Accueil du site

Contact

News 

Prévisions météo

Prévisions villes

Certificat intempérie

Bulletin Europe

 

Observations

Satellite en direct

Temps présent

Températures

Intensité orageuse

T° eau de mer

Carte UV

Précipitations

Direction du vent

Hauteur de neige

Prévisions neige

Point de rosée

Taux d'humidité

Séisme live

 

Les Dossiers

Cartes géographie

Dossiers météo

Les vagues de froid

Inondations France

Risque d'inondation

Tempêtes en France

Risque de tempête

Prévoir une tempête

Chasser les orages

Soleil et bronzage

Précipitations 9 jours

Boutiques

Radio-meteo

 

Stéphane FIEVET

Mon éditorial

 

Les Cartes

Pluie J J+1 J+2

Nuage J

Géologie Les sols

La pluie La Neige

T° janvier T° juillet

Climatiques

Végétation

Climat

Gelée

Neige

Précipitation

Janvier Juillet

Vent

Ensoleillement

régions / climat

Courants Marins

Précipitations

Saisonnière

Précipitation / an

Janvier Juillet

Amplitude

Climatique

 

Plan du site

 

gratuit annuaire gratuit

 

Catastrophes naturelles : Vague géante à Nice

 


Un séisme se serait jadis produit dans le Golfe Persique. Il aurait déclenché un raz de marée qui aurait inondé la vallée de l'Euphrate. Une importante couche de limon, témoignage de ce cataclysme, a été découverte dans la région où, autrefois, le Tigre et l'Euphrate se jetaient dans le Golfe Persique. Cette couche de limon mesure six cents kilomètres sur cent cinquante. Or, le raz de marée en question ne serait autre que le déluge de la Bible et des légendes babyloniennes.
Le phénomène s'est répété plus récemment. Le 27 novembre 1945, un séisme affecte le Golfe d'Oman: il provoque un violent raz de marée sur les côtes du Pakistan et de l'Inde.
 


Les raz de marée sont, nous le savons, plutôt désignés aujourd'hui par leur nom japonais de tsunami. En effet, le raz de marée n'a rien à voir avec les marées. Comme nous le constatons à diverses reprises au cours de ce livre, les tsunamis sont en général provoqués par des séismes sous-marins. Mais ils peuvent être aussi causés par des explosions volcaniques ou des glissements de fonds océaniques. Un séisme sous-marin entraîne des modifications du fond de l'Océan, et surtout des effondrements, d'où un appel des masses d'eau voisines. Celles-ci s'engloutissent dans l'espace ainsi créé, ce qui provoque un retrait de la mer sur la côte voisine. Mais, rapidement, la masse d'eau se met à vibrer et revient sur le littoral: c'est le tsunami.

 


Les tsunamis ne sont pas à l'échelle des vagues habituelles. Dans les profondeurs, ils se propagent parfois à huit cents kilomètres/ heure. D'une crête à l'autre, il peut y avoir mille kilomètres! Les vagues des tsunamis sont d'abord très basses, surtout en comparaison de leur longueur d'onde. Au fur et à mesure qu'elles approchent de la côte, leur vitesse et leur longueur d'onde diminuent, tandis que la hauteur des vagues augmente : elles mesurent généralement de sept à vingt mètres, mais parfois nettement plus.

