Catastrophes naturelles : Vague géante à Nice

Last Updated: 29 janvier 2026

Catastrophes Naturelles : Les Vagues Géantes qui Submergent nos Côtes—Une Histoire de Terreur et de Fascination

Imaginez la mer qui se retire brusquement. D’abord, quelques centaines de mètres. Puis, un kilomètre. Les habitants confus descendent sur les plages exposées, curieux de ce spectacle inhabituel. Soudain, en moins de quinze minutes, l’inévitable se produit : l’océan revient avec une puissance écrasante, déferlant en vagues géantes qui engloutissent tout sur leur passage. Ce scénario cauchemardesque n’est pas une invention hollywoodienne. C’est une réalité qui s’est déroulée à plusieurs reprises dans l’histoire humaine, notamment lors du tsunami de Nice en 1979.

Les catastrophes naturelles—ces manifestations brutes et indifférentes de la puissance terrestre—fascinent et terrifient l’humanité depuis les origines. Les anciens Babyloniens ont perpétué le souvenir d’un déluge catastrophique dans l’Épopée de Gilgamesh. Les archéologues, eux, ont découvert une couche impressionnante de limon de six cents kilomètres de longueur, témoignage géologique d’une submersion ancienne du Golfe Persique. Ces récits fondamentaux montrent que nos ancêtres comprenaient, bien avant la science moderne, la réalité terrifiante des vagues géantes.

Cet article examine la nature, les origines et les conséquences catastrophiques des tsunamis et raz de marée. De l’Alaska à la Méditerranée, en passant par les rivages du Pakistan, nous explorerons les événements qui ont redéfini nos côtes et marqué à jamais la mémoire collective.

Comprendre le Phénomène—Qu’est-ce qu’une Vague Géante et Comment Se Forme-t-elle ?

La distinction cruciale : tsunami versus marée

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les raz de marée n’ont rien à voir avec les marées ordinaires. Le terme français « raz de marée » prête malheureusement à confusion. C’est pourquoi la communauté scientifique mondiale utilise désormais le terme japonais « tsunami »—littéralement « vague du port ».

Un tsunami naît d’une perturbation soudaine et violente de l’océan. Tandis que les marées résultent de l’attraction gravitationnelle du Soleil et de la Lune, les tsunamis sont provoqués par trois phénomènes spécifiques :

  1. Les séismes sous-marins – le déclencheur le plus courant

  2. Les explosions volcaniques – capables de générer des vagues dévastantes

  3. Les glissements de terrain sous-marins – comme celui qui causa le tsunami de Nice en 1979

Quand un séisme sous-marin se produit, le fond océanique se déplace brutalement. Imagine un énorme tapis qui se soulève soudainement : l’eau qui le recouvre doit bouger pour compenser. Les masses d’eau voisines s’engloutissent dans l’espace ainsi créé, créant un appel d’eau. Rapidement, la masse liquide entre en vibration et retourne vers le littoral : c’est la naissance d’une vague géante.

Les caractéristiques remarquables des tsunamis

Les tsunamis ne ressemblent en rien aux vagues ordinaires que les surfeurs adorent. Dans les profondeurs océaniques, ces monstres aquatiques se propagent à des vitesses incroyables—jusqu’à huit cents kilomètres par heure. Pire, la distance entre la crête d’une vague et la suivante peut atteindre mille kilomètres !Voici ce qui rend les tsunamis si perfides : dans l’océan profond, ils sont relativement bas—peut-être seulement un mètre ou deux. Mais à mesure que la vague s’approche de la côte, sa vitesse et sa longueur d’onde diminuent, tandis que sa hauteur augmente dramatiquement. C’est un transfert d’énergie cinétique en potentielle. Les vagues des tsunamis atteignent généralement entre sept et vingt mètres de hauteur, parfois bien davantage.

Un détail terrifiant : la première vague n’est pas la plus redoutable. C’est souvent la deuxième ou la troisième qui s’avère la plus destructrice. Entre chaque vague, il peut s’écouler un quart d’heure, voire une heure entière. C’est précisément ce qui crée le piège mortel : après le retrait initial de la mer, les habitants rassurés reviennent vers le rivage, s’exposant directement aux vagues suivantes.

