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Le 19 août 2026 à 7h06

COP17 Désertification 2026 : La France face aux canicules et à la sécheresse

La désertification n’est plus un problème réservé aux pays du Sahel. Depuis le 17 août 2026, 197 pays sont réunis à Oulan-Bator, en Mongolie, pour la COP17 de lutte contre la désertification, sur fond d’un été qui bat déjà tous les records de chaleur et de sécheresse en France. Ce rendez-vous, placé sous le thème « Restaurer les terres, restaurer l’espoir », se tient jusqu’au 28 août 2026 et concerne directement les lecteurs français, puisque le territoire métropolitain a lui-même rejoint la liste des zones officiellement affectées par ce phénomène. Cet article fait le point sur les chiffres, les régions concernées et les solutions envisagées, avec des données actualisées pour comprendre un enjeu climatique qui touche désormais votre région.

Une COP17 Sous Haute Tension Climatique

La 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) rassemble à Oulan-Bator des représentants de 197 pays, dont les États-Unis, ainsi que des ONG, des chercheurs et des lobbyistes agricoles. L’objectif affiché est de freiner la dégradation des terres, un phénomène qui menace la sécurité alimentaire mondiale et qui s’accélère sous l’effet conjugué du changement climatique et des pratiques agricoles intensives. Le choix de la Mongolie comme pays hôte n’est pas anodin : 76,9 % de son territoire est aujourd’hui affecté par la désertification, notamment à cause du surpâturage lié à la production de cachemire.

Qu’est-ce que la désertification, au juste ?

Un phénomène distinct de l’avancée du désert

Contrairement à l’idée reçue, la désertification ne correspond pas à l’extension géographique d’un désert. Il s’agit d’une accélération de la dégradation des sols « sous l’effet d’usages intensifs de pratiques inadaptées au potentiel des écosystèmes, amplifiées par le changement climatique », selon les travaux du Comité scientifique français de la désertification (CSFD). Le phénomène peut donc apparaître loin de tout désert, y compris dans des régions tempérées comme le sud de la France.

Deux indicateurs scientifiques de référence

Les scientifiques évaluent la désertification à partir de deux critères complémentaires. L’indice d’aridité mesure les zones où les précipitations sont nettement inférieures à l’évapotranspiration potentielle, avec un seuil d’alerte fixé sous 400 millimètres de pluie annuelle. Le second indicateur porte sur la dégradation des terres liée aux activités humaines : agriculture intensive, urbanisation, érosion des sols et dérèglement climatique. La combinaison de ces deux facteurs permet de classer un territoire comme officiellement affecté.

La France est officiellement reconnue comme un pays touché.

Le pourtour méditerranéen en première ligne

En 2024, lors de la COP16 à Riyad, la France est devenue le 170e pays à se déclarer officiellement affecté par la désertification. Selon le CSFD, 751 700 hectares du territoire métropolitain, soit 1,4 % de sa superficie totale, sont concernés par ce classement, qui intègre les indicateurs recommandés par le Centre commun de recherche de la Commission européenne. Entre 1993 et 2022, près de 39 % du territoire français a vu son climat évoluer vers un régime plus sec, un chiffre qui illustre l’ampleur de la tendance.

Les Pyrénées-Orientales, symbole de la sécheresse extrême

Le pourtour méditerranéen, la Corse-du-Sud, La Réunion, la Guadeloupe et Mayotte concentrent l’essentiel des zones françaises touchées. Les Pyrénées-Orientales illustrent parfaitement cette bascule climatique : le département n’a reçu que 252 millimètres de pluie en 2023, contre une normale de 507 millimètres, soit un déficit de moitié. Frédérique Montfort, chercheuse à l’association Nitidae et spécialiste de la restauration des paysages forestiers, alertait déjà en 2024 sur une extension du phénomène : « Des territoires comme le Massif central seront concernés. Déjà, en 2019, les éleveurs manquaient de foin pour nourrir leurs animaux à cause de la sécheresse. »

