Les 110 monuments nationaux fortement exposés aux risques climatiques d'ici 2050

Le 20 septembre 2026 à 9h303,3 min

Les 110 monuments nationaux fortement exposés aux risques climatiques d’ici 2050

Tous les 110 sites gérés par le Centre des monuments nationaux (CMN) seront fortement exposés à plusieurs aléas climatiques d’ici 2050, selon une étude inédite rendue publique le 18 septembre 2026. Cette synthèse de dix pages, consultée par l’AFP, détaille les vulnérabilités du patrimoine français dans un scénario de réchauffement de 2,7°C.

Ce que révèle l’étude du Centre des monuments nationaux

L’établissement public, qui regroupe 110 sites à travers la France, a mené pour la première fois une analyse exhaustive à cette échelle. « C’est la première fois qu’on mène une étude exhaustive à cette échelle », explique Abla Benmiloud-Faucher, cheffe de mission au CMN.

Les principaux chiffres avancés pour 2050 :

  • 100% des sites seront fortement exposés aux aléas liés à la chaleur et à l’eau

  • 80% des sites seront exposés pendant plus de 30 jours à des conditions favorables aux incendies

  • 52% des sites seront sujets moyennement ou fortement au retrait-gonflement des argiles, qui peuvent fragiliser les fondations des édifice

  • Deux semaines supplémentaires de jours de fortes chaleurs, avec une température maximale supérieure à 30°C

  • 7% de précipitations estivales en moins

  • Huit sites seront exposés aux aléas littoraux, dont la maison de Georges Clémenceau en Vendée, qui risque d’être totalement engloutie par l’océan en 2120

Des risques concrets pour le patrimoine et les visiteurs

Le château d’Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire) est déjà vulnérable aux inondations, illustre l’étude. Au-delà de la dégradation du patrimoine, le risque est aussi humain, comme lors des canicules qui présentent un risque pour les visiteurs et les agents, souligne la responsable du CMN.

L’analyse montre que la totalité du réseau sera fortement exposée aux aléas liés à la chaleur et à l’eau, avec notamment deux semaines supplémentaires de jours à plus de 30°C par an, deux fois plus de jours propices aux incendies et 7% de précipitations estivales en moins. D’autres aléas, comme le retrait-gonflement des argiles ou l’élévation du niveau de la mer, concernent moins de monuments mais peuvent avoir des conséquences majeures et potentiellement irréversibles.

Les limites et nuances à connaître

L’étude ne se veut pas alarmiste mais constitue une base pour analyser ensuite la vulnérabilité de chaque site aux aléas climatiques et prévoir des actions d’adaptation. Elle repose sur un scénario de réchauffement de 2,7°C, qui correspond aux trajectoires actuelles des politiques climatiques mondiales, et non à l’objectif de 1,5°C ou 2°C de l’Accord de Paris.

La synthèse de dix pages doit être prochainement publiée dans son intégralité par le Centre des monuments nationaux. Les données présentées proviennent d’une consultation par l’AFP et de communications du CMN à l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2026, qui se tiennent sous le thème « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ».

Les actions d’adaptation déjà engagées

Avant l’été 2025, l’établissement public avait adopté un plan fortes chaleurs prévoyant le déploiement d’ombrières, davantage de végétalisations et de fontaines à eau. « 80% de nos monuments ont des jardins ou des parcs qui sont des refuges de biodiversité », rappelle Mme Benmiloud-Faucher.

D’autres actions innovantes devront être trouvées à horizon 2030 selon l’étude. La question de l’adaptation du patrimoine au réchauffement climatique est aussi au cœur des Journées européennes du patrimoine, qui se tiennent samedi et dimanche.

L’idée est de faire prendre conscience des problèmes auxquels on est confrontés et auxquels on sera encore plus confrontés à l’avenir, justifie Pascal Mignerey, responsable auprès de la direction générale des patrimoines et de l’architecture du ministère de la Culture.

🏛️ PATRIMOINE • CLIMAT • FRANCE

À retenir : le patrimoine français face au changement climatique

Les sites gérés par le Centre des monuments nationaux devront faire face à une multiplication des risques climatiques : fortes chaleurs, incendies, retrait-gonflement des argiles ou encore montée du niveau de la mer.

100 % des 110 sites concernés fortement exposés à plusieurs aléas climatiques à l’horizon 2050
🔥 80 % des sites exposés à plus de 30 jours favorables aux incendies
🏚️ 52 % exposés au retrait-gonflement des argiles
🌊 8 sites littoraux particulièrement menacés
🌡️
100 % des sites concernés à l’horizon 2050

Les 110 sites du Centre des monuments nationaux seraient fortement exposés à plusieurs aléas climatiques d’ici le milieu du siècle.

🔥
80 % des sites davantage exposés au risque d’incendie

Une grande majorité pourrait connaître plus de 30 jours par an présentant des conditions favorables aux incendies.

🏚️
52 % concernés par le retrait-gonflement des argiles

Les variations d’humidité des sols argileux peuvent provoquer des mouvements de terrain susceptibles d’affecter les fondations et les structures des bâtiments.

🌊
Huit sites littoraux particulièrement menacés

Parmi eux figure notamment la maison de Clemenceau, qui pourrait être directement menacée par la montée du niveau marin à l’horizon 2120.

☀️
Un plan fortes chaleurs déjà engagé

Un dispositif spécifique a été adopté avant l’été 2025. De nouvelles solutions d’adaptation et des actions innovantes sont attendues à l’horizon 2030.

Risque climatique Chiffre clé Conséquence principale
🌡️ Multi-exposition climatique 100 % Les 110 sites seraient fortement exposés à plusieurs aléas climatiques en 2050.
🔥 Incendies 80 % Plus de 30 jours par an favorables aux incendies pour une large majorité des sites.
🏚️ Retrait-gonflement des argiles 52 % Risque de fissures, mouvements du bâti et fragilisation des fondations.
🌊 Montée du niveau marin 8 sites Certains monuments littoraux pourraient être directement menacés à long terme.
☀️ Fortes chaleurs Plan 2025 Adaptation des conditions d’accueil, de conservation et de gestion des monuments.
2025 Plan fortes chaleurs premières mesures d’adaptation
2030 Nouvelles solutions actions innovantes attendues
2050 Forte exposition aux différents aléas climatiques
2120 Menace littorale pour certains sites côtiers
🌊
Un patrimoine littoral particulièrement vulnérable

L’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière et les submersions marines peuvent progressivement menacer certains monuments situés à proximité immédiate du littoral. La maison de Clemenceau fait partie des sites cités parmi les plus exposés à long terme.

💡 À retenir

L’adaptation du patrimoine historique au changement climatique ne concerne plus seulement les fortes chaleurs. Incendies, sécheresse des sols, mouvements des argiles, érosion et montée du niveau marin représentent désormais des enjeux majeurs pour la conservation des monuments français.

 

 

 

 

 

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