Chronique météorologique
La vague de froid de janvier 1987 en France
Du 8 au 24 janvier, un puissant flux continental plonge la France dans l’une des vagues de froid les plus sévères de l’après-guerre.
Un épisode majeur de l’après-guerre
Sur une grande partie de la France, janvier 1987 figure parmi les mois de janvier les plus froids observés depuis la Seconde Guerre mondiale. L’épisode principal se classe derrière février 1956 et janvier 1985 pour son intensité nationale. À l’échelle locale, le mois atteint parfois le premier rang, notamment dans plusieurs stations du Centre, de l’Ouest et du Sud-Ouest. De nombreux records de froid diurne sont battus ou égalés.
Les trois vagues les plus intenses depuis 1947
Le déroulement de la vague de froid
Un anticyclone se centre sur les îles Britanniques. Le flux s’oriente au nord et commence à acheminer une masse d’air de plus en plus froide vers la France.
Le début officiel de la vague de froid est identifié à l’échelle nationale. Les premières journées sans dégel concernent surtout le Nord-Est.
Le froid s’intensifie brutalement. Entre des pressions dépassant 1 045 hPa sur la Scandinavie et une dépression glissant de l’Italie vers les Balkans, un flux de nord-est continental envahit le pays.
L’indicateur thermique national tombe à −9 °C. Les températures passent sous −20 °C en plaine dans l’Est. L’après-midi, une grande partie du pays demeure profondément sous zéro.
L’indicateur national des températures maximales reste négatif pendant onze jours consécutifs. La majeure partie de la France ne connaît aucun dégel.
La vague de froid prend fin à l’échelle nationale, même si des sols enneigés, du verglas et des gelées persistent encore localement.
Températures du 12 janvier 1987
| Station | Minimum | Maximum | Observation |
|---|---|---|---|
| Bâle-Mulhouse | −22,1 °C | −12,1 °C | Froid extrême en plaine |
| Luxeuil | −21,3 °C | — | Sous la barre des −20 °C |
| Clermont-Ferrand | −15,4 °C | — | Gel très sévère |
| Lyon-Bron | −13,5 °C | −10,7 °C | Journée exceptionnellement froide |
| Lille | −13,3 °C | — | Forte gelée |
| Paris-Montsouris | −12,1 °C | −8,0 °C | Aucun dégel |
| Rennes | −11,2 °C | −7,5 °C | Froid exceptionnel pour l’Ouest |
| Toulouse | −11,1 °C | — | Gel sévère jusque dans le Sud-Ouest |
| Bordeaux | −10,8 °C | — | Forte gelée en Aquitaine |
| Marseille-Marignane | −10,1 °C | — | Froid remarquable près de la Méditerranée |
Records absolus encore associés à l’épisode
Températures minimales
Nancy-Ochey : −19,1 °C ; Mende : −20,3 °C ; Saint-Brieuc : −11,3 °C ; Quimper : −10,1 °C ; Angers-Beaucouzé : −15,4 °C ; Niort : −16,0 °C ; Saint-Girons : −18,7 °C.
Températures maximales
Colmar-Meyenheim : −13,6 °C ; Langres : −14,9 °C ; Caen : −7,3 °C ; Brest : −5,1 °C ; Angers-Beaucouzé : −8,2 °C ; Cognac : −8,8 °C ; Mont-de-Marsan : −6,2 °C.
Un nombre exceptionnel de journées sans dégel
Paris-Montsouris : un mois historique
Dans la série continue de Paris-Montsouris, commencée en 1873, janvier 1987 affiche une température moyenne d’environ −1,1 °C. Il se place alors parmi les cinq mois de janvier les plus froids de la série, derrière janvier 1940 et janvier 1963, tous deux proches de −2 °C, janvier 1945 et janvier 1881. La capitale reçoit également environ 15 cm de neige au cours de l’épisode.
Quelques hivers historiques en France
Un froid durable affecte l’Europe occidentale ; les chroniques rapportent le gel des côtes et de nombreux cours d’eau.
Le « Grand Hiver » provoque le gel de nombreux fleuves jusqu’à leur embouchure et une crise agricole majeure.
De très fortes chutes de neige sont rapportées dans les Alpes et l’Est de la France.
La Seine gèle entièrement pendant une séquence hivernale particulièrement rigoureuse.
La Seine reste encombrée de glace pendant plusieurs semaines ; des feux publics sont allumés à Paris.
L’hiver précédant la Révolution est marqué par de longues gelées, des fleuves pris par les glaces et de graves difficultés d’approvisionnement.
Les fleuves et de nombreux lacs gèlent ; la neige atteint des hauteurs exceptionnelles en Normandie.
L’un des hivers les plus rigoureux du XIXe siècle : longues périodes de gel, Seine prise par les glaces et transports fortement perturbés.
Un hiver exceptionnel par sa durée, avec un froid intense de décembre à février sur une grande partie de l’Europe.
La vague de froid de janvier 1985 demeure la deuxième plus intense observée en France depuis 1947.
Repères documentaires
La chronologie, le classement national et les records de stations sont établis à partir du dossier Météo-France consacré à janvier 1987. La hauteur de neige à Paris est également confirmée par Météo-France.
