Réchauffement climatique

Le 28 septembre 2026 à 11h563,6 min

Sardines en boîte : ventes en hausse, ressource fragilisée par le réchauffement climatique

Les sardines en boîte manquent dans certains rayons en 2026. La demande augmente depuis plusieurs mois alors que la ressource devient plus difficile à pêcher. Selon France 3 Pays de la Loire (25 septembre 2026), la conserverie Gendreau, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée, annonce une production en hausse de 30 % sur un an. Dans le même temps, le Maroc limite ses exportations et le réchauffement des océans pèse sur les populations de petits poissons.

Une demande portée par les réseaux sociaux et la nutrition

Des influenceurs mettent en avant les protéines et les oméga-3 de la sardine, des qualités que les nutritionnistes reconnaissent aussi. Le prix accessible des conserves et leur longue durée de conservation renforcent leur succès.

Dans un supermarché de La Roche-sur-Yon, Olivier Bertrand, chef de secteur chez Coop Atlantique, parle d’environ 12 % de ventes en plus en 2025, puis de 10 % à la fin de l’été 2026. « Quand il n’y en a plus, il n’y en a plus », résume-t-il. Une affiche en magasin évoque « la crise climatique » et des stocks mondiaux « au plus bas ». C’est un message de l’enseigne, pas une évaluation scientifique.

Le réchauffement climatique fragilise la sardine

La sardine est très sensible à la température de l’eau et à la quantité de plancton disponible. Depuis la fin des années 2000, l’Ifremer observe que les sardines du golfe du Lion, en Méditerranée, sont plus petites et plus maigres. Un phénomène comparable a été relevé dans le golfe de Gascogne. Les chercheurs l’expliquent surtout par un changement du plancton : les organismes dont se nourrit la sardine sont plus petits et moins nourrissants, en lien avec le réchauffement et les modifications des eaux marines.

Conséquence pour la filière : à tonnage égal, on obtient davantage de petits poissons, qui sont moins adaptés à la conserve. Les scientifiques rappellent que d’autres facteurs entrent aussi en jeu, comme la pression de pêche ou la prédation. Le climat est un facteur majeur, mais il n’est pas le seul.

Le Maroc réduit ses exportations

Le Maroc, premier producteur et exportateur mondial de sardines, limite ses exportations depuis le 1er février 2026. Il avance la raréfaction du poisson et la hausse des prix sur son marché intérieur. Selon le quotidien espagnol La Razón, cité par France 3, sa production annuelle destinée à l’Europe, à l’Asie et au Moyen-Orient dépasserait 15 000 tonnes. Ce chiffre n’a pas été confirmé par une source officielle marocaine.

Les conserveries françaises s’adaptent

La conserverie Gendreau dit avoir embauché et démarré sa saison plus tôt. Selon l’entreprise, elle peut traiter jusqu’à 15 tonnes de sardines pêchées localement. Elle vient aussi de racheter un site en Bretagne. Ces chiffres sont communiqués par l’entreprise elle-même.

Indicateur Valeur annoncée Source
Ventes en rayon 2025 environ +12 % Coop Atlantique (un secteur)
Ventes fin d'été 2026 environ +10 % Coop Atlantique
Production Gendreau +30 % sur un an Conserverie Gendreau
Pêche française de sardines près de 20 000 tonnes par an, très variable Planetoscope (estimation)

Les limites à connaître

Les hausses de ventes citées portent sur une seule enseigne régionale. Elles ne décrivent pas forcément tout le marché national. Selon Planetoscope, les volumes pêchés en France varient beaucoup d’une année à l’autre, selon l’état des stocks, les conditions en mer et les quotas. Si la demande reste forte alors que les poissons sont plus petits, les tensions sur l’approvisionnement pourraient durer.

Les rayons se regarnissent souvent pendant la saison de pêche, du printemps à l’automne.

La date de durabilité d’une conserve est longue : il n’est pas nécessaire d’acheter en grande quantité.

La zone de capture est indiquée sur l’emballage.

À retenir

  • La demande de sardines en boîte augmente fortement depuis 2025.
  • Le réchauffement des océans modifie le plancton et fait diminuer la taille des sardines, selon l’Ifremer.
  • Le Maroc limite ses exportations depuis le 1er février 2026.
  • Une conserverie vendéenne annonce 30 % de production en plus.
  • La ressource dépend du climat, des stocks et des quotas.

Retrouvez nos autres articles sur l’impact du réchauffement climatique sur les océans et la biodiversité marine.

Sources

Aujourd’hui

Carte nationale de vigilance pour aujourd’hui, source Météo-France

Demain

Carte nationale de vigilance pour demain, source Météo-France

 

 

 

 

 

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