Le 25 août 2026 à 14h00

Mégabassine de Sainte-Soline à sec :

où sont passés les 50 000 m³ stockés cet hiver ?

La retenue de substitution de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) est vide depuis le 21 juillet 2026, selon le Système d’information sur l’eau du Marais poitevin (Siemp). Les 50 000 m³ accumulés durant l’hiver ont disparu en quelques semaines, au terme d’un été marqué par deux épisodes caniculaires. Deux explications s’affrontent : l’évaporation, avancée par les opposants au modèle, et les prélèvements agricoles, revendiqués par l’exploitant. Les données permettent de trancher, chiffres à l’appui.

Ce que disent les chiffres du remplissage en 2026

Le point central est le déficit de remplissage hivernal. Conçue pour stocker environ 628 000 m³, la réserve de Sainte-Soline n’a atteint qu’environ 50 000 m³ au printemps 2026, soit moins de 10 % de sa capacité nominale et un niveau très inférieur à la moyenne interannuelle observée sur le suivi du Siemp.

Cette sous-alimentation est le premier facteur d’assèchement précoce : une retenue remplie au dixième de sa capacité est, par construction, peu profonde, donc très exposée aux pertes de surface et rapidement épuisable.

Évolution du remplissage de la mégabassine de Sainte-Soline

Version recalée sur la même échelle temporelle que la capture : affichage de janvier à août 2026, avec une échelle verticale comparable.

Maximum 2026
Dernière valeur 2026
Assèchementpremier jour à 0 m³
Points 2026 disponiblesmesures journalières valides
Échelle reprise comme la capture : fenêtre limitée à la période visible janvier → août 2026 et axe Y réglé sur une échelle proche du graphique fourni (0 à 250 000 m³, pas de 20 000 m³).
Source : SIEMP / EPMP – réserve Sainte-Soline - SEV 15.
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Indicateurs de la retenue en 2026

Capacité, remplissage, prélèvements et assèchement

Valeur 2026
~628 000 m³
Indicateur
Capacité nominale de la retenue
IndicateurValeur 2026
Capacité nominale de la retenue~628 000 m³
Volume stocké après l’hiver~50 000 m³
Taux de remplissage< 10 %
Date d’assèchement complet21 juillet 2026
Volume déclaré prélevé par la coopérative45 966 m³
Épisodes caniculaires recensés avant l’assèchement2

Évaporation ou irrigation : que dit le bilan hydrique ?

L’essentiel du volume a été prélevé, mais l’évaporation n’est pas marginale. La Coopérative de l’eau des Deux-Sèvres affirme, dans un communiqué daté du 18 août 2026, que 45 966 m³ ont été utilisés par « des agriculteurs notamment éleveurs de la zone ». Interrogée sur le calendrier précis de ces prélèvements, elle n’a pas apporté de réponse détaillée, ce qui limite la vérification indépendante.

Côté physique, le calcul est simple et vérifiable. L’évapotranspiration potentielle en Poitou-Charentes atteint couramment 5 à 7 mm par jour lors d’une canicule, selon les relevés de référence de Météo-France. Pour un plan d’eau résiduel de 3 hectares, cela représente 150 à 210 m³ perdus chaque jour, soit 4 500 à 6 300 m³ sur un mois.

Un ordre de grandeur cohérent avec les deux versions

Les deux explications ne s’excluent pas : les prélèvements expliquent la majeure partie du volume, l’évaporation en absorbe une fraction significative, d’autant plus élevée que le niveau est bas. C’est précisément ce que soulignent les travaux de l’hydrologue Florence Habets, directrice de recherche au CNRS, qui rappelle que les pertes par évaporation des retenues découvertes progressent mécaniquement avec le réchauffement climatique.

