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Climat de l’Italie

Le climat de l’Italie

L’Italie possède un climat d’une exceptionnelle diversité, conséquence de sa forme très allongée du nord au sud, de son relief montagneux et de son environnement presque entièrement maritime. Des sommets alpins aux côtes de Sicile, le pays passe en quelques centaines de kilomètres d’un climat montagnard froid à des conditions franchement méditerranéennes. Les Alpes, la plaine du Pô, les Apennins et les mers Adriatique, Tyrrhénienne, Ionienne et Ligurienne structurent ainsi plusieurs grands ensembles climatiques très différents.

Dans le nord de l’Italie, les Alpes constituent une véritable barrière climatique. L’altitude entraîne une diminution rapide des températures et des précipitations souvent abondantes sur les versants exposés. Dans les secteurs élevés, les hivers sont longs et froids, avec un enneigement important, tandis que les étés restent courts et frais. Les normales 1991-2020 montrent que les températures moyennes annuelles les plus basses du pays se rencontrent sur l’arc alpin : elles descendent jusqu’à 2,4 °C au Monte Faloria, à 2 210 m d’altitude.

Au pied des Alpes s’étend la plaine du Pô, de Turin à Milan, Vérone, Bologne et Venise. Son climat est beaucoup plus continental que ne le laisserait penser la latitude. Les hivers peuvent être froids, humides et fréquemment brumeux, avec des inversions thermiques qui emprisonnent l’air froid dans les basses couches. Les gelées sont régulières et la neige reste possible, même si elle est beaucoup moins fréquente dans certaines grandes villes qu’autrefois. Les étés sont au contraire chauds, souvent très humides et parfois étouffants, avec des températures supérieures à 30 °C fréquentes et de nombreuses situations orageuses.

La forte humidité de la plaine du Pô constitue une particularité importante. En été, chaleur et humidité peuvent produire un ressenti nettement supérieur à la température mesurée. Les Alpes et les Préalpes voisines favorisent également le développement d’orages parfois violents, accompagnés de pluies intenses, de grêle et de fortes rafales. Contrairement aux régions méditerranéennes du sud, le nord de l’Italie ne connaît donc pas de véritable sécheresse estivale généralisée.

Sur la façade ligure, autour de Gênes et de La Spezia, la Méditerranée adoucit fortement les températures. Les hivers sont beaucoup plus doux que dans la plaine du Pô située juste de l’autre côté de l’Apennin. Le relief s’élève cependant presque directement depuis la mer : lorsque les flux humides méditerranéens rencontrent ces montagnes, les précipitations peuvent devenir extrêmement abondantes. La Ligurie orientale fait ainsi partie des régions italiennes pouvant dépasser 2 000 mm de pluie par an.

L’Italie centrale, de la Toscane au Latium en passant par l’Ombrie et les Marches, présente une transition entre influences continentales et méditerranéennes. Sur le littoral tyrrhénien, notamment autour de Rome, les hivers sont doux et les étés chauds et relativement secs. À mesure que l’on gagne l’intérieur et que l’altitude augmente dans les Apennins, les hivers deviennent sensiblement plus froids et neigeux.

Les Apennins forment une longue épine dorsale montagneuse traversant presque toute la péninsule. Ils créent d’importants contrastes entre les versants occidentaux et orientaux. Les façades exposées aux flux humides peuvent recevoir de fortes précipitations, tandis que certaines vallées situées sous le vent sont beaucoup plus sèches. L’Apennin tosco-émilien figure parmi les régions les plus arrosées d’Italie, avec localement plus de 2 000 mm par an.

Sur la façade adriatique, l’influence de la mer est différente de celle observée sur la côte tyrrhénienne. Les hivers sont généralement plus frais, notamment lorsqu’un flux de nord-est descend des Balkans. Ces situations peuvent provoquer des vagues de froid et des chutes de neige jusqu’à très basse altitude sur les Abruzzes, le Molise et parfois les Pouilles.

En descendant vers Naples, la Campanie, la Calabre et les Pouilles, le caractère méditerranéen devient de plus en plus marqué. Les hivers sont doux sur les côtes et les gelées deviennent rares, tandis que les étés sont longs, chauds et secs. Les températures maximales normales de juillet et août dépassent localement 33 °C dans certaines régions des Pouilles, de la Sardaigne et de la Sicile.

Les pluies se concentrent surtout pendant l’automne et l’hiver. À l’échelle des stations italiennes étudiées par l’ISPRA, novembre est généralement le mois le plus arrosé, avec une médiane de 114,7 mm, tandis que juillet constitue le mois le plus sec avec seulement 33,4 mm. Cette sécheresse estivale devient particulièrement prononcée dans le sud et sur les îles.

