Les feux de forêt en France sont moins nombreux en moyenne qu’il y a 40 ans, mais ils sont plus susceptibles de donner lieu à des années extrêmes avec des incendies plus étendus et plus intenses, comme en 2003 ou 2022.

Sous l’effet combiné du changement climatique et de l’occupation des sols, le danger se généralise à l’ensemble du territoire, même si la région méditerranéenne et le Sud-Ouest restent les zones les plus exposées.

Chaque été, les feux de forêt en France occupent l’actualité, alimentent les inquiétudes et donnent l’impression que le pays brûle plus qu’autrefois.ecologie.gouv+1
Pourtant, les données statistiques montrent une réalité plus nuancée : le nombre annuel de feux de forêt a significativement baissé depuis les années 1980, alors même que certaines saisons comme 2003 ou 2022 ont été marquées par des mégafeux spectaculaires.vie-publique+2

Comprendre l’évolution du nombre de feux de forêt en France, c’est croiser deux dimensions : d’un côté, la prévention et la stratégie d’attaque rapide des incendies, qui ont permis de réduire la fréquence des sinistres et des grandes surfaces brûlées ; de l’autre, le changement climatique, qui augmente le danger météorologique, allonge la saison des feux et étend le risque vers le nord.meteofrance+3
Cet article vous propose un panorama clair des chiffres, des tendances et des enjeux, avec des conseils pratiques et des pistes pour mieux exploiter les prévisions météo et la « Météo des forêts » au quotidien.meteofrance+2

Évolution des feux de forêt depuis les années 1980

Moins de feux en moyenne… mais des pics exceptionnels

Selon les analyses compilées par Vie publique à partir des rapports du Sénat, la France enregistrait en moyenne 5 252 feux de forêt par an entre 1980 et 1999, contre environ 2 671 feux par an sur la période 2015‑2019.
En moyenne, cela traduit une baisse notable du nombre d’incendies de forêt sur plusieurs décennies, liée à l’amélioration de la prévention, de la surveillance et de la coordination des secours.

Cette tendance de fond ne doit pas masquer des années exceptionnelles : en 2022, près de 19 711 incendies de forêt et de végétation ont été enregistrés, soit un niveau très supérieur à celui des années récentes, principalement sous l’effet d’un contexte de sécheresse, de canicule et de vent défavorable.statistiques.
Les campagnes 2023 et 2024 reviennent, elles, à des niveaux plus proches des moyennes historiques, 2024 étant même décrite comme l’une des dix années les plus pluvieuses depuis 1959, avec un nombre de feux inférieur d’un quart à la moyenne 2006‑2021.statistiques.

Surfaces brûlées : une baisse tendancielle… sauf lors des mégafeux

Si l’on regarde les surfaces forestières brûlées, les chiffres montrent également une baisse moyenne par décennie : environ 42 360 hectares par an de 1980 à 1989, puis 22 720 hectares de 1990 à 1999 et 19 680 hectares sur 2000‑2009, avant de tomber à 7 570 hectares sur la période 2015‑2019.
Cette diminution des surfaces incendiées traduit l’efficacité d’une stratégie d’« attaque massive des feux naissants » adoptée depuis les années 1980, qui permet d’éteindre plus de 80 % des feux avant qu’ils n’atteignent un hectare dans les zones les plus exposées.ecologie.gouv+1

Là encore, certaines années jouent les trouble‑fêtes : en 2022, environ 58 000 hectares de forêts ont brûlé (72 000 hectares en incluant les autres espaces naturels et cultures), soit un volume largement supérieur aux moyennes des décennies précédentes.statistiques.developpement-durable.gouv+1
Les séries longues publiées par le ministère de la Transition écologique montrent par ailleurs que plusieurs années – 1989, 1991, 2003 et 2022 – dépassent 60 000 à 70 000 hectares brûlés, laissant apparaître un risque de mégafeux même dans un contexte global de surfaces incendiées en baisse.statistiques.developpement-durable.

Un risque de feu qui se transforme et s’étend

Méditerranée et Sud-Ouest toujours en première ligne

Les données sur les surfaces brûlées montrent que, depuis les années 1980, la région méditerranéenne concentre en moyenne les trois quarts des surfaces boisées incendiées, avec une proportion généralement supérieure aux deux tiers.vie-publique+1
En dehors de cette zone, le massif des Landes de Gascogne représente le premier territoire touché par les incendies de forêt, avec environ 10 % des surfaces brûlées et 20 % des feux recensés.statistiques.

