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Climat de l’Irlande
Le climat de l’Irlande
L’Irlande possède un climat océanique tempéré, généralement classé Cfb dans la classification de Köppen. Située à l’extrémité occidentale de l’Europe, directement exposée à l’océan Atlantique, elle connaît des températures relativement modérées toute l’année, une humidité élevée, des précipitations fréquentes et un temps très changeant. Les grands froids comme les chaleurs extrêmes y sont beaucoup plus rares que dans les régions continentales européennes situées à la même latitude. Met Éireann souligne que l’Atlantique constitue l’influence dominante du climat irlandais et que la dérive nord-atlantique contribue à maintenir des températures océaniques relativement douces.
Cette influence maritime explique pourquoi l’Irlande connaît des hivers beaucoup plus doux que ne le laisserait supposer sa latitude, comparable à celle du Canada méridional. À l’inverse, la proximité permanente de l’océan limite fortement le réchauffement pendant l’été : les journées chaudes existent, mais les périodes durablement supérieures à 30 °C restent exceptionnelles.
La température moyenne annuelle officielle de l’Irlande atteint 9,8 °C sur la période 1991-2020. Selon les régions, les valeurs moyennes annuelles varient approximativement de 8,5 à 10,8 °C, les régions côtières du sud et du sud-ouest figurant généralement parmi les plus douces et les secteurs élevés parmi les plus frais.
La géographie crée toutefois d’importants contrastes. L’intérieur du pays est constitué de plaines et de faibles plateaux, entourés de plusieurs ensembles montagneux proches des côtes. Ces reliefs interceptent directement les masses d’air humide venant de l’Atlantique. Il en résulte un contraste particulièrement net entre un ouest très humide et très exposé et un est plus sec et légèrement plus continental.
La côte occidentale, notamment le Connemara, le Kerry, le Mayo et le Donegal, reçoit directement les perturbations atlantiques. Les nuages et les précipitations sont renforcés lorsqu’ils rencontrent les reliefs. À l’inverse, Dublin et une partie de la côte orientale se trouvent partiellement sous le vent des montagnes et bénéficient d’un climat sensiblement plus sec. Met Éireann mesure ainsi une diminution générale des précipitations de l’ouest vers l’est.
Les hivers sont frais, humides et souvent venteux, mais rarement très froids pendant de longues périodes. La température moyenne nationale hivernale atteint 5,4 °C sur 1991-2020. Sur la majeure partie des plaines, les températures diurnes hivernales se situent normalement autour de 8 °C.
Les côtes occidentales et méridionales sont particulièrement tempérées par l’océan. Il peut ainsi faire plus doux dans l’extrême sud-ouest en janvier que dans plusieurs régions continentales situées beaucoup plus au sud en Europe.
L’intérieur présente davantage de variations. Lorsque le ciel se dégage et que le vent tombe, les températures peuvent rapidement passer sous 0 °C. Met Éireann indique qu’une température minimale négative est observée environ 40 jours par an dans certaines stations intérieures, contre moins de 10 jours sur la plupart des littoraux.
À Casement, près de Dublin mais dans un environnement plus continental que le centre-ville, la normale 1991-2020 donne par exemple environ 35 jours de gel par an. Malin Head, directement exposée à l’océan à l’extrême nord, n’en compte qu’environ 7.
Les grandes vagues de froid restent néanmoins possibles lorsque des masses d’air arctiques ou continentales atteignent l’île. Le record officiel national de froid est de −19,1 °C à Markree, dans le comté de Sligo, le 16 janvier 1881. Au XXe siècle, −18,8 °C ont encore été enregistrés à Lullymore en janvier 1979.
La neige est possible chaque hiver mais reste très irrégulière. Janvier et février sont les mois où elle est la plus fréquente, même si elle peut apparaître entre novembre et avril. Met Éireann précise que la neige reste généralement au sol un ou deux jours seulement, même si certains épisodes importants peuvent maintenir un manteau neigeux pendant une dizaine de jours.
Les régions intérieures et les reliefs sont naturellement davantage concernés que les littoraux. Pendant une situation hivernale, la mer relativement douce peut transformer les précipitations en pluie sur la côte tandis que la neige tombe quelques kilomètres plus loin dans les terres.
Les montagnes du Wicklow, du Kerry, du Connemara ou du Donegal peuvent connaître régulièrement de la neige lorsque les températures sont suffisamment basses. Elle devient cependant rapidement intermittente à basse altitude en raison de la grande douceur océanique.
