. L’éolien a progressé de 205 TWh (+8,2 %). Ensemble, ils ont couvert 99 % de la demande supplémentaire. La production solaire mondiale équivaut désormais à toute la consommation électrique de l’Union européenne. Le solaire comme l’éolien devraient dépasser le nucléaire dès 2026.
Selon Ember, c’est la première fois que la production fossile recule sous l’effet de la montée des énergies propres, et non à cause d’une crise économique ou d’un choc ponctuel.
La Chine et l’Inde changent la donne
Ce recul est tiré par les deux géants asiatiques. 2025 est la première année du siècle où la production fossile a baissé à la fois en Chine et en Inde. En Chine, elle a reculé de 56 TWh (−0,9 %), une première depuis 2015, grâce à des installations record de solaire. En Inde, la hausse record du solaire et de l’éolien, une bonne année hydraulique et une demande moins dynamique ont fait baisser la production fossile de 52 TWh (−3,3 %). La part du solaire et de l’éolien en Chine atteint 22 %, au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (20 %).
La France, un mix parmi les plus décarbonés au monde
Le sélecteur de localisation permet d’afficher le mix de chaque pays. La France fait figure d’exception. Selon le Bilan électrique 2025 de RTE, la production totale a atteint 547,5 TWh :
- Nucléaire : 373,0 TWh, soit environ 68 %.
- Hydraulique : 62,4 TWh, soit environ 11 %.
- Éolien : 49,6 TWh, soit environ 9 %.
- Solaire : 32,9 TWh, soit environ 6 %.
- Gaz : 16,4 TWh.
- Pétrole : 1,6 TWh.
- Charbon : 0,7 TWh.
Les sources fossiles représentent donc à peine plus de 3 % de la production, et l’électricité française est bas carbone à plus de 95 %. Là où le monde cherche encore à sortir du charbon, la France combine un socle nucléaire et hydraulique ancien avec une montée progressive de l’éolien et du solaire.
Comment lire le graphique
Chaque couleur correspond à une source, empilée sur les autres. La hauteur totale donne la production électrique annuelle du pays ou de la région sélectionnée, en TWh. Le curseur temporel permet de remonter jusqu’en 1985, et le panneau « Détail par filière » affiche les valeurs précises pour l’année choisie. Les boutons d’export servent à récupérer les données (CSV) ou l’image (PNG).
Précautions de lecture
Production n’est pas consommation. Un pays exportateur comme la France produit plus qu’il ne consomme, tandis qu’un pays importateur affiche une production inférieure à sa consommation.
Une part n’est pas un volume. La part du charbon baisse, mais sa production mondiale reste proche de son record historique. Pour le climat, c’est le volume absolu des fossiles qui compte.
Les catégories suivent la nomenclature OWID. « Autres renouvelables » regroupe notamment la géothermie et les énergies marines. Pour certaines années anciennes, la bioénergie peut y être incluse. La profondeur historique et la disponibilité des données 2025 varient selon les pays, et les chiffres récents peuvent être révisés.
L’hydraulique stagne. Sa production quasi stable en 2025 rappelle un défi croissant : équilibrer le réseau face à des renouvelables variables, qui nécessitent davantage de stockage, de flexibilité et d’interconnexions.
En résumé
En 2025, les renouvelables sont devenues la première source d’électricité au monde devant le charbon, et la croissance des énergies propres a suffi à faire reculer la production fossile. Le solaire tire cette dynamique, portée par la Chine et l’Inde. Mais les fossiles fournissent encore près de 60 % de l’électricité mondiale : le basculement est engagé, pas achevé.
Pour aller plus loin, consultez notre dossier complet sur la page Rechauffement climatique.
