710 000 décès en 2023 dans le monde selon le rapport Lancet Countdown
La chaleur a été associée à environ 710 000 décès dans le monde en 2023, un niveau record, selon la dixième édition du rapport Lancet Countdown publiée le mercredi 28 octobre 2026. Plus de 70 % de ces décès sont attribués au changement climatique d’origine humaine. Ce travail, piloté par l’University College London avec l’Organisation mondiale de la santé, réunit 146 chercheurs issus de plus de 100 institutions dans une trentaine de pays.
Ce que disent les chiffres
La moyenne annuelle des décès liés à la chaleur est passée d’environ 398 400 sur la période 2006-2015 à environ 540 800 sur la période 2016-2023. C’est cette comparaison entre deux périodes, et non une évolution annuelle continue, qui donne la hausse de près de 36 % citée par les auteurs.
L’année 2023, la plus chaude de la décennie étudiée, ressort nettement du lot avec environ 710 000 décès, dont 71,5 % attribués au réchauffement d’origine humaine. Sur l’ensemble de la période 2016-2023, les auteurs estiment à près de 3 millions le nombre de décès liés à la chaleur imputables au changement climatique.
Une méthode d’attribution nouvelle cette année
Le rapport 2026 introduit un indicateur inédit, qui attribue pour la première fois une part des décès liés à la chaleur au réchauffement d’origine humaine. La méthode consiste à comparer la mortalité observée avec celle qui aurait été attendue dans un climat sans influence humaine.
Deux limites doivent être connues. Ces chiffres sont des estimations issues de modèles, et non un décompte de certificats de décès. Et 2023 reste la dernière année disposant de données complètes, ce qui explique l’écart de calendrier avec d’autres indicateurs du rapport, actualisés jusqu’en 2025.
Un coût économique supérieur à 1 000 milliards de dollars
La chaleur pèse aussi sur le travail. En 2025, la baisse de productivité qu’elle provoque représente une perte de revenus potentiels estimée à 1 070 milliards de dollars, soit 0,91 % de la production économique mondiale. C’est la troisième année consécutive au-dessus du seuil des 1 000 milliards.
Deux secteurs concentrent l’essentiel des pertes : l’agriculture, avec 38 %, et la construction, avec 29 %, deux activités largement exercées en extérieur. En Afrique, l’agriculture représente à elle seule 71 % de ces pertes.
Le rapport relève par ailleurs que 51,8 % des terres émergées ont connu une sécheresse extrême pendant au moins un mois en 2025, deuxième valeur la plus élevée jamais relevée.
Des résultats positifs également documentés
Les auteurs ne décrivent pas uniquement une dégradation. La baisse de la pollution de l’air liée aux énergies fossiles aurait permis d’éviter environ 323 000 décès par an dans au moins 77 pays depuis 2016. Les systèmes d’alerte sanitaire précoce freinent, là où ils existent, la hausse des décès lors d’événements extrêmes.
À l’inverse, les subventions nettes aux énergies fossiles ont doublé depuis 2016, pour un cumul de 6 200 milliards de dollars depuis l’Accord de Paris. Le financement de la recherche sur santé et climat a été multiplié par sept, à 316 millions de dollars en 2024, mais 84 % de ces fonds vont à des chercheurs de pays riches.
Synthèse des principaux indicateurs liés à la chaleur
Les indicateurs présentés mettent en évidence une augmentation importante des impacts sanitaires, économiques et environnementaux associés aux fortes chaleurs. Les périodes de référence et les méthodes diffèrent selon les indicateurs : les chiffres ne doivent donc pas être additionnés entre eux.
| Indicateur | Valeur | Période de référence |
|---|---|---|
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🌡️
Décès liés à la chaleur
Moyenne annuelle
|
398 400
→
540 800
|
2006–2015 puis 2016–2023 |
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🔥
Décès liés à la chaleur
Année record indiquée
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≈ 710 000
dont 71,5 % attribués au climat selon l’indicateur fourni. |
2023 |
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🌍
Décès attribués au changement climatique
Estimation cumulée
|
Près de 3 millions | 2016–2023 |
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👷
Pertes de revenus liées à la chaleur au travail
Impact économique
|
1 070 milliards $ | 2025 |
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🌾
Terres touchées par une sécheresse extrême
Indicateur environnemental
|
51,8 % | 2025 |
Ce niveau est nettement supérieur à la moyenne annuelle indiquée pour la période 2016–2023. Le chiffre de 71,5 % attribués au climat doit être interprété selon la méthodologie précise utilisée par la source.
Les fortes températures peuvent réduire les capacités physiques et la productivité, notamment dans les métiers exercés en extérieur ou dans des locaux insuffisamment refroidis.
L’indicateur fourni pour 2025 traduit une extension très importante des conditions de sécheresse extrême. Son interprétation doit tenir compte de la définition exacte utilisée, de la zone géographique considérée et de la durée de l’épisode.
Les décès liés à la chaleur, les décès attribués au changement climatique, les pertes économiques et les surfaces touchées par la sécheresse reposent sur des méthodes et des périodes de référence différentes. Ces indicateurs ne doivent donc pas être additionnés.
Selon les chiffres présentés, la moyenne annuelle des décès liés à la chaleur serait passée de 398 400 sur 2006–2015 à 540 800 sur 2016–2023, soit une progression d’environ 36 %. L’année 2023 ressort avec environ 710 000 décès liés à la chaleur. Les conséquences concernent également le travail, les revenus et les territoires touchés par les sécheresses extrêmes.
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Sources
- University College London — Lancet Countdown authors call for climate change to be recognised as a global health emergency, 28 octobre 2026
- The Lancet Countdown — 2026 Report on Health and Climate Change, 28 octobre 2026
- Organisation mondiale de la santé — actualités, octobre 2026
- News-Medical — Climate change intensifies global health risks, Lancet Countdown report warns, 27 octobre 2026