Le printemps constitue en moyenne la saison la plus sèche de l’année, ce qui peut surprendre compte tenu de la réputation pluvieuse de l’Irlande. La température moyenne nationale atteint 8,8 °C sur mars-avril-mai, tandis que les précipitations moyennes de la saison totalisent environ 256 mm.
Mars reste souvent frais et changeant, tandis qu’avril peut connaître de longues périodes lumineuses entre les averses. Mai est statistiquement particulièrement intéressant : il s’agit du mois le plus ensoleillé de l’année à l’échelle des stations utilisées par Met Éireann, avec environ 189,6 heures de soleil en moyenne.
Le printemps bénéficie également du fait que l’Atlantique reste encore relativement frais. L’atmosphère peut donc être moins chargée en humidité qu’en automne et les dépressions les plus profondes deviennent moins fréquentes.
Les températures augmentent néanmoins lentement. L’inertie thermique de l’océan empêche généralement les chaleurs précoces très importantes observées en Europe continentale. Une journée à 20 °C devient agréable et relativement chaude au printemps irlandais, alors que des valeurs très supérieures restent inhabituelles.
Les étés sont doux plutôt que véritablement chauds. La température moyenne nationale de juin à août atteint seulement 14,6 °C. Dans les régions intérieures, les températures maximales normales se situent généralement autour de 18 à 20 °C.
À Casement, par exemple, les maximales moyennes atteignent 18,0 °C en juin, 19,8 °C en juillet et 19,4 °C en août. Les minimales moyennes ne dépassent qu’environ 11 à 12 °C au cœur de l’été.
L’été irlandais peut donc sembler frais pour un visiteur venant du sud de l’Europe. Mais des périodes nettement plus chaudes apparaissent lorsque des hautes pressions s’installent sur les îles Britanniques et que l’air arrive depuis le continent européen.
Les températures supérieures à 25 °C deviennent alors possibles et les 30 °C peuvent être franchis pendant les épisodes les plus chauds, surtout dans l’intérieur et l’est du pays. Le littoral atlantique reste généralement plus frais.
Le record national officiel de chaleur demeure 33,3 °C à Kilkenny Castle le 26 juin 1887. Met Éireann a réexaminé cette mesure en détail en 2025 et continue de la considérer comme le record national. Plus récemment, 33,0 °C ont été atteints à Phoenix Park, Dublin, le 18 juillet 2022.
Ces chiffres illustrent le caractère profondément océanique du climat : même les records irlandais restent très éloignés des 40 à 45 °C désormais observés dans de nombreuses régions du sud de l’Europe.
Contrairement au climat méditerranéen, l’été ne constitue pas une véritable saison sèche. À l’échelle nationale, il tombe encore environ 282 mm de pluie entre juin et août, soit même légèrement davantage qu’au printemps.
Les pluies estivales sont toutefois souvent très irrégulières, composées d’averses, de passages frontaux et parfois d’orages. Une même journée peut alterner soleil, pluie et éclaircies à plusieurs reprises, ce qui constitue l’un des traits les plus connus du temps irlandais.
Les orages restent relativement peu fréquents par rapport à l’Europe continentale. L’océan limite la chaleur et donc l’énergie disponible pour la convection. À Casement, la normale 1991-2020 ne compte qu’environ 6 journées avec tonnerre par an, principalement entre la fin du printemps et l’été.
L’automne est avec l’hiver la saison la plus humide. La température moyenne nationale atteint 10,3 °C, ce qui la rend même plus douce que le printemps en raison de l’inertie thermique de l’Atlantique. Les pluies atteignent environ 369 mm, contre 380 mm en hiver.
Septembre peut encore connaître de belles périodes relativement douces. Mais octobre et surtout novembre marquent généralement une accélération de l’activité dépressionnaire sur l’Atlantique Nord.
La mer est encore relativement chaude après l’été tandis que les contrastes thermiques se renforcent entre les régions polaires et subtropicales. Les dépressions atlantiques peuvent alors devenir plus profondes et circuler régulièrement vers l’Irlande.
La pluie constitue naturellement l’un des éléments majeurs du climat irlandais, mais elle est très inégalement répartie. La moyenne nationale officielle atteint environ 1 288 mm par an sur la période 1991-2020.
Les secteurs les plus secs de la côte orientale reçoivent autour de 878 mm par an, tandis que certaines zones montagneuses du sud-ouest atteignent environ 2 044 mm. Le cumul peut donc plus que doubler entre Dublin et certains reliefs du Kerry.