Territoire français Superficie ou indicateur clé Situation climatique
Pyrénées-Orientales 252 mm de pluie en 2023 (normale : 507 mm) Sécheresse exceptionnelle depuis plus de deux ans.
Corse-du-Sud Zone officiellement classée à risque Climat semi-aride en extension.
Massif central Pénuries de foin dès 2019 Sécheresses récurrentes selon les éleveurs.
La Réunion, Guadeloupe, Mayotte Territoires ultramarins classés affectés Vulnérabilité accrue aux épisodes secs.
France métropolitaine 751 700 hectares affectés (1,4 % du territoire) 39 % du territoire aridifié depuis 1993.

Un Été 2026 Qui Confirme Toutes Les Craintes

Les chiffres de l’été 2026 donnent une résonance particulière à cette COP17. Selon Météo-France, juillet 2026 est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne de 24,9°C, et le troisième mois de juillet le plus sec depuis 1959, avec un déficit pluviométrique de 70 %. Le 12 juillet, 37 départements ont été placés en vigilance rouge canicule et 46 en vigilance orange. Début août, la sécheresse des sols a atteint des niveaux comparables au record historique de 2022, et 94 % de la population métropolitaine, soit environ 62 millions de personnes, vivait dans une zone soumise à des restrictions d’eau selon les données VigiEau relayées par l’AFP. La vague de chaleur qui a suivi s’est étirée sur 17 jours consécutifs, dépassant en durée celle, tristement célèbre, de l’été 2003.

Des impacts concrets sur le quotidien

Ces épisodes ne relèvent plus de l’anecdote climatique. Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) signalait au 1er août que la quasi-totalité des réserves souterraines en eau de métropole affichait des niveaux en baisse. France Assureurs estime par ailleurs que la sinistralité liée à la sécheresse pourrait atteindre 43 milliards d’euros entre 2020 et 2050, soit un triplement par rapport aux trente années précédentes.

Dans Le Monde, l’urgence est encore plus marquée.

À l’échelle mondiale, jusqu’à 40 % des terres de la planète sont aujourd’hui touchées par la dégradation des sols, selon les Nations unies. Certains pays affichent des taux alarmants, ce qui explique le choix du thème pastoral retenu pour cette édition.

Pays ou zone Part des terres touchées Cause principale identifiée
Mongolie 76,9 % du territoire Surpâturage lié à l’élevage de chèvres cachemire.
Monde (moyenne) Jusqu’à 40 % des terres Aridité, agriculture intensive et changement climatique.
France métropolitaine 1,4 % du territoire Pourtour méditerranéen et sécheresses répétées.
Zones arides mondiales Seuil critique sous 400 mm de pluie/an Évapotranspiration supérieure aux précipitations.

Jean-Daniel Cesaro, géographe et chercheur au Cirad, présent à Oulan-Bator, souligne que le pastoralisme, souvent pointé du doigt, peut au contraire devenir un outil de restauration : « Le pastoralisme sera l’une des solutions mises en avant pour restaurer les terres dégradées, en voie de désertification, mais où subsistent toutefois une petite végétation, des fleurs, des oiseaux et une petite et une grande faune. »

Le financement de la restauration des terres: l’enjeu principal

Un déficit de financement colossal

Le financement reste le point de blocage majeur de cette convention. Les pays et institutions partenaires ont promis environ 12 milliards de dollars sur sept ans à Oulan-Bator pour soutenir les nations les plus vulnérables. Ce montant paraît toutefois dérisoire face aux besoins réels : l’UNCCD estime qu’il faudrait environ 2 600 milliards de dollars d’ici 2030 pour restaurer durablement les terres dégradées et renforcer la résilience face aux sécheresses. Jean-Luc Chotte, directeur de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), résume la situation sans détour : « Ce sujet est perçu comme très local, touchant principalement les pays du Sud. C’est aussi la convention la moins financée. »

Indicateur financier Montant Source ou échéance
Engagements COP17 (2026) 12 milliards de dollars Sur 7 ans, pour les pays vulnérables.
Besoins réels estimés 2 600 milliards de dollars D’ici 2030, selon l’UNCCD.
Part des financements climat dédiée Environ 1 % CSFD.
Coût sécheresse assurantiel en France 43 milliards d’euros Cumul 2020–2050, selon France Assureurs.

