Archives météorologiques

Chroniques médiévales

Les grands hivers
de 763 à 1400

Plus de six siècles de froids remarquables, de fleuves gelés, de grandes crues et d’anomalies saisonnières rapportés par les chroniqueurs.

Les hivers du Moyen Âge à travers les chroniques

Avant les relevés instrumentaux, les événements météorologiques étaient décrits par leurs conséquences : cours d’eau gelés, ponts emportés, récoltes détruites, famines ou floraisons inhabituelles. Les événements ci-dessous ont été classés et leur orthographe harmonisée.

Froid remarquable Pluies et crues Douceur hivernale Anomalie saisonnière
Haut Moyen Âge

Des Carolingiens à l’an Mil

Froid remarquable

Hiver très rigoureux, du début d’octobre 763 à la fin de février 764. La mer aurait gelé sur certaines côtes et les chroniques évoquent localement jusqu’à dix mètres de neige. Les oliviers, les figuiers et les semences furent durement touchés. La Seine à Paris et la Somme à Amiens auraient été prises par les glaces ; une grave famine suivit.

Froid remarquable

Cet hiver aurait commencé tôt en Belgique comme ce fut en octobre et il a été si rigoureux que la mer gela sur nos côtes.

Froid remarquable

Hiver très rigoureux

Pluies et crues

Charlemagne ordonna d'édifier des levées sur les bords de la Loire depuis Roanne pour essayer de vaincre le fléau des inondations causées par le fleuve

Froid remarquable

Hiver froid en Provence. Les vignes souffrirent beaucoup dans ce pays et les troupeaux périrent dans les étables. L'hiver fut si rigoureux dans les Gaules par l'abondance de la glace et de la neige que oiseaux et autres bêtes se laissèrent prendre à la main

Hiver doux

L'hiver fut tellement doux qu'une peste s'ensuivit

Froid remarquable

Hiver très rigoureux (Oise)

Froid remarquable

Hiver froid. Les gelées commencèrent le 11 novembre 802 et durèrent jusqu’au 12 mars 803

Hiver doux

Cette année, l'hiver fut très "mou" et très pernicieux. On fut affligé à sa suite d'inondations terribles

Pluies et crues

Le 28 décembre 809 il y eut une inondation qui surpassa toutes les inondations connues (Loire et Bourgogne). Elle emporta les moissons des champs riverains et força les habitants des bords de rivières à chercher un refuge sur les hauteurs. L'abondance des pluies en fut la cause.

Froid remarquable

L’hiver parut très rude et se prolongea jusqu'à la fin mars

Pluies et crues

Inondation du Rhin

Pluies et crues

La Seine déborde à Tournan

Pluies et crues

la Seine déborda; Il y eut des inondations funestes (Viravais). Des pluies continuelles gâtèrent les fruits de la terre et ne leur permirent pas de venir à maturation; les grains pourrirent dans les champs, les semailles ne purent se faire : famine et peste

Froid remarquable

Le Danube, le Rhin, l'Elbe, la Seine, le Rhône et l'Escaut, gelèrent assez solidement pour porter des chariots chargés. Il est dit que la Seine « fut enchaînée par une glace d’une extrême solidité, pendant trente jours et plus, des chariots pesamment chargés la franchirent aussi sûrement qu’ils auraient pu faire sur des ponts. »

Froid remarquable

Les grands fleuves d’Europe, notamment la Seine, l’Elbe et le Danube, furent pris par les glaces pendant plus d’un mois et purent être traversés à cheval ou avec des charrettes. De fortes pluies suivirent : les récoltes furent perdues, les rivières débordèrent et la débâcle causa d’importants dégâts sur le Rhin, la Seine et l’Yonne, emportant moulins, ponts et maisons riveraines.

Froid remarquable

L'hiver est plus rigoureux que d'ordinaire dans les Gaules, et de longue durée. Beaucoup d'animaux et même des hommes succombent sous l'excès du froid. Une épidémie consécutive emporte une multitude des deux sexes et de tout âge

Froid remarquable

Hiver très rude, dans la région du Nord

Pluies et crues

Crue de la Seine qui coïncida avec le voyage de Louis le Débonnaire à l'Abbaye de Saint Denis.