Pertes d’eau par évaporation selon la surface

Hypothèse : évaporation moyenne de 5 mm par jour

1 ha 50 m³/jour
1 500 m³ sur 30 jours
3 ha 150 m³/jour
4 500 m³ sur 30 jours
5 ha 250 m³/jour
7 500 m³ sur 30 jours
8 ha 400 m³/jour
12 000 m³ sur 30 jours
Scénario de surface en eau Perte à 5 mm/jour Perte sur 30 jours
1 ha 50 m³/jour 1 500 m³
3 ha 150 m³/jour 4 500 m³
5 ha 250 m³/jour 7 500 m³
8 ha 400 m³/jour 12 000 m³

Pourquoi le climat change l’équation des retenues de substitution

Le modèle repose sur une hypothèse hivernale de plus en plus fragile. Une retenue de substitution se remplit par pompage dans les nappes superficielles durant la période de recharge, en principe de novembre à mars. Or cette recharge dépend d’excédents pluviométriques qui deviennent irréguliers.

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat souligne une intensification des sécheresses agricoles en Europe de l’Ouest, tandis que les projections du service Explore2, piloté par INRAE et l’Office français de la biodiversité, anticipent une baisse des débits d’étiage sur les bassins de la façade atlantique. Moins de recharge en amont signifie moins de volume stocké, et donc un assèchement estival plus précoce.

Les trois variables à surveiller chaque année

  • Le cumul de pluie efficace hivernale, qui conditionne le remplissage
  • Le niveau piézométrique des nappes, qui autorise ou non le pompage
  • Le nombre de jours à plus de 35°C, qui accélère les pertes de surface

Conseils pratiques pour suivre la situation hydrologique

Le suivi est accessible à tous, sans expertise technique. Trois réflexes permettent d’anticiper les restrictions et de comprendre les épisodes de sécheresse dans les Deux-Sèvres et le Marais poitevin.

  • Consulter les données publiques de remplissage publiées par le Siemp
  • Vérifier les arrêtés de restriction d’usage de l’eau avant tout projet d’arrosage ou d’activité de plein air
  • Suivre les prévisions de précipitations à 14 jours et les bilans pluviométriques mensuels, plus révélateurs que la météo du jour
  • Surveiller les alertes canicule, qui signalent les pics d’évaporation

En résumé

  • La mégabassine de Sainte-Soline est à sec depuis le 21 juillet 2026
  • Elle n’a stocké qu’environ 50 000 m³ pour une capacité de 628 000 m³
  • La coopérative revendique 45 966 m³ prélevés par des agriculteurs
  • L’évaporation représente plusieurs milliers de mètres cubes sur un été caniculaire
  • Le facteur déterminant reste le déficit de remplissage hivernal

FAQ

La mégabassine de Sainte-Soline est-elle vide en 2026 ?
Oui. Les données du Siemp indiquent un assèchement total depuis le 21 juillet 2026.

Combien d’eau contenait-elle ?
Environ 50 000 m³ après l’hiver, pour une capacité nominale d’environ 628 000 m³.

L’évaporation explique-t-elle l’assèchement ?
Non, pas à elle seule. Elle représente plusieurs milliers de mètres cubes, tandis que l’essentiel du volume correspond aux prélèvements déclarés.

Qu’est-ce qu’une retenue de substitution ?
Un réservoir à ciel ouvert rempli en hiver par pompage dans les nappes, destiné à remplacer des prélèvements estivaux.

Quelle est l’évaporation quotidienne d’un plan d’eau en canicule ?
De 5 à 7 mm par jour, soit 50 à 70 m³ par hectare et par jour.

Pourquoi le remplissage a-t-il été si faible ?
En raison d’une recharge hivernale insuffisante des nappes, qui limite les volumes pompables.

Où consulter les données officielles ?
Sur le portail du Système d’information sur l’eau du Marais poitevin.

Consultez les prévisions avant chaque décision

Anticipez les prochains épisodes de sécheresse : consultez dès maintenant les prévisions à 14 jours, les bilans pluviométriques et les alertes canicule pour les Deux-Sèvres sur notre site.

Source :
Système d’Information sur l’Eau du Marais Poitevin
Météo-France

 

 

 

 

 

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