Au total, près de 942 000 hectares de forêts ont brûlé en 49 ans, pour environ 118 000 départs de feux, ce qui illustre la concentration du risque dans quelques grandes régions à cheval sur le pourtour méditerranéen et le Sud-Ouest.
Cette géographie explique que les dispositifs de DFCI (Défense des forêts contre les incendies) et la Météo des forêts se soient d’abord structurés autour des départements particulièrement vulnérables, avant de s’étendre à tout l’Hexagone.

Le changement climatique étend le danger vers le nord

Les études de Météo‑France montrent qu’avec l’augmentation des températures et la sécheresse plus fréquente de la végétation, le risque météorologique de feux progresse vers le nord, touchant désormais des régions peu concernées jusqu’ici.
L’indice Forêt Météo (IFM), qui caractérise la tendance naturelle d’un feu à s’aggraver et à se propager en fonction de la météo, a déjà augmenté d’environ 18 % entre les périodes 1961‑1980 et 1989‑2008.

Les projections indiquent qu’avec un réchauffement pouvant aller jusqu’à +4 °C, certaines régions de la moitié nord (Loire, Bassin parisien) pourraient connaître un niveau de risque élevé comparable à celui observé aujourd’hui sur l’arrière‑pays méditerranéen.
Par ailleurs, la saison de risque élevé s’allonge, avec des campagnes de feux démarrant plus tôt au printemps et se prolongeant plus tard en automne, ce qui augmente la probabilité d’années extrêmes malgré la baisse moyenne des feux sur plusieurs décennies.

Évolution du nombre de feux de forêt en France depuis 1980

France métropolitaine, Corse comprise • Nombre annuel d’incendies de forêt

Cliquez sur une barre pour afficher l’année et le nombre de feux.
Nombre de feux de forêt en France de 1980 à 2025 Histogramme du nombre annuel de feux de forêt recensés en France métropolitaine, Corse comprise. Chaque barre est interactive. La valeur 2025 est un bilan arrondi.
Moins de 2 000 feux De 2 000 à 3 999 De 4 000 à 5 999 6 000 feux ou plus Moyenne indicative 1980-2025 : 3 993 feux/an

* 2025 : environ 1 800 feux de forêt selon le bilan national de l’ONF. Cette valeur, publiée sous forme arrondie, est distinguée des données annuelles consolidées. L’année 2026 n’est pas incluse, car elle est encore en cours.

Sources : JRC/EFFIS — tableau historique 1980-2023, Observatoire des forêts françaises — BDIFF/IGN, données 2010-2024 révisées et ONF — bilan 2025.

Pourquoi les feux sont moins nombreux, mais restent dangereux ?

Prévention, surveillance et attaque rapide des feux naissants

La baisse du nombre de feux et des surfaces incendiées en moyenne annuelle s’explique en grande partie par les évolutions de la politique de défense des forêts contre l’incendie depuis les grands feux de la fin des années 1980 et de l’été 2003.
Plans DFCI, pistes forestières, coupures de combustible, renforcement des moyens aériens et coordination entre Météo‑France, Sécurité civile et SDIS ont permis de réduire la proportion de feux dépassant quelques hectares.

D’après les rapports parlementaires, plus de 85 % des incendies sont désormais traités avant d’avoir atteint un hectare, et moins de 3 % dépassent 10 hectares, ce qui limite fortement les dégâts habituels lors des saisons « normales ».
Cette stratégie n’empêche toutefois pas la survenue de feux « hors norme » lorsque plusieurs paramètres se conjuguent : sécheresse prolongée, canicule, vents forts de type mistral ou tramontane, et difficulté d’accès aux massifs.

Danger météo en hausse avec le climat

Du point de vue météorologique, le changement climatique agit comme un amplificateur de danger : températures plus élevées, baisse de la pluviométrie sur certaines régions, humidité de l’air très faible en été et épisodes de vent violent créent des fenêtres de risque plus longues et plus intenses.meteofrance+2
Dans une France à +4 °C, Météo‑France prévoit une multiplication par deux des jours de danger très élevé en région méditerranéenne, passant d’environ 40 jours actuellement à plus de 80 jours par an en moyenne.