 

Les Tsunamis Historiques—Des Récits Anciens aux Données Scientifiques

Le déluge babylonien et ses mystères archéologiques

Bien avant que nos instruments ne pouvaient mesurer les tremblements de terre, les civilisations anciennes documentaient les catastrophes marines. Un séisme aurait autrefois provoqué un raz de marée dévastateur dans le Golfe Persique, inondant la vallée de l’Euphrate. Une couche de limon, mesurant six cents kilomètres sur cent cinquante, a été découverte dans les régions où autrefois le Tigre et l’Euphrate se jetaient dans le golfe.Certains érudits identifient ce cataclysme au déluge légendaire de la Bible et des légendes babyloniennes. La onzième tablette de l’Épopée de Gilgamesh, déchiffrée par George Smith en 1872, présente un récit du Déluge troublamment proche de celui figurant dans la Genèse. Ces textes anciens montrent que nos ancêtres comprenaient la réalité des vagues géantes et les consignaient solennellement pour la postérité.

Le tsunami du Pakistan : une catastrophe moderne oubliée

Le 27 novembre 1945, un séisme dévastateur frappa le Golfe d’Oman et la côte du Makran au Pakistan. D’une magnitude de 8,1, ce tremblement de terre provoqua un violent raz de marée qui s’abattit sur les côtes pakistanaises et indiennes. Les vagues atteignirent une hauteur estimée entre 12 et 15 mètres—des murs d’eau qui engloutissaient tout sur leur passage.Les villes de Pasni et d’Ormara au Pakistan furent particulièrement dévastées. Le bilan humain s’avéra catastrophique : environ 300 personnes périrent dans cette région. À Karachi, à 360 kilomètres de là, la vague était encore notable à 1,50 mètre de haut, causant des dégâts dans le port et des débordements dans les rues.Ce qui fascine les scientifiques, c’est la propagation lointaine du tsunami. À 500 kilomètres de l’épicentre, à Muscat en Oman, une vague « très haute » frappa la côte. Le tsunami s’avéra détectable à travers tout l’Océan Indien, atteignant même les îles Maldives, situées à plus de 2 000 kilomètres de distance.

L’Alaska 1964 : le tsunami du siècle

Le 27 mars 1964, un séisme de magnitude extraordinaire de 8,6 sur l’échelle de Richter secoua la région montagneuse située au nord du détroit du Prince-Guillaume en Alaska. Heureusement, ce secteur était très peu peuplé, autrement le bilan aurait été catastrophique.Les secousses durèrent quatre minutes—quatre minutes interminables durant lesquelles la terre se comportait comme un tapis roulant. Elles provoquèrent des glissements de terrain massifs, des avalanches et des chutes de pierres. Des deux cent mille kilomètres carrés (soit plus du tiers de la superficie de la France) furent soulevés ou abaissés.

Mais c’est le tsunami consécutif qui s’avéra véritablement terrifiant. À Valdez, à quatre-vingts kilomètres de l’épicentre, la mer commença par se retirer de manière alarmante. La jetée se brisa, les hangars furent entraînés vers le large. Une trentaine de personnes attendaient sur la jetée un bateau. Elles en furent arrachées.Puis vint la vague. Un grand vapeur long de cent vingt mètres, le Chena, qui arrivait dans le port, fut soulevé à plus de huit mètres de hauteur. Il retomba, heurta le fond, fut porté à nouveau vers l’avant, retomba encore, avant de finalement se retrouver à flot, survivant au cataclysme qui tuait 28 personnes sur le dock. À bord du Chena, seules trois victimes périrent : deux hommes tués par la chute de marchandises et un troisième fauché par une crise cardiaque.

Les témoins du Chena racontaient une histoire presque inimaginable : « J’ai vu les pelleteuses se faire emporter les unes après les autres. Tout d’un coup, la piste s’est effondrée. J’ai couru en bout de digue […] J’avais l’impression de nager au milieu d’un typhon ». Un autre criait : « C’était comme si le fond nous aspirait. Et je me souviens de ces vagues hautes comme des immeubles de cinq étages ».La vague géante déferla le long de la totalité de la côte pacifique de l’Amérique du Nord jusqu’en Californie. À Crescent City, en Californie, une vague de près de sept mètres frappa cinq heures après le raz de marée de Valdez. Des seiches firent osciller les eaux douces jusqu’en Floride.