Pluies et crues

Il y eut un grand débordement de la Seine qui arrêta sur ses bords Pépin.

Anomalie saisonnière

L'hiver fut très pluvieux et venteux; le tonnerre se fit entendre depuis le mois de janvier jusqu'au milieu de février ainsi qu'en mars; l'ardeur extrême du soleil dessécha la terre

Froid remarquable

L'hiver ne fut ni moins intense, que ni moins durable (région du Nord). Inondation de la Seine. Auxerre et Troyes furent inondées par la crue de l'Yonne et de la Seine

Froid remarquable

Hiver froid et long; cette année l'hiver fut très froid, et très long, et surtout fécond en maladies et très funeste à l'agriculture, au bétail et aux abeilles

Hiver doux

L'hiver fut extrêmement doux et pluvieux jusqu'au commencement de février, il y eut quelques intervalles de beau temps

Froid remarquable

L'hiver fut très rigoureux (Nord, Normandie)

Froid remarquable

Pendant tout l'hiver et jusqu'en mai, vent du nord très nuisible aux céréales et aux vignobles. L 'Yonne et la Seine sortent à nouveau de leurs berges; Troyes est inondée

Froid remarquable

Hiver très rude. La Seine est gelée de sorte que le peuple y passe comme sur un pont vers le 6 janvier 849

Froid remarquable

L'hiver est extrêmement rigoureux et très sec; une violente épidémie emporte beaucoup de monde

Froid remarquable

Hiver très rude et très long, de novembre à avril, avec d’abondantes chutes de neige et de fortes gelées. Les semences et les vignes furent détruites, le vin gela dans les récipients et les rivières furent entièrement prises. Une forte mortalité humaine et animale précéda une terrible famine. Le Rhône aurait gelé près d’Arles ; l’estimation ancienne de −18 °C doit être considérée avec prudence.

Froid remarquable

Hiver très rigoureux, le Rhône gela

Pluies et crues

Le 6 février 866 Il y eut une inondation de la Seine. Première crue, chute du Petit Pont. En mars, deuxième crue.

Pluies et crues

Les fleuves, enflés par des pluies incessantes, débordent

Froid remarquable

Hiver froid

Froid remarquable

Du commencement du mois de septembre jusqu'à la fin de mars l'hiver dans les Gaules a été très long et très rempli de gelées et de neige. La neige tomba en telle quantité que les forêts étaient devenues inaccessibles et que le peuple ne pouvait se procurer du bois. La terre demeura ensevelie pendant cinq mois et les effets de l'hiver furent désastreux. Les animaux domestiques, l'espèce chevaline surtout, succombèrent en grand nombre, et beaucoup de personnes périrent de froid. La famine et l'épidémie qui succédèrent à ces frimas enlevèrent presque le tiers de la population. Le Rhin et la Meuse restèrent gelés pendant longtemps et praticables aux piétons. En février, plusieurs chutes de neige dont la hauteur atteignit 15 pieds dans le Morvan et sur les hautes collines de la Bourgogne, produisirent au dégel une inondation violente et dangereuse. Ponts et moulins furent détruits, avec morts d'hommes.

Froid remarquable

Hiver froid et prolongé. La terre, resserrée au printemps par une très forte gelée, ne se couvrit pas de pâturages, et le froid et la famine de cette année vinrent mettre le comble aux maux déjà produits par la stérilité de l'année précédente. Le Rhin et la Meuse furent, pendant longtemps, traversés sur la glace.

Pluies et crues

La Loire déborda le 6 février 886, et en mars, au moment où les Normands assiégeaient Paris, la Seine déborda et cette crue vint en aide aux défenseurs de la cité

Froid remarquable

Hiver prolongé, d'une durée insolite. Il fut accompagné d'une épidémie si violente sur les bœufs et les moutons qu'il ne resta plus guère d'animaux de cette espèce

Pluies et crues

Inondation de la Seine

Froid remarquable

Hiver rigoureux. Les vignes ont gelé (Oise). Les troupeaux périrent dans les étables faute de nourriture. La Meuse est prise

Froid remarquable

Le Rhône gèle. Le froid fut si vif que les bestiaux ont péri dans les étables (Oise). Il fut si rude et si long qu'on pu y voir en certains endroits un pied de neige durant cinq jours au mois de mars