Concrètement, cela ne signifie pas nécessairement plus de feux chaque année, mais davantage de situations propices à des incendies très rapides, difficiles à maîtriser, dès qu’un départ survient, souvent d’origine humaine.meteofrance+2
Pour les internautes, l’enjeu est donc de comprendre que la France connaît moins de feux en moyenne qu’avant, tout en restant exposée à des épisodes extrêmes et à une généralisation du danger à l’échelle nationale.
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FAQ – Évolution des feux de forêt en France

Les feux de forêt sont-ils plus nombreux qu’avant ?

Globale­ment, le nombre annuel moyen de feux de forêt a baissé depuis les années 1980, passant d’environ 5 252 feux par an sur 1980‑1999 à près de 2 671 feux sur 2015‑2019.
En revanche, certaines années récentes comme 2022 enregistrent un nombre d’incendies très supérieur à la moyenne, sous l’effet du contexte climatique.statistiques.

Les surfaces brûlées diminuent-elles vraiment ?

Oui, les surfaces forestières brûlées ont diminué en moyenne annuelle, de plus de 40 000 hectares dans les années 1980 à moins de 8 000 hectares sur 2015‑2019.
Cette tendance positive coexiste toutefois avec des années de mégafeux où la surface incendiée dépasse 60 000 hectares, comme en 2003 ou 2022.statistiques.

Pourquoi a-t-on l’impression qu’il y a plus de feux qu’avant ?

Les réseaux sociaux, les chaînes d’information en continu et la médiatisation des feux à l’échelle mondiale donnent une impression d’omniprésence du risque.
En réalité, c’est le caractère extrême de certains épisodes – vitesse de propagation, évacuations massives, fumées visibles sur des dizaines de kilomètres – qui marque davantage les esprits.statistiques.

Quel est le rôle du changement climatique dans cette évolution ?

Le changement climatique augmente le risque météo de feux en renforçant la sécheresse de la végétation, en allongeant la saison des incendies et en étendant le danger vers des régions auparavant peu concernées.
Il ne met pas le feu aux forêts, mais il rend les départs de feu plus susceptibles de devenir des incendies importants lorsque les conditions sont réunies.

Quelles régions françaises sont les plus touchées ?

La région méditerranéenne reste la plus exposée, concentrant environ deux tiers à trois quarts des surfaces boisées brûlées selon les années.statistiques.developpement-durable.gouv+1
Le massif des Landes de Gascogne constitue l’autre grande zone à risque, avec une part notable des feux et des surfaces incendiées.vie-publique+1

Où trouver des données fiables sur les feux de forêt ?

La Base de données sur les incendies de forêts en France (BDIFF) centralise les informations depuis 2006 et permet de consulter, à l’échelle communale, le nombre de feux et les surfaces brûlées.
Le ministère de la Transition écologique et Météo‑France publient également des synthèses et des infographies sur l’évolution des risques et des surfaces incendiées.

Comment suivre le danger au jour le jour ?

Depuis 2023, Météo‑France diffuse la « Météo des forêts », une carte quotidienne du danger de feux de forêt et de végétation, accompagnée de conseils de comportement pour éviter les départs d’incendie.
Combinée aux prévisions météo classiques, cette information permet d’adapter ses activités de plein air, ses travaux et ses déplacements en fonction du niveau de risque.

Conclusion et appel à l’action

L’évolution du nombre de feux de forêt en France montre un paradoxe apparent : moins de feux et de surfaces brûlées en moyenne qu’il y a 40 ans, mais davantage de journées de danger élevé et de potentiels mégafeux dans un climat plus chaud et plus sec.
Pour le grand public, les professionnels du tourisme et les acteurs de terrain, l’enjeu est de passer d’une perception purement émotionnelle du risque à une approche éclairée par les données et la météo des feux.

Pour anticiper vos sorties, vos séjours en forêt ou vos activités de plein air, consultez dès maintenant les prévisions météo détaillées, la Météo des forêts et les bulletins de vigilance incendie disponibles sur notre site.
En combinant la connaissance des tendances de fond et le suivi quotidien du danger, vous pouvez mieux protéger vos proches, vos activités et vos territoires, dans une France où les feux de forêt restent moins fréquents, mais plus sensibles aux extrêmes climatiques.