Les pays des Balkans et les territoires contrôlés par l’URSS après l’invasion allemande
Catégorie : Géographie régionale et géopolitique
Les Balkans sont une région du sud-est de l’Europe, située entre les mers Adriatique, Ionienne, Égée, Marmara et Noire. Il n’existe pas de liste totalement officielle des pays balkaniques, car les limites de la péninsule sont discutées. On y inclut généralement l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, le Kosovo, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Roumanie, la Serbie et la Slovénie ; la Grèce et la partie européenne de la Turquie sont également souvent associées aux Balkans.
Après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne nazie, le 22 juin 1941, l’Armée rouge reconquit progressivement l’Europe orientale. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS occupa directement certaines régions et plaça plusieurs États sous sa domination politique et militaire. Il faut donc distinguer l’occupation soviétique directe de la mise en place de régimes communistes alliés à Moscou.
Quels sont les pays des Balkans ?
La liste la plus couramment retenue comprend :
-
Albanie ;
-
Bosnie-Herzégovine ;
-
Bulgarie ;
-
Croatie ;
-
Kosovo ;
-
Monténégro ;
-
Macédoine du Nord ;
-
Roumanie ;
-
Serbie ;
-
Slovénie.
La Grèce est généralement considérée comme un pays balkanique, même si certaines définitions géographiques insistent davantage sur la péninsule balkanique continentale. La Turquie n’appartient aux Balkans que par sa partie européenne, appelée Thrace orientale. La Moldavie est parfois associée à l’Europe du Sud-Est, mais elle n’est pas systématiquement considérée comme un pays des Balkans.
Cette région est un espace de contact entre plusieurs ensembles géographiques : Europe centrale, Méditerranée, mer Noire et Proche-Orient. Elle présente une forte diversité de langues, de religions et de peuples. Les frontières actuelles résultent notamment de la disparition des empires ottoman et austro-hongrois, des guerres balkaniques, des deux guerres mondiales et de l’éclatement de la Yougoslavie dans les années 1990.
Que s’est-il passé après l’invasion allemande ?
L’Allemagne envahit l’URSS le 22 juin 1941, dans le cadre de l’opération Barbarossa. Cette offensive ouvre le front de l’Est, le principal théâtre terrestre de la Seconde Guerre mondiale. L’armée allemande avance rapidement, mais elle est finalement arrêtée puis repoussée par l’Armée rouge.
À partir de 1943-1944, les forces soviétiques progressent vers l’ouest. Elles chassent les armées allemandes et leurs alliés de plusieurs territoires d’Europe orientale. Toutefois, les pays libérés par l’Armée rouge ne retrouvent pas tous une véritable indépendance politique : dans de nombreux cas, Moscou impose ou favorise des gouvernements communistes.
La présence militaire soviétique devient ainsi un instrument de contrôle géopolitique. L’URSS cherche à établir une zone tampon entre son territoire et l’Allemagne, afin d’éviter qu’une nouvelle invasion ne vienne de l’ouest. Cette zone constitue ensuite le bloc de l’Est pendant la guerre froide.
Les pays directement occupés ou placés sous domination soviétique
Les principaux États d’Europe orientale sous domination soviétique
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS impose progressivement son influence politique, militaire et idéologique sur une grande partie de l’Europe centrale et orientale.
| Pays ou territoire | Situation après 1945 |
|---|---|
| 🇵🇱Pologne | Occupée par l’Armée rouge, elle passe sous le contrôle d’un gouvernement communiste soutenu par Moscou et devient l’un des principaux États du bloc soviétique. |
| 🇩🇪Allemagne de l’Est | Placée dans la zone d’occupation soviétique, elle devient la République démocratique allemande (RDA) en 1949. |
| 🇭🇺Hongrie | Occupée par l’Armée rouge, elle est progressivement transformée en régime communiste sous influence soviétique à la fin des années 1940. |
| 🇷🇴Roumanie | Occupée par les forces soviétiques à partir de 1944, elle voit la monarchie abolie et devient une république communiste en 1947. |
| 🇧🇬Bulgarie | Entrée par l’Armée rouge en septembre 1944, elle bascule rapidement dans la sphère d’influence soviétique et devient une république populaire en 1946. |
| 🇨🇿Tchécoslovaquie | Après une période de coalition, le Parti communiste prend le pouvoir lors du « coup de Prague » de février 1948, installant un régime aligné sur Moscou. |
| 🇦🇱Albanie | Libérée principalement par les partisans communistes albanais, sans occupation de l’Armée rouge, elle s’aligne d’abord sur l’URSS avant de rompre avec Moscou en 1961. |
-> Cliquez sur l’image pour agrandir
La Yougoslavie constitue un cas particulier. Elle est libérée principalement par les partisans communistes de Josip Broz Tito, avec l’aide soviétique. Elle devient un État communiste, mais Tito refuse rapidement de se soumettre entièrement à Staline. La Yougoslavie appartient donc au monde communiste sans être durablement contrôlée par l’URSS.