Pluies et crues

Inondation du Rhin

Froid remarquable

Hiver très rigoureux

Froid remarquable

Hiver très rigoureux

Froid remarquable

Hiver rigoureux dans le nord de la France (plus de 10 000 morts)

Froid remarquable

Du 30-11-933 jusqu'en mars Il y eut un hiver rude. La Meuse fut gelée. "En chel an meisme fut grand yvert que Muese fut toute serée de Saint Andrier jusqu'en marche"

Froid remarquable

Hiver extrêmement rigoureux. Les récoltes manquèrent, il y eut épidémie et famine. Une grande mortalité sur l'espèce bovine.

Froid remarquable

Hiver rigoureux du début du mois de novembre jusqu'en février

Froid remarquable

L'hiver fut très long et très rude jusqu'au commencement de février

Froid remarquable

Dans les Gaules, l’hiver fut décrit comme « long, sec et dur ». Les fortes gelées commencèrent au début de novembre et se prolongèrent jusqu’au 20 mars ; de nouvelles chutes de neige survinrent encore en mai. Famine et épidémies suivirent.

Froid remarquable

L'hiver 980 eut des effets désastreux, les céréales ont été gelées ce qui causa des famines

Froid remarquable

Lors de l'hiver 981, il est tombé une grande quantité de neige qui recouvrit l'Europe entière.

Froid remarquable

Hiver rude. Les semailles d'automne avortèrent par suite du froid combiné à la sécheresse du printemps, une grande famine s'ensuivit

Froid remarquable

Hiver rude et long. Les vignes souffrirent beaucoup de la rigueur du froid. Les troupeaux périrent dans les étables, faute de nourriture. Le blé fut gelé. Il y eut famine. Lille fut gelée. La disette et la peste s'ensuivirent

Froid remarquable

Hiver très rigoureux

Anomalie saisonnière

Depuis la Saint-Jean jusqu'au 9-11-993, c'est-à-dire presque tout l'été et l'automne il fit une sécheresse et une chaleur excessives. Beaucoup de fruits ne vinrent point à maturité et furent presque brûlés par l'ardeur du soleil. Il s'ensuivit une épidémie et une grande mortalité sur les hommes et les animaux domestiques

Froid remarquable

Du 15 novembre 994 au 15 mai 995 Il y eut un Grand hiver. Même en juillet Il y eut quelques gelées

Route et campagne entièrement recouvertes de neige, sous une visibilité très réduite
Quand le froid bouleverse les sociétés médiévales Les chroniques décrivent des fleuves transformés en routes, des récoltes détruites, des famines et des déplacements interrompus.
XIᵉ–XIIIᵉ siècles

Du XIᵉ au début du XIIIᵉ siècle

Froid remarquable

Il gela du 1er décembre 1042 jusqu'au 1er mars 1043 en Normandie

Froid remarquable

L'hiver a été rigoureux.

Froid remarquable

Cet hiver a été très froid, Il gela pendant six semaines consécutives.

Froid remarquable

De fortes gelées sévirent du début de novembre au 15 avril, accompagnées d’un violent vent du nord. Fleuves et rivières furent pris par les glaces, empêchant les moulins de fonctionner. L’armée d’Henri IV, empereur d’Allemagne, souffrit alors du manque de farine et de pain.

Froid remarquable

Un des hivers les plus rude du XIème siècle, d'après les témoignages des contemporains. De très fortes gelées se produisirent du 1er novembre au 15 avril, et le Rhin, ainsi que le lac de Constance furent pris par les glaces de la Saint-Martin jusqu'à la fin mars. "cette année fut si étrangement froide que la plupart des arbres, vignes et fruitiers moururent, que les semences en furent intéressées et que la terre devint stérile pour les quelques années suivantes."

Froid remarquable

Hiver terrible en Bretagne de même qu'en Angleterre. "La mer gela dans la Manche à quelque distance des côtes, et les pierres les plus grosses se fendirent avec éclat."

