Indonésie :
la sécheresse fait ressurgir des dizaines de tombes englouties depuis 1981 dans un lac artificiel
À Wonogiri, dans le centre de l’île de Java, en Indonésie, la sécheresse qui touche la région depuis plusieurs mois a fait chuter le niveau du réservoir de Gajah Mungkur. Selon plusieurs médias indonésiens, dont Kompas et CNN Indonesia, qui ont relayé l’information entre le 10 et le 13 septembre 2026, des dizaines de tombes anciennes, submergées depuis la construction du barrage à la fin des années 1970, réapparaissent progressivement à la surface du lit asséché.
Un phénomène lié à la construction du barrage
Le réservoir de Gajah Mungkur a été construit entre 1976 et 1981 pour réguler les crues du fleuve Bengawan Solo, alimenter l’irrigation et produire de l’hydroélectricité. Il a été officiellement inauguré le 17 novembre 1981 par le président indonésien de l’époque, Soeharto. Sa mise en eau a recouvert environ 8 800 hectares de terres, selon les données reprises par plusieurs sources dont Wikipédia et les archives officielles de Wonogiri.
Cette submersion a contraint au déplacement d’environ 51 villages répartis sur six à sept districts, selon les sources. Le nombre d’habitants concernés varie légèrement selon les documents consultés : certaines études universitaires évoquent près de 68 750 personnes, tandis que d’autres relevés officiels mentionnent des chiffres compris entre 41 000 et 67 500 habitants. Une partie de cette population a ensuite été réinstallée à Sumatra dans le cadre d’un programme de transmigration appelé bedhol desa, littéralement l’arrachement d’un village.
Ce que montrent les observations locales sur le terrain
D’après les reportages de Kompas publiés les 12 et 13 septembre 2026, les tombes qui réapparaissent sont principalement des structures en pierre calcaire appelées kijing, situées notamment dans le secteur du village de Kenteng, district de Wuryantoro. Selon le chef du district, Soemardjono Fadjari, cité par plusieurs médias, ce phénomène de résurgence des tombes lors des saisons sèches se répète presque chaque année, mais son ampleur dépend directement de l’intensité de la sécheresse. Selon les autorités locales, la visibilité des sépultures devrait se poursuivre jusqu’en octobre ou novembre, avant le retour espéré des pluies de mousson.
Les limites et nuances à connaître
Ce phénomène n’est pas inédit : des apparitions similaires ont déjà été documentées lors des sécheresses de 2023, rapportées notamment par Kompas et Suara.com. Les habitants locaux profitent de cette période pour se recueillir sur les tombes de leurs aïeux, mais aussi, selon les témoignages recueillis par la presse indonésienne, pour pêcher ou se photographier sur le lit du lac, ce qui traduit un rapport ambivalent entre mémoire familiale et attrait touristique. Les chiffres de population déplacée à l’époque de la construction du barrage divergent selon les sources consultées, sans qu’un chiffre unique ne fasse consensus.
À retenir
La baisse du niveau du réservoir de Gajah Mungkur, à Wonogiri sur l’île de Java, fait réapparaître des vestiges de villages engloutis lors de la construction du barrage à la fin des années 1970.
Le réservoir de Gajah Mungkur, à Wonogiri, a été construit entre 1976 et 1981 et inauguré en novembre 1981.
La baisse actuelle du niveau de l’eau a fait réapparaître des dizaines de tombes anciennes, localement appelées kijing.
Lors de la mise en eau du réservoir, environ 51 villages ont été submergés, entraînant le déplacement de dizaines de milliers d’habitants.
La réapparition de ces vestiges est un phénomène récurrent lorsque le niveau du réservoir baisse fortement. La situation pourrait se prolonger jusqu’en octobre ou novembre 2026.
Les chiffres concernant les habitants déplacés diffèrent selon les sources : les estimations vont d’environ 41 000 à 68 750 personnes.
La sécheresse ne révèle pas seulement les effets actuels du manque d’eau : elle fait également ressurgir une partie de l’histoire du territoire. À Gajah Mungkur, la baisse du réservoir met de nouveau au jour des tombes et traces d’anciens villages déplacés lors de la construction du barrage.
Les estimations concernant le nombre exact de personnes déplacées lors de la création du réservoir ne sont pas identiques selon les sources. Il est donc préférable de conserver une fourchette plutôt qu’un chiffre unique.
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