La première vague n'est pas la plus redoutable. Après que la mer s'est retirée, arrive une grande vague, aux effets terribles. Il s'écoule parfois un quart d'heure ou même une heure entre les vagues. Aussi les habitants rassurés reviennent-ils près du rivage, s'exposant ainsi à la vague suivante. En dehors des tsunamis évoqués, rappelons celui qui, en 1896, fit 27 000 morts au Japon. Le tsunami consécutif au séisme du Chili en 1960 traversa le Pacifique jusqu'aux îles Hawaii, où il fit 61 morts. Mais l'un des raz de marée les plus terribles fut celui qui frappa l'Alaska en 1964. Le 27 mars de cette année-là, un séisme d'une magnitude de 8,6 secoue la région montagneuse située au nord du détroit du Prince-Guillaume. C'est, heureusement, un secteur très peu peuplé.
Il est environ 17 h 30. Les secousses durent quatre minutes. Elles provoquent glissements de terrain, avalanches, chutes de pierres. Les ports, les voies ferrées, les routes, les édifices subissent des dégâts importants. Anchorage, située à cent cinquante kilomètres environ de l'épicentre du séisme, est durement secouée: dans les maisons, les meubles glissent sur le plancher, et les occupants ont l'impression d'être sur un tapis roulant. Les édifices en bois et en charpente sont ceux qui résistent le mieux. Dans la banlieue d'Anchorage, les secousses ébranlent un sous-sol composé d'argiles et d'alluvions : il s'ensuit un glissement de terrain qui entraîne maisons, arbres et habitants. Au total, plus de deux cent mille kilomètres carrés (soit plus du tiers de la superficie de la France) furent soumis à des mouvements du sol qui les abaissèrent ou, au contraire, les surélevèrent. Ce séisme fut donc accompagné d'un terrifiant tsunami.1 Le brusque «décrochement» du fond du Pacifique provoqua des raz de marée. A Valdez, soit à quatre-vingts kilomètres de l'épicentre du tremblement de terre, la mer commença par se retirer. La jetée se brisa, des hangars furent entraînés vers le large. Une trentaine de personnes attendaient, sur la jetée, un bateau : elles en furent arrachées. Puis la mer, ou plutôt une immense vague, revint vers la côte à toute vitesse. Un grand vapeur, long de cent vingt mètres, le Chena, qui arrivait dans le port, fut soulevé à plus de huit mètres de hauteur. Il retomba, heurta le fond, fut à nouveau porté vers l'avant, retomba, et se retrouva à flot. Il n'y eut à bord que trois victimes: deux hommes tués par la chute de marchandises, et un troisième, qui succomba à une crise cardiaque. La vague géante frappa Valdez de plein fouet. Elle atteignait plus de huit mètres. Les superstructures du port volèrent en éclats. Les véhicules se retrouvèrent empilés et enchevêtrés les uns dans les autres. Dix minutes plus tard, une seconde lame frappa à son tour le port. Elle fut heureusement suivie d'une accalmie.
Le tsunami s'abattit tout le long de la côte pacifique de l'Amérique du Nord, jusqu'à la Californie: dans cette dernière région, une vague de près de sept mètres frappa Crescent City. C'était cinq heures après le raz de marée de Valdez. Des seiches firent osciller les eaux douces jusqu'en Floride...