Froid remarquable

Froids extraordinaires avec chutes de neige abondantes en France, Allemagne et Italie. "Dans les rivières, la glace était si épaisse et si solide qu'elle supportait les voitures chargées; les chevaux circulaient sur le Rhin comme sur la terre ferme. Ces intempéries se prolongèrent tellement que les arbres ne prirent leurs feuilles qu'en mai."

Froid remarquable

Hiver très rigoureux dans le Nord de la France, où, sur les côtes, les eaux de la mer étaient gelées jusqu'à trois milles du rivage. Dura du début de décembre jusqu'à la fin de février.

Froid remarquable

En Bretagne et dans le Nord-ouest de la France, "grand hiver de la mi-janvier à la mi-mars."

Froid remarquable

Dans le centre de la France, l'hiver fut si rude et si long que par trois fois la Loire, la Seine et la Vienne se trouvèrent suffisamment gelées pour qu'elles puissent être traversées sur la glace."

Froid remarquable

Hiver rigoureux depuis la Saint-Denis (9 octobre) jusqu'à la Saint-Marc (25 avril), avec fortes tempêtes ayant abattu, en Normandie, plusieurs clochers d'églises.

Froid remarquable

Hiver très rigoureux dans l'extrême Est de la France et en Italie. Le Rhône et le lac de Zurich furent congelés. Des voitures chargées purent arriver de la terre ferme jusqu'à Venise en passant sur la glace.

Froid remarquable

Toutes les rivières furent prises par la glace, dont la débâcle entraîna la chute des ponts de Saumur et de Tours.

Fin du Moyen Âge

Du XIIIᵉ au XIVᵉ siècle

Froid remarquable

Hiver très froid mais de courte durée, avec chutes de neige abondantes dans l'Est. A Parme, le sol resta couvert de neige de décembre 1275 à avril 1276.

Froid remarquable

En Alsace, le mois de février 1292 fut remarquablement froid. Le Rhin gela à Brisach, où les chevaux et voitures pouvaient le traverser sur la glace.

Froid remarquable

en décembre 1302, froids exceptionnels dans l'Est et le sud-est du pays, surtout vifs du 26 décembre au 6 janvier. Le Doubs, le Rhin et le Rhône furent gelés."En leurs lits, on trouvait mort les gens par angoisse de froid."

Froid remarquable

Froids très vifs du 15 décembre au 25 janvier, et du 15 février à la fin de mars. Tous les grands fleuves furent pris par les glaces.

Froid remarquable

L'hiver se montra si rigoureux en France, en Allemagne et en Angleterre, depuis le début de décembre 1315 jusqu'à Pâques 1316, qu'il provoqua une famine générale. "On était obligé, lit-on dans l'Histoire d'Angleterre de Rapin de Thoyras, de cacher les enfants avec un soin extrême, si on ne voulait les exposer à être dérobés pour servir d'aliments aux larrons."

Froid remarquable

La partie occidentale de la mer Baltique fut couverte de glaces du début de février au 15 mars. En février, il tomba beaucoup de neige en France. Certains auteurs prétendent que la mer Adriatique fut également gelée.

Froid remarquable

Hiver très rigoureux dans le Nord de la France. La Seine gela deux fois, et au cours de la débâcle, les ponts de bois de Paris furent emportés.

Froid remarquable

Les contemporains affirment qu'il tomba au cours de cet hiver des quantités prodigieuses de neige comme on n'en avait encore jamais vues, surtout en Italie, en Belgique et en Angleterre.

Froid remarquable

Dans le centre et le midi de la France, l'hiver fut très long et ne se termina qu'à la fin de mars : à Paris, on compta 14 semaines consécutives de fortes gelées durant lesquelles le sol resta couvert de neige. Le lac de Zurich, le Rhône et le Rhin furent gelés jusqu'à une grande profondeur. La Loire étant gelée "la ville de Tours employa 38 hommes pour rompre les glaces de la Loire afin d'empêcher les assiégeants de passer."

Source et précautions

  1. Marcel Garnier, Climatologie de la France : sélection de données statistiques, Mémorial de la Météorologie nationale, n° 50, Direction de la Météorologie nationale, 1967.
  2. Les répétitions ont été fusionnées et les coquilles manifestes corrigées. Les récits extraordinaires sont conservés au conditionnel lorsqu’ils ne peuvent pas être assimilés à des observations mesurées.