En 1977, un prince saoudien fait venir un bloc de glace d’Alaska en Iowa pour défendre l’idée de remorquer des icebergs
Du 2 au 6 octobre 1977, la ville universitaire d’Ames (Iowa) a accueilli la première conférence internationale sur l’utilisation des icebergs. Le prince saoudien Mohammed al-Faisal, alors responsable du programme de dessalement de son pays, y a fait acheminer un bloc de glace de l’Alaska. Il voulait montrer qu’on pouvait déplacer et conserver de la glace pour produire de l’eau douce en région aride. L’anecdote circule de nouveau dans la presse en ce début novembre 2026.
Un bloc de glace plutôt qu’un iceberg
Le bloc venait du glacier Portage, près d’Anchorage. La presse de l’époque parle d’un « iceberg », mais il s’agissait d’un bloc de quelques tonnes au plus. Le New York Times mentionne 4 755 livres, soit environ 2,2 tonnes.
Le trajet a combiné hélicoptère, vol commercial jusqu’à Minneapolis, puis camion réfrigéré jusqu’à l’université d’État de l’Iowa. Les congressistes ont utilisé des éclats de glace pour rafraîchir leurs boissons. Selon le New York Times, le bloc n’était plus qu’une tache d’humidité à la fin de la conférence.
Ce que visait le projet
La conférence a réuni environ 175 à 200 participants venus de 18 pays. Elle était financée par le prince, à hauteur de 50 000 dollars, et par la National Science Foundation, à hauteur de 25 000 dollars. L’idée centrale était de remorquer un iceberg antarctique vers la péninsule arabique.
Le prince a déclaré à Ames espérer un iceberg amarré au large de l’Arabie saoudite d’ici trois à cinq ans. Il évoquait un iceberg de 100 millions de tonnes et un coût de recherche et d’ingénierie estimé à 100 millions de dollars. D’autres sources parlent de 85 millions de tonnes et de 90 millions de dollars.
Les chiffres qui divergent
Les sources ne s’accordent pas sur plusieurs chiffres
Plusieurs valeurs différentes sont rapportées selon les sources concernant le poids du bloc transporté, le coût du transport et la taille de l’iceberg visé. Le tableau ci-dessous présente ces divergences sans chercher à les trancher.
| Élément | Valeurs rapportées | Sources |
|---|---|---|
|
⚖️
Poids du bloc
|
4 755 livres
ou
2 500 livres
|
Valeurs différentes selon les sources |
|
💰
Coût du transport
|
5 000 $
ou
7 500 à 8 500 $
|
Valeurs différentes selon les sources |
|
🧊
Taille de l’iceberg visé
|
100 millions de tonnes
ou
85 millions de tonnes
|
Estimations différentes selon les sources |
Les écarts observés peuvent provenir de sources secondaires différentes, d’arrondis, de conversions d’unités ou de publications réalisées à des périodes différentes. Il est donc utile de présenter les différentes valeurs lorsqu’elles ne concordent pas.
Les versions disponibles divergent sur trois points importants : le poids du bloc, le coût de son transport et la taille de l’iceberg envisagé. Les écarts sont particulièrement marqués pour le poids du bloc et le coût du transport, tandis que l’estimation de la masse de l’iceberg varie entre 85 et 100 millions de tonnes.
Certains médias avancent aussi que la glace avait quatre mille ans !
Limites et suite
Après la conférence, le prince a fondé la société Iceberg Transport International pour tenter de livrer un iceberg commercial au Moyen-Orient. Selon Futura Sciences, l’idée n’a pas abouti. Les obstacles étaient le coût, la fonte pendant le trajet et la complexité logistique. La chercheuse Ruth Morgan relève par ailleurs que l’acheminement du bloc par avion a émis au moins 7 tonnes de CO2.
L’épisode reste utile pour comprendre comment la pénurie d’eau pousse à envisager des solutions extrêmes. Il illustre aussi l’écart entre une démonstration spectaculaire et un projet réalisable.
À retenir
-
Le bloc de glace venait d’Alaska et a été exposé à Ames du 2 au 6 octobre 1977, lors d’une conférence internationale.
-
Le prince Mohammed al-Faisal, alors en charge du dessalement saoudien, en était le principal sponsor.
-
Le bloc pesait environ 1,1 à 2,2 tonnes selon les sources, ce qui ne ressemble pas à un véritable iceberg.
-
Le projet de remorquage vers l’Arabie saoudite n’a pas abouti.
-
Les chiffres de coût et de taille varient d’une source à l’autre.