Le Tsunami de Nice du 16 Octobre 1979—Quand l’Apocalypse Frappa la Côte d’Azur

Le déroulement de la catastrophe minute par minute

Le 16 octobre 1979, vers 14 heures exactement, la mer à Nice comme à Antibes fit quelque chose de profondément anormal. En quelques instants à peine, l’océan se retira à 300 mètres du rivage. C’était comme si quelqu’un avait tiré le bouchon de baignoire cosmique.

Sur le chantier du nouveau port de commerce en cours de construction, une quinzaine d’hommes travaillaient sans se douter qu’un cauchemar se préparait. La digue, fraîchement construite, mesurait 300 mètres de longueur, 100 de largeur et 12 de hauteur. C’était une structure imposante, censée être permanente. Mais elle allait devenir un tombeau.

L’un des ouvriers rescapés racontait : « Je repartais après avoir vidé mon chargement et Jean-Claude arrivait. Nous nous sommes croisés. Soudain, j’ai vu une voiture de service du chantier s’enfoncer dans l’eau à une dizaine de mètres devant moi. Je suis descendu précipitamment de ma cabine. Le sol s’ouvrait sous mes pas comme dans les images de tremblement de terre. Une énorme vague déferlait sur nous. J’ai essayé de courir mais je me suis retrouvé submergé par les flots. Je nageais au milieu des débris, du mazout et de la boue. »

Un quart d’heure plus tard exactement, la mer revint avec une brutalité effroyable. Les pompiers racontaient : « Les vagues charriaient des déchets de toutes sortes et nous avons même vu une baraque flotter avant d’être engloutie. Nous avons entendu des cris et nous avons aperçu un homme qui surnageait. Nous avons réussi à le repêcher. Il était complètement choqué et transi de froid. »

À Antibes, une femme de 83 ans qui se promenait innocemment près de la mer fut enlevée par la vague. Une vingtaine d’immeubles furent ravagés. Des voitures furent emportées comme des jouets. Des bateaux furent projetés violemment sur les quais, qui se fissurèrent en différents endroits.

Le bilan final : 10 à 11 morts (les sources varient légèrement) et 3 disparus. La mer était démontée avec des creux de 2 mètres. À la Salisse, des bateaux s’encastrèrent littéralement dans les vitrines des magasins. À Antibes, les dégâts furent évalués à 10 millions de francs.

Qu’était-ce qui s’était vraiment passé ? La controverse scientifique

Immédiatement, les interrogations surgissaient : d’où venait cette catastrophe ? Il n’y avait eu aucun tremblement de terre enregistré. Pourtant, la mer s’était brusquement retirée de près de 2 mètres, puis avait envahi le littoral en bouillonnant. À Port-Saint-Laurent-du-Var, l’amplitude atteignit près de 2 mètres. À Marina-Baie-des-Anges, elle fut seulement de 1,20 à 1,50 mètre.

Les explications proposées furent multiples et contradictoires :

Théorie 1 : Un éboulement sédimentaire naturel
M. Peterschmidt du Centre européo-méditerranéen de Strasbourg suggérait qu’un affaissement du fond de la baie des Anges était responsable. Le plateau continental aurait cédé sous le poids des crues du Var, gonflées démesurément par les pluies, et charriant des quantités massives de limons.

Théorie 2 : L’effet de baignoire
Le commandant Alinat du Centre océanographique de Monaco proposait une analogie éclairante : « La cause de ce raz de marée est un éboulement de terrain à l’embouchure du Var qui a précipité des masses importantes de sédiments dans la mer. On peut comparer ce phénomène à un ‘effet de baignoire’. Quand vous vous plongez dans votre baignoire, l’eau déplacée par votre corps fait automatiquement monter le niveau à l’autre extrémité ».

Théorie 3 : Un courant de turbidité
Au Commissariat à l’Énergie Atomique, on déclarait : « Ce petit raz de marée pourrait être lié à un glissement de terrain créant une ou deux vagues ‘erratiques’. Ce phénomène n’est pas lié à la sismicité et provoque une ou deux vagues en général, dont l’origine est souvent liée à des glissements de terrains ou à des éboulements sous-marins aux causes souvent inexpliquées ».

