Marine Le Pen veut remplacer MaPrimeRénov’ par un prêt à taux zéro et assouplir le DPE
Dans son discours de rentrée prononcé le 13 septembre 2026 à Hénin-Beaumont, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen a proposé de supprimer MaPrimeRénov’ et de rendre le diagnostic de performance énergétique (DPE) non contraignant. Ces annonces relancent le débat sur l’avenir des aides à la rénovation énergétique, alors que la présidentielle approche et que le budget 2027 du secteur reste incertain. BFM Business a détaillé ces propositions le 19 septembre 2026.
Ce que propose Marine Le Pen
La candidate souhaite remplacer le guichet MaPrimeRénov’, qu’elle juge « complexe, coûteux et source de fraudes », par un dispositif baptisé « 100% Rénov' ». Il s’agirait d’un prêt à taux zéro ouvert à tous les ménages souhaitant réaliser des travaux de rénovation, électrifier leur chauffage ou installer une climatisation. Selon des précisions apportées en juin 2026 par le député Jean-Philippe Tanguy, ce plan de prêts verts serait provisionné à hauteur de 20 milliards d’euros d’ici 2030, les remboursements étant censés être couverts par les économies d’énergie générées.
Marine Le Pen veut également retirer au DPE son caractère obligatoire et opposable, tel qu’il est défini depuis la loi Climat et résilience de 2021, pour en faire un simple élément indicatif. Bruno Retailleau, candidat des Républicains, défend une mesure similaire, affirmant qu’elle permettrait de remettre sur le marché locatif plus d’un million de logements aujourd’hui exclus ou menacés d’exclusion en raison de leur classement énergétique.
Un guichet déjà remanié à de multiples reprises
Lancé en 2020 et piloté par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), MaPrimeRénov’ a connu plusieurs ajustements budgétaires et réglementaires ces dernières années. Depuis le 1er septembre 2026, il n’est plus possible de déposer un dossier pour la seule isolation des combles ou le changement de fenêtres, le dispositif se recentrant sur les rénovations globales. Le remplacement d’une chaudière par une pompe à chaleur reste éligible jusqu’à fin 2026, la suite dépendant de l’adoption du budget de l’État pour 2027.
Pour 2026, l’Anah dispose d’un budget global d’environ 4,3 à 4,6 milliards d’euros, dont 3,6 milliards fléchés vers MaPrimeRénov’, avec un objectif de 350 000 logements rénovés, dont 120 000 rénovations d’ampleur. Selon l’Anah, le dispositif a permis de rénover 2,9 millions de logements en six ans, dont 500 000 rénovations d’ampleur, pour un total de 47 milliards d’euros de travaux générés, principalement au bénéfice de ménages aux revenus modestes et intermédiaires.
Les limites du prêt à taux zéro évoquées par les professionnels
Un prêt à taux zéro pour la rénovation existe déjà en France sous la forme de l’éco-PTZ, distribué par certaines banques, notamment mutualistes, avec prise en charge des intérêts par l’État. En 2025, plus de 126 000 éco-PTZ ont été accordés, en hausse de 11 %, représentant 2 milliards d’euros selon la Société de gestion du Fonds de garantie de l’accession sociale à la propriété (Fgas).
Selon Audrey Zermati, porte-parole de la société Effy, ce type de prêt s’adresse aujourd’hui surtout à des ménages jugés solvables par les banques, qui peuvent aussi orienter leurs clients vers des prêts à la consommation jugés plus rentables. Un remplacement intégral de MaPrimeRénov’ par un prêt à taux zéro risquerait donc d’exclure certains profils actuellement éligibles aux aides directes. Loïc Cantin, président de la Fédération nationale de l’immobilier, souligne par ailleurs que le secteur a surtout besoin de stabilité réglementaire, les délais d’instruction des dossiers atteignant déjà six mois en moyenne, voire plus d’un an dans certains départements.
Rénovation énergétique : aides et obligations à connaître en 2026
Entre MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) et le calendrier d’interdiction de location des logements les plus énergivores, plusieurs dispositifs accompagnent ou imposent la rénovation énergétique des logements.
Le dispositif reste accessible en 2026, sous conditions liées notamment aux revenus du ménage, au logement et à la nature des travaux engagés.
L’éco-prêt à taux zéro permet de financer certains travaux de rénovation énergétique sans intérêts à la charge de l’emprunteur, auprès des établissements financiers qui le distribuent.
Le calendrier actuel prévoit une exclusion progressive de la location des logements les moins performants sur le plan énergétique.
Des plafonds de ressources qui dépendent du ménage
Les plafonds de ressources de MaPrimeRénov’ varient selon le nombre de personnes composant le ménage, sa localisation et la catégorie de revenus considérée. Les montants ci-dessus correspondent aux seuils indiqués pour certaines catégories de ménages hors Île-de-France.
| Dispositif | Situation en 2026 | À quoi sert-il ? |
|---|---|---|
| 💶 MaPrimeRénov’ | Accessible sous conditions | Aide financière destinée à certains travaux de rénovation énergétique, avec des conditions et montants variables selon le projet et le ménage. |
| 🏦 Éco-PTZ | Prêt à taux zéro | Permet de financer des travaux éligibles sans supporter les intérêts du prêt. |
| 🏚️ Logements classés G | Depuis 2025 | Les logements classés G sont concernés par l’interdiction de location prévue par le calendrier réglementaire, sous réserve des situations particulières prévues par les textes. |
| 🏠 Logements classés F | À partir de 2028 | Leur exclusion de la location est prévue à compter de 2028 selon le calendrier actuellement en vigueur. |
En métropole, la loi prévoit un relèvement progressif du niveau minimal de performance énergétique exigé pour louer un logement.
Il n’existe pas un plafond de revenus unique pour MaPrimeRénov’. Les seuils dépendent notamment de la composition du foyer, de la localisation et de la catégorie de ressources. De même, l’éligibilité et le montant de l’aide dépendent du parcours de rénovation et des travaux réalisés.
En 2026, les propriétaires peuvent encore mobiliser plusieurs outils pour financer une rénovation énergétique, notamment MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ. Pour les propriétaires bailleurs, l’enjeu devient également réglementaire : après les logements classés G, les logements classés F sont concernés à partir de 2028 par le calendrier actuel des critères de décence énergétique.
À retenir
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Marine Le Pen propose de remplacer MaPrimeRénov’ par un prêt à taux zéro nommé « 100% Rénov' », chiffré à 20 milliards d’euros d’ici 2030 selon le RN.
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Elle souhaite aussi rendre le DPE non contraignant, une mesure partagée par Bruno Retailleau (LR).
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MaPrimeRénov’ a financé 2,9 millions de rénovations depuis 2020, mais souffre d’un effet « stop & go » dénoncé par les professionnels.
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L’éco-PTZ, prêt à taux zéro déjà existant, profite surtout aux ménages jugés solvables par les banques.
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Le budget 2027 du secteur reste suspendu à l’adoption de la loi de finances.
Retrouvez d’autres analyses sur les politiques du logement et de la rénovation énergétique dans nos prochains articles.
Sources
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BFM Business, Emma Rodot, 19 septembre 2026
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20 Minutes, 13 septembre 2026
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Batiweb, 14 septembre 2026
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Batirama, 14 septembre 2026
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Agence nationale de l’habitat (Anah), communiqué du 16 décembre 2025 et guide des aides financières 2026