Vague géante à Nice


Le 16 octobre 1979, à 14 heures environ, à Nice comme à Antibes, la mer, tout à coup, se retire à 300 m du rivage. Un quart d'heure plus tard, elle revient tout aussi brutalement. Une énorme vague déferle sur la côte, provoquant des dégâts considérables. A Nice, le chantier du nouveau port de commerce est alors en pleine activité. Une quinzaine d'hommes sont au travail sur la digue récemment construite : celle-ci mesure 300 m de longueur, 100 de largeur et 12 de hauteur. Les hommes qui y travaillent sont, pour la plupart, des conducteurs d'engins ou de camions.
L'un d'eux raconte: «Je repartais après avoir vidé mon chargement et Jean-Claude arrivait. Nous nous sommes croisés. Soudain, j'ai vu une voiture de service du chantier s'enfoncer dans l'eau à une dizaine de mètres devant moi. Je suis descendu précipitamment de ma cabine. Le sol s'ouvrait sous mes pas comme dans les images de tremblement de terre. Une énorme vague déferlait sur nous. J'ai essayé de courir mais je me suis retrouvé submergé par les flots. Je nageais au milieu des débris, du mazout et de la boue. Je ne suis pas très fort nageur, mais j'ai essayé de tenir le coup. (...) J'ai crié de toutes mes forces et les pompiers sont venus me sauver.»
A Antibes, une vieille femme de 83 ans, qui se promenait près de la mer, a été enlevée par la vague. Une vingtaine d'immeubles ont été ravagés, des voitures ont été emportées, des bateaux projetés sur les quais: ceux-ci furent fissurés en différents endroits. Les pompiers ont eu beaucoup de mal à sauver les hommes enlevés par la vague. Une quinzaine d'ouvriers du chantier avaient été happés par celle-ci. La mer était démontée : il y avait des creux de 2 m.
Des pompiers racontent: «Les vagues charriaient des déchets de toutes sortes et nous avons même vu une baraque flotter avant d'être engloutie. Nous avons entendu des cris et nous avons aperçu un homme qui surnageait. Nous avons réussi à le repêcher. Il était complètement choqué et transi de froid. Il a quand même eu la force de nous dire qu'il avait entendu un autre survivant appeler au secours. Effectivement, nous avons retrouvé un homme à 50 m de là. Il était encore vivant.1» Au total, le bilan de la catastrophe sera de sept morts et de trois disparus.
C'est un spectacle de désolation qui s'offre aux yeux le long du littoral. A la Salisse, des bateaux sont encastrés dans des vitrines. A Antibes, les dégâts sont évalués à 10 millions de francs. Le ministre des transports, Joël Le Theule, envoie à Nice un membre de son cabinet accompagné d'un inspecteur général des Ponts et Chaussées. Pour sa part, le préfet des Alpes-Maritimes demande à la population d'éviter de s'approcher du littoral.
Mais que s'est-il passé exactement? La mer, nous l'avons dit, a baissé brusquement pour revenir brutalement sur le rivage. A Port-Saint-Laurent-du-Var, elle a ainsi baissé de près de 2 m, puis a envahi le littoral en bouillonnant. A Marina-Baie-des-Anges, l'amplitude du phénomène ne fut que de 1,20 à 1,50; dans le port de Nice, elle fut du même ordre, ou un peu inférieure.
Immédiatement, on pense aux menaces de séisme qui pèsent sur la Côte d'Azur. Quelques mois auparavant, une rumeur, colportée par une certaine secte, affirmait: «Nice sera rayée de la carte le 22 juin.» Des habitants envisagèrent même de quitter leur ville avant le jour fatidique. Celui-ci se passa sans que rien de fâcheux survînt.
En fait, c'est un bien petit raz de marée, un «mini tsunami» qui a frappé ce jour-là la Côte d'Azur. Mais il n'était certainement pas d'origine sismique: aucun tremblement de terre ne fut alors enregistré. Pour tenter d'expliquer le phénomène, il faut connaître la configuration des lieux.
Le Var se jette dans la Méditerranée à l'ouest de Nice. Son delta se continue sous la mer. Le delta sous-marin ainsi formé se présente comme une masse de matériaux meubles, galets, sables et vases.1 Il atteint de deux à trois kilomètres de longueur pour plusieurs centaines de mètres de large. Ce delta descend en pente douce jusqu'à une vingtaine de mètres de la surface. Ensuite, sa pente devient beaucoup plus brusque. Elle va rejoindre le canyon sous-marin du Var, qui atteint de 1 000 à 2 000 m de profondeur.
Or, c'est sur ce delta sous-marin, plus précisément sur son plateau «sommital», qu'a été construit l'aéroport de Nice. C'est aussi là que l'on installe le nouveau port de Nice. Lorsque la catastrophe s'est produite, les travaux du port étaient en cours, tandis que la construction d'une nouvelle piste de l'aéroport avait été achevée un an auparavant.
Des «enrochements» avaient donc été déversés sur le delta sous-marin. Une partie a roulé au fond du canyon, une autre a dû rester accrochée aux parois de celui-ci, une autre encore a sans doute été entraînée au large par les courants.
Dans quelle mesure ces travaux sont-ils à l'origine de la catastrophe ? Certains experts pensent qu'il faut chercher une autre cause. Ainsi M. Peterschmidt, du Centre européo-méditerranéen de Strasbourg, déclarait : « Ce mouvement de la mer a pu être entraîné par un affaissement du fond de la baie des Anges. Le plateau continental a pu céder sous le poids des crues du Var, démesurément grossi par les pluies et qui charrie de grandes quantités de limons. D'un point de vue scientifique, ce phénomène est peu important. Les ondes de choc à travers l'écorce terrestre n'ont pas été décelées par nos stations. Le danger est uniquement venu de la violence de la houle. Ces vagues de plusieurs mètres peuvent causer d'énormes dégâts.»
Le commandant Alinat, du Centre océanographique de Monaco, a une opinion assez semblable: «La cause de ce raz de marée, dit-il, est un éboulement de terrain à l'embouchure du Var qui a précipité des masses importantes de sédiments dans la mer. On peut comparer ce phénomène à un «effet de baignoire». Quand vous vous plongez dans votre baignoire, l'eau déplacée par votre corps fait automatiquement monter le niveau à l'autre extrémité de la baignoire».
Au laboratoire de détection et géophysique du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) on déclare: «Ce petit raz de marée pourrait être lié à un glissement de terrain créant une ou deux vagues «erratiques». Ce phénomène, qui n'est pas si exceptionnel et qui n'est pas lié à la sismicité, provoque une ou deux vagues en général, dont l'origine est souvent liée à des glissements de terrains ou à des éboulements sous-marins aux causes souvent inexpliquées.»
Les services météorologiques de l'aéroport de Nice mettent en cause les tempêtes qui, peu de temps auparavant, auraient sévi au large de la Côte d'Azur.
Le professeur Mangin, géologue à la Faculté des Sciences de Nice, s'en tient aussi à une explication essentiellement naturelle du phénomène. Pour lui, une avalanche (autrement dit un courant de turbidité) s'est produite dans le canyon sous-marin creusé par le Var. D'énormes masses sédimentaires se sont écroulées : cet affaissement fut peut-être dû à la crue du Var. Il aurait provoqué un effet de «succion» qui aurait «aspiré» la mer. C'est ainsi que la digue aurait été emportée. En effet, des pluies diluviennes s'étaient abattues les jours précédents sur la région niçoise.
Toutefois, le professeur Mangin admet que le compactage du remblai gagné sur la mer a pu contribuer à une telle «déstabilisation.»

