Journée de la couche d’ozone 2026 :
une reconstitution en cours, mais des fuites industrielles pourraient la retarder
Ce mercredi 16 septembre 2026 a lieu la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1994. L’édition 2026, portée par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), célèbre les dix ans de l’amendement de Kigali, alors que la couche d’ozone se reconstitue, peut-être moins vite que prévu.
Un thème 2026 consacré au refroidissement durable
Le thème retenu, « Une action mondiale pour une planète plus fraîche », met l’accent sur l’accès à un refroidissement efficace face à la hausse des températures. La date commémore la signature du protocole de Montréal, le 16 septembre 1987, traité aujourd’hui ratifié par 198 parties.
Adopté en 2016, l’amendement de Kigali organise la réduction des hydrofluorocarbures (HFC). Ces gaz n’abîment pas l’ozone mais réchauffent fortement le climat. Dans son message pour la Journée, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, estime qu’une mise en œuvre complète pourrait éviter jusqu’à 0,5°C de réchauffement d’ici 2100. Il s’agit d’une projection, pas d’un résultat observé.
Ce que montrent les données disponibles
Selon le bulletin de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié le 16 septembre 2025, le protocole de Montréal a permis d’éliminer plus de 99 % des substances appauvrissant l’ozone. Le trou antarctique de 2024 était plus petit que ceux de 2020 à 2023, en partie grâce à des facteurs naturels.
En 2025, il a culminé à 21,08 millions de km² début septembre, contre 26,1 millions en 2023, et s’est refermé le 1er décembre, selon le service européen Copernicus. La Nasa le classe parmi les plus petits depuis 1992.
La dernière évaluation scientifique OMM-PNUE, publiée en 2022, prévoit un retour aux niveaux de 1980 vers 2040 pour la majeure partie du globe, 2045 au-dessus de l’Arctique et 2066 au-dessus de l’Antarctique, si les politiques actuelles sont maintenues.
Vers un rétablissement progressif de la couche d’ozone
La dernière grande évaluation scientifique OMM-PNUE, publiée en 2022, estime que la couche d’ozone pourrait retrouver les niveaux observés en 1980 à des échéances différentes selon les régions du globe, si les politiques actuellement mises en œuvre sont maintenues.
| Indicateur | 📊 Donnée | 📚 Source |
|---|---|---|
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Substances appauvrissant l’ozone éliminées
Réduction mondiale
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> 99 % Plus de 99 % des substances réglementées ont été progressivement éliminées. | OMM Septembre 2025 |
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Taille maximale du trou d’ozone antarctique en 2025
Extension maximale saisonnière
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21,08 millions de km² | Copernicus Décembre 2025 |
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Retard possible lié aux fuites industrielles
Impact potentiel sur la reconstitution
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≈ 7 ans Retard potentiel estimé en cas de poursuite de certaines émissions ou fuites industrielles. | Nature Communications 2026 |
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Parties ayant ratifié l’amendement de Kigali
Engagement international
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173 | Institut international du froid Avril 2026 |
Le rétablissement de la couche d’ozone est l’un des exemples les plus marquants de réussite d’une politique environnementale mondiale. Mais la reconstitution reste lente : certaines molécules responsables de la destruction de l’ozone persistent pendant plusieurs décennies dans l’atmosphère.
Les dates 2040, 2045 et 2066 correspondent à des projections scientifiques conditionnées au maintien des politiques internationales de réduction des substances appauvrissant la couche d’ozone.
Les limites : des fuites industrielles sous-estimées
Une étude internationale publiée en 2026 dans Nature Communications, conduite notamment par l’Empa suisse et le MIT, cible une exception du protocole. Certaines substances restent autorisées comme matières premières, notamment pour fabriquer des plastiques. Leurs fuites avoisineraient 3,6 %, contre 0,5 % supposé à l’origine.
Dans ce scénario, le retour à l’état de 1980 serait repoussé d’environ sept ans, jusqu’en 2073. Ces résultats reposent sur des projections. La nouvelle évaluation OMM-PNUE, attendue fin 2026, devrait actualiser ces calendriers.
Encadré pratique : climatisation et fluides frigorigènes
- Dans l’Union européenne, le règlement 2024/573 prévoit la suppression totale de la consommation de HFC d’ici 2050.
- À la mise hors service d’un équipement, ses fluides doivent être récupérés puis recyclés, régénérés ou détruits.
- Avant un achat, demander à l’installateur le potentiel de réchauffement global du fluide utilisé.
À retenir
- Le 16 septembre 2026, la Journée de l’ozone célèbre les dix ans de l’amendement de Kigali sur les HFC.
- La couche d’ozone se reconstitue, avec un retour attendu aux niveaux de 1980 entre 2040 et 2066 selon les régions.
- Des fuites industrielles pourraient retarder ce retour d’environ sept ans, selon une étude de 2026.
- Une nouvelle évaluation scientifique internationale est attendue fin 2026.
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Sources
- PNUE OzonAction, World Ozone Day, 16 September 2026, 9 septembre 2026
- Nations unies, message du Secrétaire général pour la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, septembre 2026
- Organisation météorologique mondiale, Bulletin sur l’ozone, 16 septembre 2025
- Reporterre (données Copernicus et Nasa), 2 décembre 2025
- Citepa, La reconstitution de la couche d’ozone se confirme, 22 octobre 2025
- Reimann et al., Nature Communications, 2026, via MIT et ScienceDaily, 16 avril 2026
- NOAA Chemical Sciences Laboratory, Scientific Assessment of Ozone Depletion: 2026
- Institut international du froid, ratification de l’amendement de Kigali par Haïti, avril 2026
- Parlement européen, Observatoire législatif, règlement (UE) 2024/573 sur les gaz fluorés