Théorie 4 : Une avalanche sous-marine
Le professeur Mangin, géologue à la Faculté des Sciences de Nice, s’en tenait à une explication naturelle mais complexe. Selon lui, une avalanche (un courant de turbidité) s’était produite dans le canyon sous-marin creusé par le Var. D’énormes masses sédimentaires s’étaient écroulées—possiblement dues à la crue exceptionnelle du Var. Cet affaissement aurait provoqué un effet de « succion » qui aurait littéralement « aspiré » la mer. Les pluies diluviennes des jours précédents appuyaient cette hypothèse.

Cependant, le professeur Mangin reconnaissait aussi que le compactage du remblai gagné sur la mer lors de la construction de l’aéroport avait probablement contribué à cette « déstabilisation ».

Les travaux en question : responsables ou innocents ?

C’est ici que la controverse devient politique et litigieuse. Plusieurs voix mettaient en cause les travaux entrepris dans la région de manière bien plus catégorique.

Le rôle des barrages du Var
Les barrages construits au cours des années précédentes dans la basse vallée du Var auraient fait remonter la nappe phréatique. Quand cette nappe remonta, sa circulation s’accéléra. Or, l’eau douce de cette nappe passait à travers les sédiments du delta sous-marin pour sortir en mer, entre la surface et 100 mètres de profondeur.

La construction du port de commerce
Mais c’était avant tout la construction du nouveau port de commerce de Nice qui était mise en accusation. La question cruciale : est-ce que l’effondrement de la digue avait précédé et peut-être même provoqué le glissement de terrain, ou l’avait-il suivi ?Les écologistes de la région accusaient formellement les travaux. Ils étaient appuyés par Alexandre Meinesz, assistant de biologie marine à la Faculté des Sciences de Nice. Dès 1977, le GADSECA (Groupement des associations de défense des sites et de l’environnement de la Côte d’Azur) avait attiré l’attention sur les risques.Leur argumentation reposait sur la thèse d’un jeune géologue, Laurent Sage, soutenue en 1976. Sage montrait que l’aéroport de Nice, une fois agrandi, formerait un cap artificiel séparant la Baie-des-Anges en deux parties, modifiant profondément le régime des courants. « Actuellement, écrivait Sage, les houles qui abordent la digue de l’aéroport sont considérablement amorties par le plateau deltaïque du Var. Il n’en sera pas de même une fois le nouvel aéroport construit ».Un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Claude Pradon, déclarait : « Au voisinage du talus du delta sous-marin du Var, se posent de graves problèmes de stabilité. Des remblais effectués sans précautions risqueraient de provoquer de grands glissements aux conséquences irrémédiables ».Il faut savoir, à cet égard, que pour obtenir une « consolidation dynamique » du talus, celui-ci avait été pilonné au moyen d’une masse de 176 tonnes lâchée d’une hauteur de vingt-trois mètres.En tout cas, les travaux du port de commerce ont été immédiatement interrompus. Le port de commerce promis n’a jamais vu le jour.

Leçons Géologiques—Qu’Avons-Nous Appris de Ces Catastrophes ?

Le delta sous-marin : une zone fondamentalement instable

D’un point de vue géologique, l’aéroport de Nice s’est avéré construit en limite du plateau continental et partiellement sur des alluvions du delta du Var. L’instabilité géologique à cet endroit était intrinsèque : un profond canyon sous-marin (désormais envasé) avait été creusé par le Var durant la crise de salinité messinienne.Ce canyon induit au niveau de l’aéroport une hauteur importante de sédiments qui le comblent—des matériaux moins stables que la plaque continentale elle-même. En aval du canyon, des courants de turbidité pouvaient induire des mouvements soudains : des avalanches sous-marines de sédiments dévalant le canyon messinien.

 

Aucune sismicité locale enregistrée

Fait remarquable documenté par le Conseil d’État après des années d’études : aucun séisme n’avait été enregistré en octobre 1979 lors de l’effondrement au niveau de l’aéroport. Cela éliminait l’hypothèse sismique. La sismicité modérée de la zone ne pouvait pas être traitée comme responsable du glissement de 1979.Selon Dan Gabriela, « la forte accumulation sédimentaire ne représente pas un facteur déclenchant du glissement de 1979 ». C’était plutôt le « fluage d’une couche d’argile sensible sous l’effet de la charge de l’aéroport » qui avait causé cet effondrement. La zone restait vulnérable—une ticking bomb géologique.