Les travaux mis en cause


D'autres voix, cependant, mettent en cause les travaux d'une façon plus catégorique. D'abord, les barrages construits au cours des dernières années dans la basse vallée du Var pourraient être responsables de la catastrophe. Ces barrages étaient destinés à faire remonter la nappe phréatique située sous le fleuve. Lorsque cette nappe est remontée, sa circulation s'est accélérée: or, l'eau douce de cette nappe passe sans doute à travers les sédiments du delta sous-marin pour sortir en mer, entre la surface et une profondeur de cent mètres.
Mais ce sont surtout les travaux du nouveau port de commerce de Nice qui sont mis en accusation. La question est de savoir si l'effondrement de la digue a précédé, et peut-être même provoqué le glissement de terrain (sur lequel tout le monde est d'accord), et donc le tsunami, ou s'il l'a suivi.
Les écologistes de la région accusent formellement les travaux. Ils sont approuvés par Alexandre Meinesz, assistant de biologie marine à la Faculté des Sciences de Nice. Dès 1977, le Groupement des associations de défense des sites et de l'environnement de la Côte d'Azur (GADSECA) avait attiré l'attention sur les risques entraînés par l'extension de l'aéroport de Nice et la création du nouveau port de commerce.
Les écologistes s'appuyaient notamment sur la thèse soutenue en 1976 par un jeune géologue, Laurent Sage.1 Dans cette thèse, consacrée à «la sédimentation à l'embouchure d'un fleuve côtier méditerranéen, le Var», l'auteur montrait que l'aéroport de Nice, une fois agrandi, formerait un cap artificiel séparant la Baie-des-Anges en deux parties. Le régime des courants serait alors très modifié. «Actuellement, écrit L. Sage, les houles, qui abordent la digue de l'aéroport, sont considérablement amorties par le plateau deltaïque du Var. Il n'en sera pas de même une fois le nouvel aéroport construit.»
Trois régimes de houle sont à distinguer dans la Baie-des-Anges. Le plus fréquent est celui de la « houle test », à période courte (six secondes) et à faible amplitude (trois mètres); elle est dangereuse pour le littoral, et susceptible de perturber fortement le plateau du delta.
Le choc provoqué par la houle entraîne «une rupture de cohésion dans le sédiment», qui glisse alors sur le talus. Celui-ci, après la construction du port, ne jouerait donc plus ce rôle d'amortisseur.
Un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Claude Pradon, qui était responsable au service des bases aériennes à la direction de l'équipement des Alpes-Maritimes, déclare de son côté: «Par ailleurs, au voisinage du talus du delta sous-marin du Var, se posent de graves problèmes de stabilité. Des remblais effectués sans précautions risqueraient de provoquer de grands glissements aux conséquences irrémédiables.»
Il faut savoir, à cet égard, que pour obtenir une «consolidation dynamique» du talus, celui-ci avait été pilonné au moyen d'une masse de 176 tonnes lâchée d'une hauteur de vingt-trois mètres...
Quant aux responsables de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur, ils déclarent: «Les travaux de construction de la piste sud ne sont pas en cause dans cet accident: ils ont été achevés à la fin de l'année dernière. En revanche, les travaux du port sont dans une phase délicate; les travaux de remblayage ont été terminés au mois de juillet dernier, mais le damage n'a pas encore été fait.»
En tout cas, les travaux du port de commerce sont interrompus.


 

 


 

Photos de l'époque :

 

 

 

 

 


 

www.alertes-meteo.com

Menu droite - www.alertes-meteo.com
 

 

 


Derniers articles

Tsunami à Nice