La Grèce, en revanche, n’est pas intégrée au bloc soviétique. Après la libération, une guerre civile oppose les forces communistes aux forces monarchistes et anticommunistes. Le Royaume-Uni puis les États-Unis soutiennent le gouvernement grec, tandis que les communistes sont finalement vaincus en 1949.
Les pays baltes : une occupation et une annexion
Les trois pays baltes — Estonie, Lettonie et Lituanie — ne sont pas des pays balkaniques. Ils appartiennent à l’Europe du Nord-Est, au bord de la mer Baltique.
Ils furent occupés et annexés par l’URSS en 1940, avant l’invasion allemande de juin 1941. Les autorités soviétiques imposèrent alors des gouvernements contrôlés par Moscou, puis intégrèrent ces territoires à l’Union soviétique. L’Allemagne les occupa ensuite entre 1941 et 1944, avant leur reconquête par l’Armée rouge. Les trois pays restèrent alors incorporés à l’URSS jusqu’à leur indépendance retrouvée en 1991.
Cet exemple est différent de celui de la Pologne, de la Hongrie ou de la Roumanie : les pays baltes furent officiellement annexés et devinrent des républiques soviétiques, alors que les États d’Europe de l’Est conservèrent généralement une existence étatique formelle, tout en étant dirigés par des gouvernements communistes dépendants de Moscou.
Directement occupés ou simplement dominés ?
La distinction est essentielle :
-
Occupation directe : l’Armée rouge est présente sur le territoire et exerce un pouvoir militaire important, comme en Allemagne de l’Est, en Hongrie, en Roumanie ou en Bulgarie après 1944.
-
Annexion : le territoire est intégré juridiquement à l’URSS, comme l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie en 1940.
-
Satellite soviétique : le pays reste officiellement indépendant, mais son gouvernement, son armée et son économie sont fortement alignés sur Moscou.
-
État communiste autonome : la Yougoslavie de Tito et, plus tard, l’Albanie d’Enver Hoxha sont communistes, mais adoptent une politique plus indépendante vis-à-vis de l’URSS.
L’expression « pays occupés par l’URSS » est donc exacte pour certains territoires, mais elle est parfois trop générale pour décrire toute l’Europe de l’Est. Dans plusieurs pays, l’URSS exerce surtout une domination politique, militaire et économique par l’intermédiaire de partis communistes locaux.
Le bilan territorial et géopolitique
Entre 1944 et 1948, l’Europe est divisée en deux grands espaces d’influence. À l’ouest, les États-Unis soutiennent les démocraties libérales et l’économie de marché. À l’est, l’URSS organise un ensemble de régimes communistes dépendants de Moscou.
Cette division se matérialise par la création de la RDA en Allemagne orientale en 1949, puis par la formation du pacte de Varsovie en 1955. La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et l’Allemagne de l’Est deviennent les principaux États européens du bloc soviétique.
Ainsi, après l’invasion allemande de l’URSS, l’Armée rouge ne se contente pas de repousser l’Allemagne nazie : elle redessine durablement la carte politique de l’Europe. Les Balkans restent toutefois un espace plus complexe, car la Bulgarie, la Roumanie et l’Albanie se rapprochent de Moscou, tandis que la Yougoslavie suit une voie indépendante et que la Grèce demeure dans le camp occidental.
Sources :
-
Encyclopaedia Britannica — « Balkans » — 2026 — lien officiel
-
U.S. Department of State, Office of the Historian — documents sur l’occupation soviétique des États baltes — lien officiel
-
BBC Bitesize — « The Soviet takeover of Eastern Europe » — 2024 — lien officiel
-
BBC Bitesize — « The Soviet expansion into Eastern Europe » — lien officiel