Les stations illustrent parfaitement ce contraste. Casement, dans l’est, reçoit environ 784 mm par an dans sa série 1991-2020, tandis que Valentia Observatory, sur la côte sud-ouest du Kerry, atteint environ 1 647 mm. À Malin Head, dans le Donegal, le cumul avoisine 1 138 mm.
L’ouest est également plus souvent arrosé. Selon les normales nationales 1991-2020, le nombre annuel de journées recevant au moins 1 mm de pluie varie environ de 146 à 228 jours selon les régions. Les journées présentant au moins 0,2 mm vont de 199 à 273 par an.
À Valentia, par exemple, on compte environ 203 journées par an avec au moins 1 mm de précipitations, contre environ 136 à Casement.
La réputation de l’Irlande comme pays où « il pleut tout le temps » mérite donc d’être nuancée. La pluie est très fréquente, mais elle se présente souvent sous forme de passages relativement courts ou d’averses entrecoupées d’éclaircies. L’est du pays peut par ailleurs connaître de longues séquences sans pluie significative.
Le relief explique une grande partie des différences. Les vents dominants arrivent généralement de l’Atlantique et sont chargés d’humidité. Lorsqu’ils atteignent les montagnes de l’ouest et du sud-ouest, l’air est forcé de s’élever et produit des précipitations par effet orographique. Les régions situées sous le vent deviennent naturellement plus sèches.
Le vent constitue avec les précipitations l’autre grande signature du climat irlandais. Les dépressions atlantiques circulent fréquemment à proximité de l’île, particulièrement entre octobre et mars.
Sur 1991-2020, la vitesse moyenne annuelle du vent varie d’environ 9 nœuds à Shannon Airport à 15 nœuds à Malin Head, soit environ 17 à 28 km/h. Les vents sont les plus forts dans le nord-ouest et pendant l’hiver.
À Belmullet, directement exposée à l’Atlantique, la vitesse moyenne annuelle atteint environ 12,5 nœuds, soit 23 km/h, et la station comptabilise une trentaine de journées de coup de vent par an dans la série disponible.
Les tempêtes atlantiques constituent donc un risque climatique important, particulièrement sur les façades ouest, sud-ouest et nord-ouest. Rafales violentes, fortes vagues, surcotes côtières et pluies abondantes peuvent accompagner les dépressions les plus profondes.
À l’inverse, les journées totalement calmes sont relativement rares sur les littoraux. Cette ventilation permanente contribue à limiter les extrêmes thermiques mais accentue souvent la sensation de froid en hiver.
Le brouillard existe dans toutes les régions, mais il peut avoir plusieurs origines. Les brouillards de rayonnement se forment dans les vallées et les plaines intérieures pendant les nuits calmes, tandis que les brouillards maritimes peuvent toucher les côtes lorsqu’un air doux et humide circule au-dessus d’une mer plus froide.
L’ensoleillement reste assez faible à l’échelle européenne, mais les différences régionales sont réelles. La moyenne des huit stations utilisées par Met Éireann sur 1991-2020 atteint 1 387,5 heures de soleil par an.
Les côtes orientales et méridionales sont généralement les plus lumineuses, tandis que l’ouest et le nord sont davantage couverts. Sherkin Island, dans le comté de Cork, atteint environ 1 542 heures par an, contre seulement 1 301 heures à Valentia.
Mai est le mois le plus ensoleillé, avec près de 190 heures, suivi de juin avec 173 heures. Décembre est de loin le plus sombre avec seulement 44 heures de soleil en moyenne.
Cette forte variation saisonnière s’explique également par la latitude. En juin, les journées sont extrêmement longues, avec plus de 17 heures entre lever et coucher du soleil dans le nord. En décembre, la durée du jour devient au contraire très courte.
La couverture nuageuse reste néanmoins abondante toute l’année. Met Éireann indique que le ciel irlandais est complètement couvert plus de la moitié du temps, conséquence directe de la proximité de la trajectoire habituelle des dépressions atlantiques.
Le climat irlandais s’est par ailleurs sensiblement modifié au cours des dernières décennies. La température moyenne annuelle de 9,8 °C sur 1991-2020 est supérieure de 0,7 °C à celle de 1961-1990. Toutes les saisons sont désormais plus chaudes dans la nouvelle normale.
La pluviométrie moyenne annuelle a parallèlement augmenté d’environ 7 % entre les deux périodes climatologiques, l’ouest et le nord présentant les hausses les plus importantes.
L’ensoleillement moyen a lui aussi augmenté : sur les stations comparables, la durée annuelle de soleil est supérieure d’environ 4,9 %, soit 63 heures, à celle de la période 1961-1990.
