Climat de la Côte-d’Or (21)
Le climat de la Côte-d’Or
La Côte-d’Or occupe une véritable zone de transition climatique entre l’ouest océanique de la France et les régions à influence semi-continentale de l’Est. Les services de l’État décrivent son climat comme situé à la charnière entre ces deux grands domaines, avec en complément une influence méridionale qui peut remonter par l’axe Rhône-Saône. La géographie départementale renforce ces nuances : plaine de la Saône, côte viticole, Auxois, Morvan et plateaux du Châtillonnais présentent des altitudes et des expositions très différentes. À l’échelle départementale, les précipitations varient approximativement de 700 à 1 000 mm par an, tandis que les moyennes thermiques diminuent sensiblement dans les secteurs élevés.
À l’est, la plaine de la Saône constitue le secteur le plus bas et généralement l’un des plus chauds. Autour d’Auxonne, de Saint-Jean-de-Losne et de Seurre, les altitudes tournent autour de 180 à 220 m. L’été peut être chaud et parfois lourd, tandis que les hivers sont soumis à des gelées fréquentes et à des brouillards persistants. Les situations anticycloniques hivernales favorisent en effet les inversions thermiques : l’air froid s’accumule au-dessus des plaines et vallées, maintenant parfois une grisaille durable.
Dijon se situe à la jonction entre cette plaine et les premiers reliefs de la côte bourguignonne. Son climat exprime particulièrement bien la continentalité modérée du département : janvier est froid, juillet chaud, et les écarts entre saisons sont nettement plus importants que sur la façade atlantique. Les perturbations venues de l’ouest restent néanmoins assez fréquentes pour assurer des précipitations tout au long de l’année. Le mois de mai fait partie des périodes les plus arrosées, tandis que février est généralement plus sec.
À l’ouest de Dijon commence la célèbre Côte, qui se prolonge vers Nuits-Saint-Georges et Beaune. Ce relief modeste mais bien marqué joue un rôle important dans le climat du vignoble. Les coteaux orientés majoritairement vers l’est et le sud-est bénéficient d’un ensoleillement favorable, d’un drainage efficace de l’air froid et d’une relative protection contre certaines masses d’air venues de l’ouest. Ces microclimats comptent parmi les raisons naturelles expliquant l’implantation historique des grands vignobles de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.
L’Auxois, plus à l’ouest, présente un paysage de plateaux et de vallées sensiblement plus frais. La proximité du Morvan renforce progressivement l’influence océanique et l’effet de l’altitude. Les précipitations y deviennent généralement plus abondantes et les épisodes neigeux plus fréquents en hiver. Les vallées peuvent néanmoins être sujettes à de fortes inversions et à des brouillards.
Dans l’extrême sud-ouest, le Morvan constitue la partie la plus montagnarde du département. Les hauteurs approchent ou dépassent 700 m et interceptent davantage les perturbations atlantiques. Les services de l’État indiquent que la montagne bourguignonne se distingue clairement de la vallée de la Saône par des précipitations plus élevées et une température moyenne plus faible. Son climat est donc nettement plus frais, humide et neigeux que celui de Dijon ou de la plaine orientale.
Au nord s’étendent les plateaux du Châtillonnais, dans le prolongement du plateau de Langres. L’altitude y est suffisante pour renforcer la rigueur hivernale. Les gelées peuvent être précoces en automne et tardives au printemps, et la neige apparaît plus régulièrement que dans les basses terres. En été, les journées restent capables d’être chaudes, mais les nuits se rafraîchissent beaucoup plus vite sur les plateaux.
Le printemps bourguignon est très changeant : les périodes douces peuvent être interrompues par des gelées tardives, redoutées dans les vignobles. L’été devient régulièrement chaud, avec près d’une vingtaine de journées atteignant 30 °C à Dijon au cours d’une année moyenne. Les orages peuvent alors être parfois forts. En automne, les vallées et la plaine de Saône connaissent fréquemment brouillards et stratus avant le retour des premières gelées.
La Côte-d’Or se distingue donc de l’Yonne, plus occidentale et davantage influencée par l’Atlantique, tandis qu’elle reste moins montagnarde que le Jura voisin. Sa géographie produit une transition très lisible entre plaine de Saône relativement chaude, coteaux viticoles bien exposés, plateaux froids et Morvan plus humide, le tout sur fond de climat océanique altéré à tendance semi-continentale.
Le climat de la Côte-d’Or en chiffres
À Dijon-Longvic, située à 219 m, la température moyenne annuelle atteint 11,4 °C, de 2,7 °C en janvier à 20,8 °C en juillet, avec des maximales moyennes de 26,7 °C en juillet.
Les précipitations y représentent environ 743 mm par an sur près de 112 jours avec au moins 1 mm, avec environ 43 mm en février contre 76 à 78 mm en mai et novembre.
Dijon totalise environ 1 890 heures d’ensoleillement par an, de seulement 53 heures en décembre à près de 257 heures en juillet.
La continentalité est bien visible avec environ 61,5 jours de gel par an, mais aussi près de 18,4 journées où la température dépasse 30 °C.
Avec environ 62 jours de gel, près de 18 journées très chaudes et des précipitations départementales pouvant passer d’environ 700 à 1 000 mm, la Côte-d’Or associe ainsi chaleur estivale des basses terres et fraîcheur humide des reliefs bourguignons.