Cette répartition saisonnière n’empêche pas des épisodes de pluie extrêmement intenses. La Méditerranée, encore très chaude en automne, fournit une quantité importante de vapeur d’eau. Lorsque de l’air froid arrive en altitude, des systèmes orageux puissants peuvent se développer et provoquer des pluies torrentielles, des crues soudaines et des inondations, particulièrement en Ligurie, Toscane, Campanie, Calabre, Sicile et Sardaigne.

La Sicile possède l’un des climats les plus chauds d’Italie. Les régions côtières méridionales connaissent des hivers très doux et des étés particulièrement chauds et secs. La normale annuelle atteint même 19,5 °C à Mazara del Vallo, soit la valeur la plus élevée parmi les stations étudiées par l’ISPRA pour la période 1991-2020. L’intérieur montagneux de l’île est toutefois sensiblement plus frais, notamment sur l’Etna et les massifs du nord.

La Sardaigne possède elle aussi un climat méditerranéen très affirmé, avec des étés secs, ensoleillés et chauds. L’intérieur de l’île présente toutefois des amplitudes thermiques plus fortes que les côtes. Le sud de la Sardaigne fait partie, avec le sud de la Sicile et certaines parties des Pouilles, des régions les plus sèches d’Italie, avec seulement 400 à 600 mm de précipitations annuelles.

Les vents régionaux jouent enfin un rôle essentiel. Le mistral influence notamment la Sardaigne et la façade tyrrhénienne, tandis que la tramontane apporte un air froid et sec du nord. Le sirocco, provenant d’Afrique du Nord, peut au contraire faire brutalement grimper les températures et transporter des poussières sahariennes jusque dans le centre et le nord du pays. Sur l’Adriatique, la bora est capable de souffler violemment, notamment autour de Trieste.

Le climat italien est donc impossible à résumer par le seul terme « méditerranéen ». Le pays associe en réalité un climat alpin au nord, un climat continental humide dans la plaine du Pô, des climats montagnards sur les Apennins et un climat méditerranéen de plus en plus affirmé en descendant vers le sud et les grandes îles.

Le climat de l’Italie en chiffres

Selon les normales climatiques 1991-2020 de l’ISPRA, la température moyenne annuelle calculée à l’échelle nationale atteint environ 13,2 °C. Parmi les stations utilisées, la médiane des températures moyennes annuelles atteint 13,8 °C, avec la moitié des stations comprises entre 12 et 15,7 °C.

La température moyenne saisonnière médiane des stations se situe autour de 4,5 °C en hiver, 13,3 °C au printemps, 23,1 °C en été et 14,2 °C en automne. À l’échelle mensuelle, elle évolue autour de 3,8 °C en janvier et 23,8 °C en juillet.

Les contrastes géographiques sont considérables : la température moyenne annuelle descend à seulement 2,4 °C au Monte Faloria dans les Dolomites, tandis qu’elle atteint 19,5 °C à Mazara del Vallo en Sicile. Les zones les plus chaudes se concentrent principalement dans le Salento, le sud de la Sardaigne et la Sicile méridionale.

Pour les températures maximales, les normales mensuelles atteignent localement plus de 33 °C en juillet et août dans certaines parties des Pouilles, de la Sardaigne et de la Sicile.

La médiane des stations italiennes est d’environ 39 journées par an avec une température maximale supérieure à 30 °C, mais les écarts sont considérables : le quart des stations les plus fraîches reste sous environ 14 journées, tandis que le quart le plus chaud dépasse 54 journées.

Pour le gel, la médiane atteint environ 46 journées par an avec une température minimale inférieure à 0 °C, mais ce chiffre recouvre une opposition spectaculaire entre les régions alpines et continentales du nord et les littoraux du sud, où les gelées deviennent rares.

Les précipitations présentent également des différences considérables. La médiane annuelle des stations étudiées atteint 831 mm, avec la moitié des valeurs comprises entre environ 670 et 1 090 mm par an.

L’automne constitue globalement la saison la plus humide, avec une médiane de 278 mm, contre 218 mm en hiver, 203 mm au printemps et seulement 124 mm en été. Novembre est généralement le mois le plus pluvieux, tandis que juillet est le plus sec en dehors des Alpes et des Préalpes, où les orages estivaux sont fréquents.

Les écarts régionaux sont spectaculaires : plus de 2 000 mm par an sont enregistrés dans certaines parties des Alpes et Préalpes du Veneto et du Frioul-Vénétie Julienne, de l’Apennin tosco-émilien, de la Ligurie orientale et des Alpes apuanes. À l’opposé, certaines parties du sud de la Sicile, des Pouilles et du sud de la Sardaigne ne reçoivent que 400 à 600 mm par an.

Avec des températures moyennes annuelles allant d’environ 2 à près de 20 °C, des précipitations comprises localement entre moins de 500 et plus de 2 000 mm par an et des régimes allant du climat alpin au climat méditerranéen sec, l’Italie possède ainsi l’une des plus fortes diversités climatiques d’Europe occidentale.