Climat de la Seine-Saint-Denis (93)
Le climat de la Seine-Saint-Denis
La Seine-Saint-Denis possède un climat océanique altéré, typique du Bassin parisien, auquel se superpose une très forte influence urbaine. Le département se situe au nord-est immédiat de Paris et associe deux grands types de relief : les plaines et vallées de la Plaine de France et de la Plaine Saint-Denis, relativement basses, et des plateaux plus élevés sur un axe allant de Montreuil à Vaujours. Cette opposition, documentée par les études départementales, joue sur l’humidité, l’écoulement de l’air froid et les températures nocturnes.
À l’ouest, autour de Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen-sur-Seine, La Courneuve et Bobigny, le relief est faible et l’urbanisation extrêmement dense. La Plaine Saint-Denis correspond à l’extrémité méridionale de la vaste Plaine de France. Dans cet environnement très minéralisé, les températures nocturnes restent souvent plus élevées que dans les espaces ruraux situés plus loin de Paris, particulièrement pendant les vagues de chaleur.
L’îlot de chaleur urbain constitue ainsi un phénomène climatique majeur. Routes, bâtiments, zones d’activités et sols artificialisés emmagasinent l’énergie solaire pendant la journée puis la restituent lentement durant la nuit. La Seine-Saint-Denis développe aujourd’hui des lieux refuges, des cours Oasis et de nouveaux espaces verts afin de renforcer les zones de fraîcheur lors des fortes chaleurs. Les enquêtes menées dans ses parcs confirment que les secteurs boisés et ombragés sont perçus comme sensiblement plus frais que les espaces minéraux ou les pelouses exposées.
À l’est et au sud-est, le relief s’élève vers le plateau de Romainville, Montreuil, Les Lilas, Rosny-sous-Bois et Vaujours. Les plateaux sont davantage exposés au vent et peuvent être légèrement plus frais que les plaines urbanisées. Les coteaux créent aussi des écoulements nocturnes d’air froid vers les secteurs bas. Le plateau de Romainville a historiquement fourni des sources et alimenté des captages d’eau, témoignant de sa position dominante par rapport aux plaines voisines.
Au nord-est, autour d’Aulnay-sous-Bois, Villepinte et Tremblay-en-France, l’ancienne Plaine de France reste plus ouverte. Le parc du Sausset a d’ailleurs été aménagé sur d’anciennes terres agricoles de cette plaine. Les espaces encore ouverts ou largement végétalisés se refroidissent plus rapidement la nuit que les quartiers densément bâtis, même si l’urbanisation et les grandes infrastructures occupent aujourd’hui une part considérable du secteur.
Les grands parcs départementaux — Georges-Valbon, Sausset, Jean-Moulin–Les Guilands ou la forêt de Bondy — constituent donc de véritables microclimats. Leur végétation apporte ombre et évapotranspiration tandis que les sols moins minéralisés emmagasinent moins de chaleur. Pendant les périodes caniculaires, ces différences peuvent devenir particulièrement importantes à l’échelle d’un quartier.
La station climatique historique du Bourget, située sur la plateforme aéroportuaire à la lisière nord-ouest du département, montre un climat relativement sec : un peu plus de 600 mm de pluie par an, avec des précipitations réparties sur toutes les saisons. Les gelées restent fréquentes dans cet environnement ouvert, tandis que les températures dépassent 30 °C une douzaine de jours par an.
L’hiver est généralement frais et humide, avec brouillards, gelées et quelques épisodes neigeux de courte durée. Le printemps se réchauffe vite mais peut connaître des retours de froid. L’été devient chaud et les orages représentent une part importante des pluies de la saison ; les nuits les plus difficiles surviennent dans les secteurs urbains où le refroidissement est limité. L’automne voit revenir davantage de passages perturbés et de brouillards.
Comparée à Paris, la Seine-Saint-Denis possède davantage d’espaces ouverts dans son nord-est mais aussi de très vastes zones urbaines et industrielles capables de produire de puissants îlots de chaleur. Comparée au Val-d’Oise voisin, elle est beaucoup plus densément urbanisée. Sa signature climatique repose donc sur un climat régional relativement sec auquel s’ajoutent de très forts contrastes thermiques entre surfaces minérales, plateaux exposés et grands parcs urbains.
Le climat de la Seine-Saint-Denis en chiffres
À la station du Bourget, située à 49 m sur la plateforme aéroportuaire voisine, la température moyenne annuelle atteint 12,1 °C, passant de 4,9 °C en janvier à 20,2 °C en juillet, avec des maximales moyennes de 25,5 °C en juillet.
Les précipitations atteignent seulement 616,3 mm par an sur environ 110 jours, avec 41,1 mm en février contre 63,4 mm en décembre.
L’ensoleillement représente environ 1 634 heures par an, dont 213 heures en juillet contre seulement 54 heures en décembre.
Le Bourget connaît environ 37,1 jours de gel et 12,6 journées à 30 °C ou davantage, tandis que les quartiers les plus densément urbanisés sont généralement plus chauds durant les nuits estivales.
Avec environ 616 mm de pluie, plus de 12 journées très chaudes sur la référence du Bourget et un territoire fortement exposé aux îlots de chaleur urbains, la Seine-Saint-Denis possède une signature climatique où l’urbanisation modifie fortement un fond régional relativement sec et tempéré.
