Climat d’Eure-et-Loir (28)
Le climat d’Eure-et-Loir
L’Eure-et-Loir se situe à la limite entre les influences océaniques de l’ouest et le climat plus continental du Bassin parisien. Son climat peut être qualifié d’océanique altéré, avec des précipitations relativement faibles, des gelées assez fréquentes en hiver et des étés capables de devenir chauds. Le département présente surtout une opposition très nette entre les grandes plaines ouvertes de la Beauce, qui occupent l’est et le sud-est, et les collines plus élevées et plus humides du Perche, à l’ouest. Les documents de l’État signalent explicitement des pluies de type océanique, plus marquées sur les collines du Perche.
La Beauce est l’élément géographique dominant autour de Chartres, Voves, Auneau et Janville. Cette immense plaine agricole, presque dépourvue de relief, laisse circuler facilement les masses d’air et le vent. Elle appartient aux régions relativement sèches du nord de la France : selon les secteurs, les précipitations annuelles tournent autour de 550 à 600 mm. L’absence de relief limite l’effet orographique qui augmente les pluies dans d’autres régions.
Chartres représente assez bien cette ambiance. Les hivers sont frais, avec environ 45 jours de gel par an, tandis que les étés connaissent régulièrement des températures supérieures à 25 °C et une douzaine de journées dépassant 30 °C. L’amplitude saisonnière est donc plus importante que sur le littoral normand ou breton. La station reçoit à peine plus de 600 mm de pluie par an, une valeur relativement faible à l’échelle française.
Le vent constitue une caractéristique importante de la Beauce. L’immensité des espaces ouverts et l’absence de barrières naturelles permettent aux flux d’ouest, de sud-ouest ou de nord-est de conserver leur vitesse. En hiver, ce vent peut accentuer fortement la sensation de froid ; au printemps et en été, il augmente l’évaporation des sols. Cette exposition explique aussi le développement très important de l’éolien dans les paysages beaucerons.
Au nord, le Drouais et le Thymerais forment une transition vers l’Île-de-France, l’Eure et la Normandie. Le relief reste modeste, mais les bois et vallées sont davantage présents que dans la Beauce centrale. Les hivers demeurent froids et les gelées fréquentes, tandis que la pluviométrie augmente légèrement dans certains secteurs en direction de l’ouest.
Le changement devient beaucoup plus visible en gagnant le Perche, autour de Nogent-le-Rotrou, La Loupe et Senonches. Les paysages deviennent vallonnés et boisés, les altitudes augmentent et les perturbations venues de l’Atlantique donnent davantage de pluie. Cette région possède ainsi des paysages beaucoup plus verts que la Beauce, avec prairies, forêts et vallons. Les documents préfectoraux signalent précisément que les épisodes pluviométriques se renforcent sur les collines percheronnes.
Le sud du département, autour de Châteaudun, appartient à la Beauce dunoise et à la vallée du Loir. Les plateaux restent secs, mais les fonds de vallée introduisent davantage d’humidité et peuvent connaître brouillards et inversions thermiques. Le Loir et ses affluents créent ainsi des microclimats légèrement différents des vastes champs ouverts situés quelques dizaines de mètres plus haut.
L’hiver est la saison où l’influence continentale est la plus perceptible : brouillards, gelées et parfois neige peuvent s’installer lors des flux d’est ou de nord-est. Le printemps connaît des gelées tardives, importantes pour l’agriculture. L’été peut devenir chaud et relativement sec, surtout en Beauce, mais les orages apportent ponctuellement des pluies abondantes. L’automne marque le retour progressif de perturbations plus régulières.
Les précipitations restent néanmoins très modestes. À Chartres, aucune saison n’est véritablement humide : les cumuls mensuels varient seulement d’une quarantaine à une soixantaine de millimètres. Cette régularité associée à un faible total annuel distingue l’Eure-et-Loir d’un département océanique comme le Finistère, où il tombe approximativement deux fois plus d’eau.
Comparé à l’Eure voisine, l’Eure-et-Loir est encore un peu plus sec et plus continental ; comparé au Loiret, son climat est très proche dans les plaines de Beauce, mais l’ouest percheron lui apporte une composante plus humide et bocagère. Sa signature climatique repose donc sur une Beauce sèche, ouverte et venteuse, contrastant avec un Perche plus élevé, plus frais et plus arrosé.
Le climat d’Eure-et-Loir en chiffres
À Chartres-Champhol, située à 155 m, la température moyenne annuelle atteint 11,4 °C, passant de 4,3 °C en janvier à 19,4 °C en juillet et août, avec des maximales moyennes légèrement supérieures à 25 °C en été.
Les précipitations ne représentent qu’environ 606 mm par an, les cumuls mensuels restant compris entre environ 42 mm en février et 61 mm en décembre.
Chartres bénéficie d’environ 1 788 heures d’ensoleillement par an, dont près de 230 heures en juillet, contre environ 60 heures en décembre.
La continentalité relative de la Beauce se traduit par environ 45 jours de gel par an et près de 12 journées où la température atteint ou dépasse 30 °C.
Avec environ 606 mm de pluie, 45 jours de gel et 12 journées très chaudes à Chartres, l’Eure-et-Loir possède une signature sèche pour le nord de la France, encore renforcée dans certaines parties de la Beauce où les cumuls tournent autour de 550 à 600 mm.
