Le 24 février 2024 à 18h474,9 min

En français O.N.A. : Oscillation nord atlantique.

L’oscillation nord atlantique (ou North Atlantic Oscillation en anglais, d’où le sigle NAO), c’est un phénomène atmosphérique et océanique, qui concerne principalement l’Atlantique Nord. On parle d’oscillation parce qu’il y a un va-et-vient, dans la direction nord-sud, d’air au-dessus des régions arctiques et islandaises vers la ceinture subtropicale près des Açores et de la péninsule ibérique. Ce va-et-vient de masse a pour conséquences : des changements de la pression au sol (donc de l’intensité et de la position de l’anticyclone des Açores et des dépressions d’Islande et de Sibérie), de telle façon que quand la pression est plus élevée dans la ceinture subtropicale, elle est moins élevée au pôle, et réciproquement (comme un balancier) des variations des vents d’ouest moyens des influences sur le climat (températures, précipitations) tout autour du bassin atlantique, et tout particulièrement sur l’Europe. L’oscillation nord atlantique est souvent caractérisée par un indice, l’indice NAO.

Un indice pour l’Oscillation Nord-atlantique

L’indice de l’oscillation nord-atlantique est calculé chaque année à partir de la différence de pression entre Lisbonne (Portugal) et Reykjavik (Islande), en prenant l’anomalie de pression (écart à la moyenne), moyennée de janvier à mars et normalisée (c’est-à-dire divisée par l’écart-type de la pression calculé sur une longue période).

(Source : Climatic Research Unit, University of East Anglia, UK)

La figure représente les valeurs annuelles de l’indice NAO depuis 1830 (barres rouges ou bleues), ainsi qu’une moyenne glissante de l’indice sur plusieurs années (trait noir épais). Les époques où l’indice moyen est supérieur à la moyenne de l’indice sur toute la période sont colorées en rouge (phase positive de la NAO), alors que les époques où l’indice moyen est inférieur à la moyenne sont colorées en bleu (phase négative de la NAO).

Les plus grandes variations de l’indice ont lieu d’une année à l’autre, surtout à la fin du 19ème siècle par exemple. Néanmoins on observe clairement des périodes de plusieurs années où l’indice moyen est plutôt positif (1980-1998), et d’autres où il est plutôt négatif (1955-1974).

L’augmentation de l’indice NAO à partir de 1989-1990 a été provoqué par un déplacement net de masses d’air originaires des régions arctiques et islandaises vers la ceinture subtropicale près des Açores et de la péninsule ibérique, et ont eu pour effet de renforcer les vents d’ouest au-dessus de l’océan Atlantique Nord. Des vents d’ouest plus forts apportent un air humide plus chaud au-dessus du continent européen et provoquent des hivers maritimes plus doux.
Les valeurs négatives de l’indice de 1960 jusqu’en 1969 ont été associées à des vents d’ouest moyens plus faibles au-dessus de l’océan Atlantique Nord et à des hivers européens plus froids que la normale.
Les variations des vents d’ouest au-dessus de l’Atlantique Nord sont également connues pour jouer un rôle important en contrôlant les écosystèmes océaniques et les stocks halieutiques (de poissons) de l’Atlantique Nord.

 

La carte de la phase positive de la NAO est obtenue en faisant la moyenne des cartes de la pression au niveau de la mer pour les années où l’indice NAO est positif.
Quand l’indice est positif, cela signifie qu’au cours de l’hiver, la pression est plus élevée que la moyenne à Lisbonne, et plus faible que la moyenne en Islande. Par conséquent, l’anticyclone des Açores (H) est plus fort que la normale, alors que la dépression d’Islande (L) est plus creuse.
Dans ces conditions, les vents d’ouest à sud-ouest entre les deux systèmes sont relativement forts : tempêtes et coups de vent sont plus fréquents et plus violents sur l’Europe septentrionale, affectant également la moitié nord de la France (indiqué par MORE STORMS sur la carte). En contrepartie, ces régions bénéficient d’une grande douceur apportée par les masses d’air océaniques, mais aussi de précipitations accrues (WET sur la carte). Quant à la moitié sud de la France, elle est à l’image du monde méditerranéen : temps sec et doux (DRY sur la carte).
Sur le nord du Canada et le Groenland, les hivers sont plutôt froids et secs, alors qu’à l’est des États-Unis, ils sont plutôt doux et humides.

Globe illustrant l'oscillation nord-atlantique.

 

 

Carte météorologique dynamique de l'Atlantique Nord.

La carte de la phase négative de la NAO est obtenue en faisant la moyenne des cartes de la pression au niveau de la mer pour les années où l’indice NAO est négatif.
Un indice négatif signifie que la pression associée à l’anticyclone des Açores (H) est plus faible que sa valeur normale d’hiver, alors que la dépression d’Islande (L) est à peine plus creuse. Par conséquent, les vents d’ouest ne sont pas très forts et les tempêtes sont rares (indiqué par FEWER STORMS sur la carte).

De plus, les perturbations circulent plus au sud et s’engouffrent en Méditerranée, apportant la pluie sur ses rivages (indiqué par WET sur la carte). Quant au nord de l’Europe (dont la moitié nord de la France), il passe sous l’influence de l’anticyclone de Sibérie : l’hiver est sec mais froid (indiqué par DRY sur la carte). À la limite entre les dépressions circulant en Méditerranée et l’air froid sur le nord de l’Europe, les précipitations peuvent se présenter sous forme de neige même en plaines (les prévisionnistes désignent ce type de situation sous l’appellation de « retour d’est »).
Le Groenland voit des hivers plutôt doux, alors que la côte est des États-Unis subit plus d’épisodes froids et de chutes de neige.

Schéma oscillation atlantique Nord, météo.

 

 

Carte climatique, flux océaniques et météorologiques.

Indice NAO en hiver :

Graphiques d'évolution de l'indice NAO.
Graphique bâtons NOA, 1860-1990.

Aujourd’hui

Carte nationale de vigilance pour aujourd’hui, source Météo-France

Demain

Carte nationale de vigilance pour demain, source Météo-France

 

 

 

 

 

survivre à l'impossible
catastrophe
Modèle HARMONIE : Prévisions Météo à Haute Résolution
  • Météo Pays Catalan sur l’application Prévi+

  • 13 novembre 2026 : pourquoi une étude de 1960 évoquait une « fin du monde »

  • Vigilance orange orages et pluie-inondation : le Gard et l’Hérault concernés dès mardi 22 heures, risque de tornade signalé

  • Septembre 2026 : 2e plus chaud et 3e plus sec en France, El Niño vers un épisode historique

  • Voiture électrique : l’IMT propose une vignette annuelle à partir de 2030

  • Tendance météo à 5 semaines pour le Sud de la France – (5 octobre 2026)

  • Tendance météo à 5 semaines pour le Nord de la France – (5 octobre 2026)

  • Vigilance rouge : épisode méditerranéen exceptionnel en cours (Vidéo)

  • Vigilance rouge : épisode méditerranéen exceptionnel en cours / Dispositif FR-ALERT déclenché

  • Sécheresse : les demandes de puits augmentent dans les jardins

  • Humidité et granulés de bois : guide de stockage et entretien

  • Sardines en boîte : ventes en hausse, ressource fragilisée par le réchauffement climatique

  • Canicule 2026 : moins de nids de frelons asiatiques,

  • Ex-tempête Fay : quelles conséquences pour la France ?

  • Sibérie : comment les camionneurs survivent aux nuits à -40 °C sans s’asphyxier