Ces évolutions ne signifient pas que chaque année devient systématiquement plus chaude ou plus pluvieuse. La variabilité naturelle du climat atlantique reste très importante, avec des années humides ou sèches, douces ou froides. Mais les normales trentenaires montrent clairement un déplacement du climat moyen vers des conditions plus chaudes et globalement plus humides.
Comparée à la France, l’Irlande est globalement plus fraîche en été, mais ses hivers sont étonnamment doux compte tenu de sa latitude. Les écarts saisonniers y sont sensiblement plus faibles qu’en France continentale.
Comparée au Royaume-Uni, son climat est proche de celui des régions occidentales britanniques, notamment du Pays de Galles, de la Cornouaille et de l’ouest de l’Écosse. L’ouest irlandais figure toutefois parmi les secteurs les plus directement exposés aux perturbations atlantiques.
Comparée aux pays nordiques situés à latitude voisine, l’Irlande possède un hiver exceptionnellement modéré grâce à l’océan Atlantique Nord. Dublin a ainsi des hivers beaucoup plus doux que de nombreuses villes canadiennes ou scandinaves situées à latitude comparable.
La signature climatique de l’Irlande repose donc sur un climat océanique extrêmement affirmé : températures modérées toute l’année, hivers frais mais rarement rigoureux, étés doux sans grandes chaleurs durables, précipitations fréquentes mais très contrastées entre l’ouest et l’est, vents atlantiques réguliers et ciel souvent changeant, avec une particularité majeure : l’Atlantique protège l’île des grands extrêmes thermiques tout en lui apportant humidité, nuages et tempêtes.
Le climat de l’Irlande en chiffres
Selon Met Éireann, la température moyenne annuelle nationale atteint 9,8 °C sur la période officielle 1991-2020. Elle varie approximativement de 8,5 à 10,8 °C selon l’altitude, la latitude et la proximité de l’océan.
Les moyennes saisonnières sont de 5,4 °C en hiver, 8,8 °C au printemps, 14,6 °C en été et 10,3 °C en automne. L’été reste donc remarquablement frais comparé à la majeure partie de l’Europe.
Les températures maximales estivales atteignent normalement 18 à 20 °C dans l’intérieur, tandis que les journées hivernales se situent autour de 8 °C. Le gel se produit jusqu’à une quarantaine de nuits par an dans certaines régions intérieures, contre moins de 10 sur la plupart des côtes.
La pluviométrie nationale moyenne atteint 1 288 mm par an. Elle varie d’environ 878 mm sur certains secteurs de la côte orientale à 2 044 mm sur les montagnes du sud-ouest.
| Saison | Précipitations moyennes |
|---|---|
| Hiver | 380 mm |
| Automne | 369 mm |
| Été | 282 mm |
| Printemps | 256 mm |
L’hiver est donc la saison la plus pluvieuse, tandis que le printemps est statistiquement la plus sèche.
Selon les régions, on compte environ 146 à 228 journées par an avec au moins 1 mm de pluie, confirmant le contraste considérable entre l’est relativement sec et les régions montagneuses de l’ouest.
L’ensoleillement moyen atteint environ 1 388 heures par an sur les stations étudiées. Il varie d’environ 1 301 heures à Valentia à 1 542 heures à Sherkin Island. Mai est le mois le plus lumineux avec près de 190 heures de soleil, tandis que décembre n’en compte qu’environ 44.
La vitesse moyenne annuelle du vent se situe approximativement entre 9 et 15 nœuds, soit 17 à 28 km/h, suivant l’exposition. Le nord-ouest est généralement la région la plus venteuse et l’hiver la saison où les vents sont les plus forts.
Le record national officiel de chaleur est de 33,3 °C à Kilkenny Castle le 26 juin 1887, tandis que le record de froid atteint −19,1 °C à Markree le 16 janvier 1881.
Enfin, par rapport à 1961-1990, la normale 1991-2020 montre une température moyenne supérieure de 0,7 °C, une pluviométrie moyenne en hausse d’environ 7 % et un ensoleillement supérieur d’environ 5 %.
Avec 9,8 °C de température moyenne annuelle, environ 1 288 mm de pluie, quelque 1 390 heures de soleil, des températures estivales généralement limitées à 18-20 °C et un très fort contraste pluviométrique entre l’est et l’ouest, l’Irlande possède l’une des signatures climatiques les plus océaniques d’Europe : douce pour sa latitude, humide et venteuse, sans véritable saison sèche et protégée par l’Atlantique aussi bien des grands froids que des chaleurs extrêmes.