Quelles mesures concrètes peut-on prendre pour prévenir la sécheresse ?

Nicolas Gross, chercheur à l’Inrae, rappelle que la désertification n’est pas une fatalité mais un phénomène réversible à condition d’agir sur plusieurs leviers simultanément. Voici les axes qu’il identifie comme prioritaires :

  • Prévenir la dégradation des sols par des pratiques agroécologiques adaptées à chaque territoire.

  • Protéger la biodiversité animale et végétale, essentielle à la résilience des écosystèmes face à l’aridité croissante.

  • Réduire les émissions de gaz à effet de serre, condition indissociable du succès des deux premiers leviers.

  • Anticiper les épisodes de restriction d’eau en surveillant régulièrement les bulletins de vigilance sécheresse et canicule.

  • Adapter les pratiques de jardinage et d’arrosage dès le printemps dans les régions à risque comme le pourtour méditerranéen.

Comme le résume Nicolas Gross : « On ne gagnera pas la lutte contre la désertification si on n’enraie pas le déclin de la biodiversité et que l’on ne réduit pas nos émissions de gaz à effet de serre, les trois sont intrinsèquement liés. »

FAQ : Vos Questions Sur La Désertification Et La COP17

La désertification touche-t-elle vraiment la France ?
Oui. Depuis 2024, la France est officiellement reconnue pays affecté par la désertification, avec 751 700 hectares concernés, soit 1,4 % du territoire métropolitain, principalement sur le pourtour méditerranéen et en Corse-du-Sud.

Quelle est la différence entre désertification et sécheresse ?
La sécheresse est un épisode climatique temporaire de manque de pluie, tandis que la désertification est une dégradation durable des sols, combinant aridité climatique et pressions humaines comme l’agriculture intensive ou l’urbanisation.

Pourquoi la COP17 se tient-elle en Mongolie ?
La Mongolie est l’un des pays les plus touchés au monde, avec 76,9 % de son territoire affecté par la désertification, largement causée par le surpâturage des troupeaux destinés à la production de cachemire.

Combien de pays participent à la COP17 désertification ?
La conférence réunit 197 pays, dont les États-Unis, ainsi que des organisations régionales, des ONG et des chercheurs, du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator.

Quelles régions françaises sont les plus exposées ?
Le pourtour méditerranéen, la Corse-du-Sud et les Pyrénées-Orientales figurent parmi les zones les plus vulnérables, aux côtés de La Réunion, la Guadeloupe et Mayotte.

Quel est le lien entre la canicule de l’été 2026 et la désertification ?
Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France avec une moyenne de 24,9°C et un déficit de pluie de 70 %, des conditions qui accélèrent directement l’aridification des sols dans les zones déjà fragilisées.

Le pastoralisme aggrave-t-il ou combat-il la désertification ?
Les deux sont possibles selon les pratiques. Mal géré, le surpâturage dégrade les sols, comme en Mongolie. Bien encadré, le pastoralisme durable peut au contraire restaurer la biodiversité et prévenir les incendies, selon les chercheurs du Cirad.

En Résumé

La COP17 de lutte contre la désertification, ouverte le 17 août 2026 à Oulan-Bator, met en lumière une réalité que l’été le plus chaud jamais enregistré en France vient confirmer sur le terrain : la désertification n’épargne plus l’Hexagone. Avec 751 700 hectares déjà classés affectés, des Pyrénées-Orientales en sécheresse chronique et un déficit de financement mondial criant face à des besoins estimés à 2 600 milliards de dollars, la question n’est plus de savoir si le phénomène nous concerne, mais comment s’y préparer localement.

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Source :
Reporterre
UNCCD – COP17