Les courants de turbidité : les avalanches marines invisibles

L’effondrement massive induisit un « courant de turbidité »—ces avalanches sous-marines de sédiments qui s’écoulent comme un flot visqueux à travers les profondeurs. Ce courant s’avéra suffisamment puissant pour « couper deux câbles téléphoniques situés à environ 80 et 110 kilomètres de distance de la source du glissement ».Cette observation permit aux scientifiques de quantifier la puissance de ce phénomène. Un tel courant avait transporté des matériaux sur des centaines de kilomètres, démontrant que les forces en jeu étaient titanesques.

 

FAQs—Réponses aux Questions Pressantes

Q : Qu’est-ce qui distingue vraiment un tsunami d’une marée ordinaire ou d’une tempête maritime ?

R : Les marées ordinaires sont prévisibles et résultent de l’attraction gravitationnelle lunaire et solaire. Les tempêtes créent des vagues ordinaires, généralement moins de 10 mètres. Les tsunamis, eux, surgissent soudainement suite à un séisme sous-marin, une explosion volcanique ou un glissement de terrain. Ils peuvent atteindre 50 mètres ou plus et voyager à la vitesse d’un avion à réaction.

Q : Pourquoi la première vague n’est-elle pas toujours la plus destructrice ?

R : Parce qu’un tsunami comprend généralement plusieurs vagues séparées par des intervalles (parfois une heure). Comme la première vague laisse les habitants rassurés, beaucoup reviennent vers le rivage, s’exposant à la deuxième ou troisième vague qui s’avère souvent plus puissante.

Q : Le tsunami de Nice était-il vraiment d’origine naturelle ?

R : Techniquement oui, mais les travaux de construction (aéroport et port) avaient gravement déstabilisé le delta sous-marin. Le Conseil d’État a estimé que l’effondrement était lié au « fluage d’une couche d’argile sous la charge de l’aéroport ». C’était un phénomène naturel, mais déclenché ou accéléré par les activités humaines.

Q : Les tsunamis peuvent-ils être prédits ?

R : Pas avant qu’ils ne se produisent. Cependant, après un séisme sous-marin, les scientifiques peuvent estimer sa magnitude et déclencher des alertes tsunamis. Les systèmes d’alerte modernes fonctionnent relativement bien, à condition qu’une infrastructure soit en place.

Q : Pourquoi les anciennes civilisations parlaient-elles du Déluge ?

R : Parce qu’elles l’avaient vivement expérimenté. Des élévations du niveau de la mer, des tsunamis, des ruptures de barrages naturels—tous ces événements étaient réels et mémorables. Ces récits perpétuaient la mémoire collective de catastrophes réelles.

Q : Combien de personnes ont vraiment péri lors du tsunami de Nice en 1979 ?

R : Les sources historiques indiquent 10 à 11 morts et 3 disparus. Parmi les morts, 9 ouvriers du chantier du port qui ont été submergés.

 

Les vagues géantes n’appartiennent pas au domaine de la mythologie. Elles constituent des événements géologiques concrets, générés par des forces géophysiques colossales qu’aucun barrage humain ne peut arrêter. Du déluge babylonien—dont les traces de limon persistent encore—au tsunami de Nice du 16 octobre 1979, l’histoire de l’humanité est ponctuée de ces moments où l’océan nous rappelle notre petitesse.

Ce qui fascine, c’est notre capacité à oublier. Les habitants d’Antibes reviennent à la mer. Les survols réguliers de l’aéroport de Nice se poursuivent, construits partiellement sur une zone d’instabilité géologique documentée. Nous continuons, quoiqu’il en soit, conscients mais optimistes—et souvent naïfs—vis-à-vis de la nature.

Les catastrophes naturelles comme celle du 16 octobre 1979 nous enseignent une leçon humiliante : la technologie humaine, les digues, les barrages, tout cela peut s’effondrer en quelques minutes face aux forces élémentaires de notre planète. Elles nous rappellent que nous vivons sur un monde géologiquement dynamique, où l’ordre apparent cache des instabilités profondément enracinées.

Et pourtant, nous construisons, nous habitons, nous existons. Parce que c’est ainsi que vivent les humains : nous acceptons les risques, nous noublions les leçons, et nous espérons que la catastrophe suivante nous touchera ailleurs, à quelqu’un d’autre. C’est notre nature—fragile, résiliente, et inévitablement optimiste.

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